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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 22:15

Un polar désillusionné, où la vérité se fabrique à coups d'allusions, de coïncidences et de conjectures. Dans ce récit déconstruit, échafaudé en deux temps et nourri de nombreux flashbacks charnels, ce sont les apparences qui font se refermer sur Julien (Mathieu Amalric) le piège judiciaire. Une affaire de mœurs qui aurait prétendument viré à l'homicide, voilà le puzzle à reconstituer. Mais est-ce vraiment un criminel que l'on juge, ou sa relation adultère ?

 

Adapté des écrits de Simenon, à mi-chemin entre Claude Chabrol et Roman Polanski, La Chambre bleue se cristallise dans un calme venimeux, arborant une licence austère et rugueuse qui ne le prive ni de passion, ni de fourberie. Cloué au pilori par une faune locale au bord de la démence, Julien va régler une ardoise qui n'est pas la sienne : celle de l'incommunicabilité, de la défiance, du mépris et de l'incompétence.

 

Subtilement ficelé malgré un tournage dans l'urgence, le métrage de Mathieu Amalric roule à l'abîme, avec une collection d'hypocrites chevillée au corps. Aussi exigeant que marmoréen, le cinéaste français ne se contente pas de jeter une pierre dans le jardin d'un amant aux paroles inconséquentes ; il radiographie les plaisirs fugaces, et les oppose aux conservatismes, aux ambiguïtés et à la culpabilité.

 

 

Lire aussi :

« Annie Hall » : l’amour en dents de scie

"Soleil vert" : en partance pour l’enfer

Le Plus : "Snake Eyes" / Le Moins : "Fury" (#54)

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Published by Jonathan Fanara - dans Cinéma
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commentaires

artisan serrurier 25/11/2014 06:46

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.

Cordialement

organique 13/11/2014 12:39

Merci beaucoup pour cet article. Merci.

Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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