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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 17:03

Le Plus/Le Moins est une chronique cinématographique hebdomadaire. Vous y découvrirez, toujours avec concision, le meilleur et le pire de mes (re)découvertes.

 

 

Et cette semaine…

 

Le Plus : Scarface (1932). L’histoire du cinéma regorge de détails qui n’en sont pas vraiment. Il en va notamment ainsi des épisodes d’amnésie qui entourent Scarface, trop souvent réduit au remake actualisé réalisé par Brian De Palma en 1983. Pourtant, un demi-siècle avant qu’Al Pacino ne campe le personnage de Tony Montana, le charismatique Paul Muni incarnait déjà le mafieux Tony Camonte, dans une version antérieure signée Howard Hawks. Ce Scarface premier du nom s’ancre dans le Chicago du temps de la prohibition et raconte par le menu les péripéties criminelles d’une petite frappe, immensément ambitieuse, et cherchant coûte que coûte à gravir les marches du pouvoir. Pour parvenir à ses fins, le mégalomane Camonte n’hésite pas à semer les chausse-trappes et à éliminer ceux qui se risquent à lui barrer la route. Indomptable et borné, il se fait volontiers l’apôtre de la mort et du chaos. Agrémenté de tensions familiales et amoureuses, ce classique du film de gangsters décline la perdition et la bassesse autant que faire se peut. Ténébreux, dense, habilement développé, ce chef-d’œuvre intemporel bénéficie non seulement de la mise en scène experte du professeur Hawks, mais également de dialogues lumineux, faisant la part belle aux formules chocs et imagées. Techniquement irréprochable, narrativement enlevé, ce Scarface originel, injustement méjugé, a tout d’une authentique claque cinématographique. (10/10)

 

Le Moins : Gatsby le Magnifique (2013). Nous sommes en 1922. Un fortuné et mystérieux hôte organise à intervalles réguliers des réceptions fastueuses, unanimement appréciées, au cours desquelles se croisent badauds et mondains, humbles et nantis. Cet homme insondable, qui ne se montre qu’à de rares occasions, alimente tous les fantasmes, fait l’objet de toutes les rumeurs. Qui est-il ?  Que cherche-t-il ?  Énième adaptation du célèbre roman de Francis Scott Fitzgerald, ce Gatsby le Magnifique annonçait d’entrée de jeu la couleur : une débauche d’artifices visuels et sonores, une pluie d’effets de manches et un décorum à la magnificence accentuée par l’éclat de deux acteurs de premier plan, les très convoités Leonardo DiCaprio et Tobey Maguire. Issu de l’imagination féérique de l’Australien Baz Luhrmann, ce drame était donc promis à une certaine superficialité, assumée car contrebalancée par une réalisation se voulant en tout point onirique. Mais, au final, cela sonne plutôt comme un pari risqué se soldant par un insuccès relatif. Premier bémol, et non des moindres : il n’y a pas une feuille de papier à cigarette entre ce remake et la version de Jack Clayton sortie en 1974, certes moins pompeuse, mais narrativement analogue. Second bémol, plus fâcheux encore : dans ce Gatsby, on ne perçoit pas plus l’urgence que la profondeur qui faisaient pourtant la force du roman originel. Aussi, si la structure formelle grouille d’idées, le film n’en reste pas moins inconsistant et déséquilibré. Un divertissement sans véritables enjeux, qui privilégie constamment le clinquant au détriment du profond, l’ostensible aux dépens du subtil. (6/10)

 

 

Lire aussi :

Le Plus : "Voyage au bout de l’enfer" / Le Moins : "À la merveille" (#31)

Le Plus : "Mulholland Drive" / Le Moins : "American Nightmare" (#30)

Le Plus : "Elena" / Le Moins : "Antiviral" (#29)

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Published by Jonathan Fanara - dans Cinéma
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Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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