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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 06:51

Le saviez-vous ?  Si d’aucuns s’échinent à dénoncer les dangers d’une inflation non maîtrisée, peu se montrent en revanche prêts à discuter des éventuels bienfaits d’une hausse modérée des prix à la consommation. Il y a pourtant fort à parier qu’un tel processus impacterait positivement l’endettement et la demande.

 

Mais encore ?  Olivier Blanchard, le chef économiste du FMI, est de ceux qui ont osé rompre le silence. Si l’on en croit ses propos, une accélération dûment contrôlée de l’inflation pourrait contribuer à remettre d’aplomb les économies occidentales, actuellement déprimées. À mille lieues des discours alarmistes sur l’« immaculée inflation », débités sans relâche par ceux qui agitent volontiers le spectre de la République de Weimar ou du Zimbabwe contemporain, tout porte à croire qu’une hausse des prix de l’ordre de 4 à 5 % – le taux moyen au cours du second mandat de Ronald Reagan – pourrait relancer la consommation et amenuiser le taux d’endettement des différents agents économiques. Par ses résultantes, l’inflation encourage en effet les dépenses – l’épargne s’effrite à mesure que les étiquettes valsent –, tandis que la dette globale se contracte mécaniquement. Et si la théorie nous enseigne que l’inflation tire vers le haut les taux d’intérêt, la trappe à liquidité actuellement en œuvre rend ce lien de causalité particulièrement inopérant. Résultat : le crédit (re)devient attrayant, puisque les devises à rembourser affichent une valeur réelle inférieure à celles empruntées. Il suffit alors de coupler ces effets pour obtenir de quoi réanimer une demande présentement inerte. Enfin, plus généralement, avec un enchérissement de 4 ou 5 %, les Banques centrales disposeraient d’une marge de manœuvre accrue lorsqu’une crise se déclenche. Une planche de salut à ne surtout pas négliger.

 

Citation. « En ce moment, les marchés semblent s’attendre à ce que les prix américains en 2017 soient supérieurs d’environ 8 % à ceux d’aujourd’hui. Si nous parvenions à 4 ou 5 % d’inflation sur cette durée, de façon à ce que les prix aient gagné 25 % à l’arrivée, la valeur réelle de la dette immobilière serait sensiblement plus faible qu’elle ne paraît sous la perspective actuelle – et l’économie aurait donc fait beaucoup plus de chemin vers une reprise durable. » – Paul Krugman, professeur émérite de l’université de Princeton, prix Nobel d’économie, dans Sortez-nous de cette crise… maintenant ! (Flammarion).

 

 

Lire aussi :

Ces universités américaines qui mènent la danse – LSV #9

Turquie : Erdogan s’attaque (encore) à l’alcool – LSV #8

De la cocaïne à Lehman Brothers… – LSV #7

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Published by Jonathan Fanara - dans Le saviez-vous Économie
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  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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