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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 19:45

Le Plus/Le Moins est une chronique cinématographique hebdomadaire. Vous y découvrirez, toujours avec concision, le meilleur et le pire de mes (re)découvertes.

 

 

Et cette semaine…

 

Le Plus : Les Chats persans (2009). Asghar Farhadi n’est pas le seul cinéaste à raconter la société iranienne par le menu. Bahman Ghobadi, moins médiatisé mais tout aussi ingénieux, se tient en effet derrière le rideau, prêt à décocher quelques flèches empoisonnées à l’endroit de mœurs litaniques et d’un autoritarisme religieux en tout point asphyxiant. Tournée à la sauvette, sa dernière livraison, Les Chats persans, s’attache à mettre en lumière la vie de débrouille de quelques musiciens, partagée entre moments cocasses et urgences impromptues. Caméra à l’épaule, montage serré, le réalisateur entend filmer la fougue et l’énergie contagieuse d’un groupe de jeunes en quête de liberté, prétexte à un portrait décapant de l’Iran d’aujourd’hui, dont le pouvoir peine toujours plus à écarter les tenailles de la modernité. Agrémenté de traits d’humour, musicalement riche, le long métrage vaut autant pour ses prises de vues astucieuses et son message politique que pour le panel des émotions qu’il dégage. Ainsi, dans Les Chats persans, voler de ses propres ailes revient à prendre la tangente, un rapport de causalité qui en dit long sur l’état d’une société livide, pliant sous le poids des prescriptions confessionnelles. Une réalité décrite tant avec maestria que justesse par un Bahman Ghobadi très concerné. Alors, ne boudez surtout pas ce coup d’éclat parsemé de parenthèses « clipesques », à mille lieues d’un cinéma aseptisé que l’on ne connaît que trop bien. (8/10)

 

Le Moins : 3096 Jours (2013). Relater une abominable séquestration sans tomber dans le misérabilisme et les caricatures : voilà la tâche, ô combien complexe, qui attendait la réalisatrice Sherry Hormann, qui a pris le parti de transposer au cinéma un fait divers retentissant, à savoir le calvaire vécu par la jeune Autrichienne Natascha Kampusch, enlevée en 1998 et portée disparue durant plus de huit ans. Un pari hautement risqué, résolument casse-gueule, que seule une mise en scène au cordeau pouvait relever. Mais c’était sans compter sur les limites affichées par une cinéaste peu inspirée, à l’origine, pour le coup, d’un plantage en règle sur toute la ligne. Armé d’un scénario tenant tout au plus sur un timbre-poste et d’une intrigue sans grand intérêt, 3096 Jours éprouve en effet les pires difficultés à donner corps au drame qu’il entend dépeindre. Méchamment elliptique, stéréotypé et insipide, ce biopic narrativement asthmatique abandonne à leur (triste) sort ses deux principaux interprètes, pourtant loin de démériter. Aussi, dès l’apparition du générique de fermeture, une question se pose – et s’impose : cette tragédie des temps modernes méritait-elle vraiment un long métrage ?  La description des événements proposée par 3096 Jours, caricaturale et désespérément creuse, laisse en tout cas croire le contraire. (3/10)

 

 

Lire aussi :

Le Plus : "Stoker" / Le Moins : "Jobs" (#27)

Le Plus : "Au nom du père" / Le Moins : "Elysium" (#26)

Le Plus : "Camille Claudel, 1915" / Le Moins : "In Another Country" (#25)

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Published by Jonathan Fanara - dans Cinéma
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Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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