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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 21:33

À la tête d’Anvers depuis moins d’un an, Bart De Wever s’y familiarise déjà avec les polémiques. De quoi parasiter une communication qui se veut pourtant savamment structurée.

 

En politique, jouer sur deux tableaux relève souvent de la gageure. Bart De Wever semble aujourd’hui l’apprendre à ses dépens. En raflant le mayorat d’Anvers au nez et à la barbe de Patrick Janssens, il entendait mettre la main sur une tribune de premier plan, à partir de laquelle il pourrait porter au pinacle sa parole incendiaire, voire – ironie de l’histoire – anti-système. Mais gérer la plus grande commune flamande n’a rien d’une sinécure. L’homme fort de la N-VA ne fait que s’y exposer et finit, en toute logique, par prêter le flanc à la critique. Difficile en effet, même pour un adepte du grand écart, de vouer aux gémonies un édifice politique dont on constitue l’une des pierres angulaires. Le costume d’opposant à tout et à tous s’avère bien trop étroit pour le bourgmestre d’une ville telle qu’Anvers. Plus embarrassant encore : désormais, les moindres faits et gestes de BDW polarisent les attentions et font, au besoin, couler l’encre. Un danger électoral non négligeable, alors même que chaque dérapage incontrôlé vient brouiller un peu plus une communication jusque-là soigneusement orchestrée.

 

De Wever peut-il tout acheter ?

 

Certains actes éveillent les soupçons. Le bourgmestre d’Anvers aurait-il une propension à résoudre ses problèmes avec l’argent du contribuable ?  Si la question peut paraître déplacée, elle n’en reste pas moins pertinente. Car les faits corroborent volontiers cette grille de lecture. Alors que l’organisation d’une kermesse suscitait l’ire de certains habitants d’un quartier huppé, à savoir Zuiderdokken, Bart De Wever n’a pas hésité à acheter le silence des six riverains qui avaient entamé une procédure en justice. Un gaspillage financier alarmant, et d’autant plus déplorable qu’il profite exclusivement à une poignée de fins manœuvriers.

 

Notre homme n’est pas, pour autant, au bout de ses peines. Que penser en effet de cette parenthèse footballistique hautement controversée ?  Pendant pas moins de quarante-huit heures, le chef de file de la N-VA a semblé faire la danse du ventre afin de convaincre Zulte Waregem de s’implanter à Anvers. Avec, toujours, ce même argument de poids : une injection considérable de liquidités. Comment, enfin, interpréter l’annulation par la nouvelle majorité communale de sept millions d’euros de subventions à destination d’associations progressistes ?  Faut-il y voir le signe d’un pouvoir qui entend museler ceux qui vont à l’encontre de ses intérêts ?

 

Des employés « neutres » aux guichets

 

C’est peu dire que Bart De Wever n’a pas tardé à tirer à boulets rouges sur les symboles convictionnels. En effet, à peine élu, le nouveau bourgmestre fait le ménage et réclame avec véhémence des employés « neutres » aux guichets communaux. Pas question donc pour eux de manifester publiquement leurs orientations sexuelles, politiques ou philosophiques, ni même de porter des habits tendancieux. Si la démarche peut prêter à discussion, c’est surtout le zèle affiché qui soulève les inquiétudes. Une polémique à tout le moins dispensable, qui vient impacter l’image du patron de la N-VA à rebours de ses intentions.

 

Plus probant encore, la nouvelle majorité annonçait en février sa volonté de ne plus rembourser l’intégralité des soins médicaux des sans-papiers souffrant du sida ou des femmes enceintes en séjour illégal. Pis, l’équipe de Bart De Wever a en outre tenté de porter les frais d’inscription auprès de l’administration communale à 250 euros pour tous les ressortissants étrangers. Une décision entérinée avant d’être rapidement suspendue car « contraire à la Constitution, au droit européen et à la législation belge ». Mais Liesbeth Homans, la sulfureuse échevine N-VA, n’a pas tardé à revoir sa copie : début août, elle proposait d’instaurer rien de moins qu’un « Speedy Pass ». L’attente entourant l’inscription des étrangers deviendrait alors modulable à loisir et fluctuerait en fonction de la somme qu’ils seraient disposés à débourser. Il n’en fallait évidemment pas davantage pour que d’aucuns voient poindre, en filigrane, le spectre d’une société à deux vitesses. Une démarche en tout cas au mieux ambiguë, au pire suspecte, qui peut laisser croire au réveil de vieux démons

 

 

Lire aussi :

Belgique : le scénario du pire

Bart De Wever, la menace permanente

Flandre : un cordon sanitaire qui s’effiloche

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Published by Jonathan Fanara - dans Politique
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commentaires

finger foods 21/05/2014 12:52

It is always tough to carry two different positions at the same time. There may occur clashes in the decisions an the actions taken. And it is so evident from the article itself. Thanks for the read.

Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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