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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 13:21

CBS sonne la charge estivale avec le missile Under the Dome, une mini-série apocalyptique réunissant Brian K. Vaughan, Stephen King et Steven Spielberg.

 

La télévision américaine ne manque décidément pas de piment. Depuis qu’elle n’a plus à taper la manche pour se payer Hollywood, elle ne cesse de manifester son ambition et tient même la dragée haute au septième art. De quoi déjouer son destin de parent pauvre du monde culturel. Avec Under the Dome, qui vient de démarrer (en trombe) sur CBS, la petite lucarne s’offre même le luxe de réunir Stephen King, monstre sacré de la littérature fantastico-horrifique, et Brian K. Vaughan, talentueux scénariste ayant opéré dans les comics et sur la téléfiction Lost. Au programme de cette mini-série apocalyptique : un village américain coupé du monde par un dôme translucide infranchissable, où toutes sortes d’intrigues vont s’entremêler pour mieux dévoiler des secrets inavouables, profondément enfouis dans le terreau fertile des apparences.

 

Stephen King porté à l’écran

 

Inspirée du bouquin du même nom, la série Under the Dome ne se contente pas de transposer l’univers de Stephen King sur le petit écran : elle réinvente les protagonistes, imprime son propre rythme et confère une interprétation visuelle à l’intrigue romancée. Fort de cette latitude narrative – défendue par le « King » himself –, Brian K. Vaughan convie d’abord Niels Arden Oplev (Millénium, Dead Man Down), puis Jack Bender (Lost, Alias, La Caravane de l’étrange), pour porter sa création sur les fonts baptismaux. Résultat : des dispositifs formels de premier ordre, des effets spéciaux déroutants et une mise en scène haletante. Il n’en faudra pas plus pour tenir en haleine le public et atteindre des scores d’audience dignes de l’inarrêtable Game of Thrones.

 

L’élément révélateur

 

Dans un Chester’s Mill tenant lieu de microcosme cloisonné, d’aucuns peinent à trouver leurs marques. Il faut dire que les forces stabilisatrices valsent au rythme des crises, alors même que les informations sur le dôme arrivent au compte-goutte. Comme dans The Walking Dead, il est avant tout question de la réinvention d’une société en perdition, poussée à la reconfiguration suite à un événement aussi inattendu que spectaculaire. Mais Under the Dome se conforme surtout – à l’instar de Bates Motel – à Twin Peaks, où une communauté paisible voit ses secrets voler en éclats suite à la découverte du cadavre d’une lycéenne apparemment sans histoires. L’isolement forcé sert en effet de prétexte à toutes les révélations. Elle suffit à sonder la vraie nature des différents protagonistes, pléthoriques et relativement fouillés. Côté narratif, Brian K. Vaughan laisse pour l’heure entrevoir un récit guidé par trois interrogations placées au cœur de l’intrigue. Comment et pourquoi ce dôme ?  S’agit-il, comme le suppose un personnage, d’une punition collective infligée à une communauté moins innocente qu’il n’y paraît ?  Et comment l’Américain lambda, pris au piège, parviendra-t-il à s’adapter à ce cataclysme sociétal ?

 

Narration resserrée

 

Treize épisodes, des intrigues condensées, des cliffhangers palpitants et une mécanique narrative bien rôdée, voilà quelques-unes des promesses de Under the Dome. Avant même de blanchir sous le harnais, la série parvient avec brio à distiller une tension permanente, faisant ponctuellement écho à Lost, référence incontestable s’il en est. Les deux premiers épisodes lui permettent de jeter sa gourme et donnent lieu à des dialogues qui gagnent sans mal leurs éperons. Il en va notamment ainsi de cette allusion – édifiante – aux poissons qui s’entre-dévorent dans leur bocal. Message subliminal : le dôme a largement de quoi réveiller les instincts les plus primaires des villageois, mis en quarantaine et quelque peu déshumanisés par les événements. Mais le principal atout dans la manche de Brian K. Vaughan pourrait être le format adopté : non seulement il désactive l’écueil de la lassitude, mais il contraint surtout les scénaristes à entrer directement dans le vif du sujet et à tirer un trait sur toute bifurcation superflue. Cette narration resserrée pourra en tout cas s’appuyer sur l’expertise de Steven Spielberg et Stephen King, crédités en tant que producteurs exécutifs, et maîtres dans l’art de raconter.

 

Garder le cap

 

Portée par un casting de premier plan, comptant notamment Dean Norris (Breaking Bad) et Brittany Robertson (Les Experts, Scream 4), Under the Dome ne manque assurément pas de souffle. Visuellement bluffante, la série doit maintenant prouver qu’elle peut durablement tenir la route et conserver un certain degré d’intérêt. Car si le cadre est habilement posé, il reste que les auteurs vont devoir faire preuve d’imagination pour ne pas ensabler la thématique de l’isolement et éviter de patauger dans les facilités scénaristiques. À cet égard, il convient de garder à l’esprit que même les plus beaux envols peuvent se conclure par un crash ravageur…

 

 

Lire aussi :

Une histoire des séries télévisées

HBO : itinéraire d’une révolution

 "Girls" : quatre jeunes femmes à New York 

 

 

 

 

CBS sonne la charge estivale avec le missile Under the Dome, une mini-série apocalyptique réunissant Brian K. Vaughan, Stephen King et Steven Spielberg.

 

La télévision américaine ne manque décidément pas de piment. Depuis qu’elle n’a plus à taper la manche pour se payer Hollywood, elle ne cesse de manifester son ambition et tient même la dragée haute au septième art. De quoi déjouer son destin de parent pauvre du monde culturel. Avec Under the Dome, qui vient de démarrer (en trombe) sur CBS, la petite lucarne s’offre même le luxe de réunir Stephen King, monstre sacré de la littérature fantastico-horrifique, et Brian K. Vaughan, talentueux scénariste ayant opéré dans les comics et sur la téléfiction Lost. Au programme de cette mini-série apocalyptique : un village américain coupé du monde par un dôme translucide infranchissable, où toutes sortes d’intrigues vont s’entremêler pour mieux dévoiler des secrets inavouables, profondément enfouis dans le terreau fertile des apparences.

 

Stephen King porté à l’écran

 

Inspirée du bouquin du même nom, la série Under the Dome ne se contente pas de transposer l’univers de Stephen King sur le petit écran : elle réinvente les protagonistes, imprime son propre rythme et confère une interprétation visuelle à l’intrigue romancée. Fort de cette latitude narrative – défendue par le « King » himself –, Brian K. Vaughan convie d’abord Niels Arden Oplev (Millénium, Dead Man Down), puis Jack Bender (Lost, Alias, La Caravane de l’étrange), pour porter sa création sur les fonts baptismaux. Résultat : des dispositifs formels de premier ordre, des effets spéciaux déroutants et une mise en scène haletante. Il n’en faudra pas plus pour tenir en haleine le public et atteindre des scores d’audience dignes de l’inarrêtable Game of Thrones.

 

L’élément révélateur

 

Dans un Chester’s Mill tenant lieu de microcosme cloisonné, d’aucuns peinent à trouver leurs marques. Il faut dire que les forces stabilisatrices valsent au rythme des crises, alors même que les informations sur le dôme arrivent au compte-goutte. Comme dans The Walking Dead, il est avant tout question de la réinvention d’une société en perdition, poussée à la reconfiguration suite à un événement aussi inattendu que spectaculaire. Mais Under the Dome se conforme surtout – à l’instar de Bates Motel – à Twin Peaks, où une communauté paisible voit ses secrets voler en éclats suite à la découverte du cadavre d’une lycéenne apparemment sans histoires. L’isolement forcé sert en effet de prétexte à toutes les révélations. Elle suffit à sonder la vraie nature des différents protagonistes, pléthoriques et relativement fouillés. Côté narratif, Brian K. Vaughan laisse pour l’heure entrevoir un récit guidé par trois interrogations placées au cœur de l’intrigue. Comment et pourquoi ce dôme ?  S’agit-il, comme le suppose un personnage, d’une punition collective infligée à une communauté moins innocente qu’il n’y paraît ?  Et comment l’Américain lambda, pris au piège, parviendra-t-il à s’adapter à ce cataclysme sociétal ?

 

Narration resserrée

 

Treize épisodes, des intrigues condensées, des cliffhangers palpitants et une mécanique narrative bien rôdée, voilà quelques-unes des promesses de Under the Dome. Avant même de blanchir sous le harnais, la série parvient avec brio à distiller une tension permanente, faisant ponctuellement écho à Lost, référence incontestable s’il en est. Les deux premiers épisodes lui permettent de jeter sa gourme et donnent lieu à des dialogues qui gagnent sans mal leurs éperons. Il en va notamment ainsi de cette allusion – édifiante – aux poissons qui s’entre-dévorent dans leur bocal. Message subliminal : le dôme a largement de quoi réveiller les instincts les plus primaires des villageois, mis en quarantaine et quelque peu déshumanisés par les événements. Mais le principal atout dans la manche de Brian K. Vaughan pourrait être le format adopté : non seulement il désactive l’écueil de la lassitude, mais il contraint surtout les scénaristes à entrer directement dans le vif du sujet et à tirer un trait sur toute bifurcation superflue. Cette narration resserrée pourra en tout cas s’appuyer sur l’expertise de Steven Spielberg et Stephen King, crédités en tant que producteurs exécutifs, et maîtres dans l’art de raconter.

 

Garder le cap

 

Portée par un casting de premier plan, comptant notamment Dean Norris (Breaking Bad) et Brittany Robertson (Les Experts, Scream 4), Under the Dome ne manque assurément pas de souffle. Visuellement bluffante, la série doit maintenant prouver qu’elle peut durablement tenir la route et conserver un certain degré d’intérêt. Car si le cadre est habilement posé, il reste que les auteurs vont devoir faire preuve d’imagination pour ne pas ensabler la thématique de l’isolement et éviter de patauger dans les facilités scénaristiques. À cet égard, il convient de garder à l’esprit que même les plus beaux envols peuvent se conclure par un crash ravageur…

 

 

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HBO : itinéraire d’une révolution

"Girls" : quatre jeunes femmes à New York

 

 

 

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Published by Jonathan Fanara - dans Séries télévisées
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commentaires

testing omnitech support 15/12/2014 08:20

Now this is a person that I have had a hard time figuring out, as his works are so different from one another. He is the finest director the world has ever seen and is a book from which you can learn a lot about film making.

Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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