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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 08:44

C'est d'une voix vibrante que Manuel Valls, Nathalie Kosciusko-Morizet et Marine Le Pen ont exprimé des doléances semblables, en des termes presque identiques. Selon eux, étudier les phénomènes incubateurs du djihadisme tiendrait en quelque sorte de la forfaiture. Du PS au FN, encore affectés par les attentats de Paris, on a cru bon de délégitimer par anticipation la parole des chercheurs en sciences sociales, ceux qui précisément s'emploient à identifier les déterminismes pouvant aboutir au terrorisme. Les explications objectives, ils n'en ont cure. Ils préfèrent ventriloquer, rétorquer que la société n'est en aucun cas responsable des drames et des radicalisations, ce que personne n'a jamais songé à contester. Ils craignent que la recherche ne finisse par exonérer l'individu de ses actes, de ses crimes, de ses abominations, comme si elle avait vocation à empiéter sur le terrain judiciaire et pénal. Comme si expliquer revenait in fine à excuser. Ils se trompent, leurrent leurs partisans et défendent, de surcroît, une position des plus hasardeuses. Parce que se prémunir face aux risques nécessite impérativement d'être en mesure de les appréhender, donc de s'en donner les moyens. Et c'est justement là que la science doit faire son oeuvre. Encore récemment sur France Culture, le journaliste Brice Couturier cherchait à confondre les sociologues en usant de sophismes désormais amplement rebattus : pourquoi alléguer tel ou tel déterminisme alors même que rien ne peut disculper les terroristes ? Sous ses dehors rationnels, l'interrogation sonne pourtant comme un non-sens. Car il ne s'agit aucunement de transférer la faute – morale, criminelle, politique – d'une structure – l'individu – à une superstructure – la société –, mais bien de mettre en lumière des processus, sociaux ou psychiques, de nature à favoriser les phénomènes d'endoctrinement et de radicalisation. Pour tenter de les prévenir et de les combattre. Qui osera prétendre que c'est accessoire, stupide ou inutile ?

 

 

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Published by Jonathan Fanara - dans Édito Société
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  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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