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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 14:01

Le Plus/Le Moins est une chronique cinématographique hebdomadaire. Vous y découvrirez, toujours avec concision, le meilleur et le pire de mes (re)découvertes.

 

 

Et cette semaine…

 

Le Plus : À l’est d’Eden (1955). Il faudra donc attendre l’année 1955 pour découvrir le premier Elia Kazan en couleurs et en cinémascope. Le réalisateur américain met alors les nouveaux procédés techniques au service d’une tragédie familiale sombre et étouffante, adaptée d’un roman de l’incontournable John Steinbeck. Le long métrage en question, intitulé À l’est d’Eden, s’offre le luxe de réunir un cinéaste au sommet de son art et une étoile filante éteinte prématurément, le charismatique James Dean. Il pose surtout un regard clinique sur les thématiques universelles de la filiation et de l’errance. Chef-d’œuvre intemporel, magnifiquement photographié et filmé au cordeau, ce drame intimiste explore les tensions sourdes qui secouent une famille désunie, coutumière des rivalités, des secrets malsains et du manque de reconnaissance. Elia Kazan y développe un propos toujours très actuel, confrontant son héros à des blessures intérieures provoquées par un père indifférent et une mère absente. Toute la beauté du film se niche dans cette représentation fluide et subtile d’une âme en peine, d’un écorché vif en quête de réponses. Dirigé d’une main de maître, À l’est d’Eden dresse par ailleurs, en filigrane, des tableaux somptueux de la Californie des années 1910. La confirmation ultime et définitive, si tant est qu’il en faille une, que cet Elia Kazan multifacette a tout d’un indispensable. (9/10)

 

Le Moins : Man of the Year (2006). Quand il décide de s’atteler à Man of the Year, Barry Levinson n’en est pas à sa première comédie tournant le microcosme politique en dérision. Dix ans plus tôt, ou presque, le satirique Des hommes d’influence lui avait déjà permis de tâter le terrain, avec plus ou moins de succès. Armé d’un solide casting – Robin Williams, Laura Linney, Christopher Walken –, le cinéaste américain remet donc le couvert avec l’ambition secrète de faire, si pas mieux, au moins aussi bien. Comme on pouvait s’y attendre, le pitch se veut ultrasimple : une vedette de la télévision prend le parti de se lancer dans les affaires publiques et finit par remporter l’élection présidentielle suite à une erreur de nature informatique dans le calcul des suffrages exprimés. Un scénar dénué de consistance, quasi fantoche, qui laisse le champ libre aux dialoguistes. Les formules mordantes, les brocards imagés et le cynisme ambiant constituent d’ailleurs les principaux points d’ancrage d’un film de facture classique, inégal et même mielleux par moments. Mais si Barry Levinson évite le naufrage, il le doit avant tout à ses comédiens, jamais pris en défaut malgré la teneur modérée de ce Man of the Year peu imaginatif. Abonnée aux sentiers battus, moins audacieuse qu’une prière anglicane, cette satire politique mi-figue mi-raisin se contente d’enfoncer des portes ouvertes, ne faisant mouche qu’à l’occasion, jusqu’à finalement glisser vers la comédie romantique convenue et tous publics. Si l’honnête Des hommes d’influence présentait déjà des failles béantes, son successeur s’inscrit encore un cran en deçà. (6/10)

 

 

Lire aussi :

Le Plus : "Gravity" / Le Moins : "Larry Flynt" (#33)

Le Plus : "Scarface" / Le Moins : "Gatsby le Magnifique" (#32)

Le Plus : "Voyage au bout de l’enfer" / Le Moins : "À la merveille" (#31)

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Published by Jonathan Fanara - dans Cinéma
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Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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