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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 18:46

Imaginez que Sex Tape soit votre voyage initiatique dans la comédie anglo-saxonne. Vous ne connaissez ni les classiques – Chaplin, Lubitsch, Wilder –, ni les contemporains – Wright, Reitman, McKay. Plongé dans l’obscurité d’une salle de projection, vous prenez les rictus désapprobateurs de vos voisins pour des plissements de bouche enjoués. Vous confondez le famélique et le déluré, la pestilence de fumier et le parfum capiteux. Vous succombez à une vacuité péniblement syllabisée, à une marmite à clichés faussement transgressive, à une sècheresse thématique saharienne, à des rasades comiques de la pire espèce. Vous ne voyez rien du fardeau référentiel de Jake Kasdan, du ridicule d’outrance et de boursouflure qu’il vous jette en pâture. Vous êtes à deux doigts de donner quitus à l’étude de couple, d’acclamer Cameron Diaz et Jason Segel, de vous assouvir d’un pastiche filiforme moins savoureux qu’un yaourt allégé. Heureux comme un coq en pâte, vous riez à gorge déployée malgré les gags téléphonés et les tirades mal boutiquées. Si vous ne pâmez pas de frayeur à cette perspective, rendez-vous sans tarder aux urgences les plus proches.

 

 

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Published by Jonathan Fanara - dans Cinéma
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  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
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