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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 05:18

Petit retour en arrière. Début juillet, CBS signe des records d’audience avec sa mini-série Under the Dome, librement inspirée d’un roman de Stephen King. Créée par Brian K. Vaughan, cette production apocalyptique fait de la petite ville américaine de Chester’s Mill un lieu cloisonné, révélateur malgré lui de la bassesse humaine. Au programme : un dôme translucide, des twists en série, des intrigues qui s’amoncellent avec habileté et, surtout, la descente aux enfers d’une communauté a priori paisible. Bref, de quoi enthousiasmer tout « sériephile » qui se respecte.

 

Mais Under the Dome lâche rapidement la proie pour l’ombre. Après un départ sur les chapeaux de roues, la série s’essouffle jusqu’à tourner en rond et se regarder ouvertement le nombril. Si Brian K. Vaughan parvient sans mal à préserver ses principaux ressorts dramatiques, il force toutefois le trait au point de casser la mine. Ainsi, les arcs narratifs s’entremêlent lourdement, tandis que les clichés s’amassent sans coup férir. Prenez « Big Jim » : plus le récit progresse, plus il semble promis au rôle du pourri ayant le cul bordé de nouilles. Capable de mystifier la patronne de la police locale, de placer toute une communauté sous sa coupe ou d’organiser une récolte d’armes en quelques heures à peine, l’insatiable conseiller municipal, bien qu’entouré d’un voile de mystère, pâtit sérieusement d’un cruel manque de nuance. Il en va de même avec la relation en dents de scie qu’entretiennent Junior et Angie. Elle aurait sans conteste mérité un traitement plus subtil, circonstancié et circonstanciel, alors même qu’elle apparaît comme l’une des clefs du récit. Que penser, enfin, de ces décisions absurdes adoptées par des protagonistes pourtant rationnels ?  À force de se superposer, même les failles scénaristiques les plus anecdotiques pourraient virer au béant et, ce faisant, contrecarrer les bonnes idées développées.

 

Renouvellement : pour quoi faire ?

 

Repliée sur elle-même, la ville de Chester’s Mill en arrive à manquer de sang neuf. Les enjeux soupesés connaissent un nivellement par le bas et la série s’inscrit désormais dans une facture plus classique, certainement pas dénuée d’intérêt, mais pas non plus déroutante pour un sou. Une impression se dégage alors : Under the Dome ne parvient plus à s’élever au-delà des attentes. Même ses scènes d’émeutes, d’épidémie et de guerre des clans se traînent avec paresse dans l’ornière. Peut-être faut-il y voir le signe d’une production qui se contente désormais tout juste de faire le boulot. Un appauvrissement d’autant plus regrettable que, dans le même temps, les scénaristes sacrifient sans scrupule la piste que cherche laborieusement à remonter Linda – l’archétype même du personnage bâclé, soit dit en passant.

 

Tout étant affaire de priorités, dans ces conditions, on ne peut que se questionner quant au renouvellement annoncé par CBS. Tant narrativement que techniquement, que pourrait apporter une seconde saison ?  Et, surtout, comment sortir des sentiers battus – le roman de Stephen King – sans pour autant perdre sa voie ?  Réponse dans un peu moins d’un an.

 

 

Lire aussi :

"Under the Dome" : l’Amérique face à elle-même

"Breaking Bad" : la grande mue

"Girls" : quatre jeunes femmes à New York

Petit retour en arrière. Début juillet, CBS signe des records d’audience avec sa mini-série Under the Dome, librement inspirée d’un roman de Stephen King. Créée par Brian K. Vaughan, cette production apocalyptique fait de la petite ville américaine de Chester’s Mill un lieu cloisonné, révélateur malgré lui de la bassesse humaine. Au programme : un dôme translucide, des twists en série, des intrigues qui s’amoncellent avec habileté et, surtout, la descente aux enfers d’une communauté a priori paisible. Bref, de quoi enthousiasmer tout « sériephile » qui se respecte.

 

Mais Under the Dome lâche rapidement la proie pour l’ombre. Après un départ sur les chapeaux de roues, la série s’essouffle jusqu’à tourner en rond et se regarder ouvertement le nombril. Si Brian K. Vaughan parvient sans mal à préserver ses principaux ressorts dramatiques, il force toutefois le trait au point de casser la mine. Ainsi, les arcs narratifs s’entremêlent lourdement, tandis que les clichés s’amassent sans coup férir. Prenez « Big Jim » : plus le récit progresse, plus il semble promis au rôle du pourri ayant le cul bordé de nouilles. Capable de mystifier la patronne de la police locale, de placer toute une communauté sous sa coupe ou d’organiser une récolte d’armes en quelques heures à peine, l’insatiable conseiller municipal, bien qu’entouré d’un voile de mystère, pâtit sérieusement d’un cruel manque de nuance. Il en va de même avec la relation en dents de scie qu’entretiennent Junior et Angie. Elle aurait sans conteste mérité un traitement plus subtil, circonstancié et circonstanciel, alors même qu’elle apparaît comme l’une des clefs du récit. Que penser, enfin, de ces décisions absurdes adoptées par des protagonistes pourtant rationnels ?  À force de se superposer, même les failles scénaristiques les plus anecdotiques pourraient virer au béant et, ce faisant, contrecarrer les bonnes idées développées.

 

Renouvellement : pour quoi faire ?

 

Repliée sur elle-même, la ville de Chester’s Mill en arrive à manquer de sang neuf. Les enjeux soupesés connaissent un nivellement par le bas et la série s’inscrit désormais dans une facture plus classique, certainement pas dénuée d’intérêt, mais pas non plus déroutante pour un sou. Une impression se dégage alors : Under the Dome ne parvient plus à s’élever au-delà des attentes. Même ses scènes d’émeutes, d’épidémie et de guerre des clans se traînent avec paresse dans l’ornière. Peut-être faut-il y voir le signe d’une production qui se contente désormais tout juste de faire le boulot. Un appauvrissement d’autant plus regrettable que, dans le même temps, les scénaristes sacrifient sans scrupule la piste que cherche laborieusement à remonter Linda – l’archétype même du personnage bâclé, soit dit en passant.

 

Tout étant affaire de priorités, dans ces conditions, on ne peut que se questionner quant au renouvellement annoncé par CBS. Tant narrativement que techniquement, que pourrait apporter une seconde saison ?  Et, surtout, comment sortir des sentiers battus – le roman de Stephen King – sans pour autant perdre sa voie ?  Réponse dans un peu moins d’un an.

 

 

Lire aussi :

"Under the Dome" : l’Amérique face à elle-même

"Breaking Bad" : la grande mue

"Girls" : quatre jeunes femmes à New York

 

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Published by Jonathan Fanara - dans Séries télévisées
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Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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