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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 18:44

Une célèbre cantatrice, un amas de courtisans, une soirée mondaine, des cœurs émiettés. Le « cinégraphiste » Marcel L'Herbier, figure de proue du mouvement impressionniste français, convoque l’envie, l’amour et la possessivité dans un fleuve d’images et d’élans, tout entier contenu dans une folie décorative d’avant-garde. Alberto Cavalcanti, Fernand Léger, Claude Autant-Lara, Robert Mallet-Stevens et Pierre Chareau y vont tous de leur contribution, stylisant des décors mirifiques et magnifiant ainsi l’élaboration plastique d’un maître du cinéma muet. Derrière le ressac sentimental et l’insensibilité de son héroïne, L’Inhumaine se répand toujours plus en coups d’éclat formels : jeu d’ombres et de lumières, surimpressions, flous, déformations, prismes, teintes colorées, montage alterné, fondus enchaînés… Tandis que l’art français contemporain s’y voit mis à l’honneur comme rarement auparavant, la tonalité du métrage, ses domestiques masqués et ses compositions imaginatives semblent se réclamer, avant l’heure, de David Lynch. Financé en partie par sa vedette, Georgette Leblanc, L’Inhumaine se pourvoit de partitions idoines, amarrées à l’intrigue, basées sur les indications de Darius Milhaud, dont la musique originale fut égarée. Marcel L'Herbier et Pierre Mac Orlan, son co-scénariste, mêlent aux prouesses visuelles des situations, lieux et caractères au relief dramatique évident : la menace suspendue d’un suicide, un spectacle éminemment chahuté, une artiste prise de doutes et de remords, un laboratoire scientifique fourmillant d’inventions, un fakir indien obsessionnel et inquiétant… De quoi s’arroger, non sans raison, le titre flatteur de chef-d’œuvre du cinéma muet.

 

 

Lire aussi :

« Annie Hall » : l’amour en dents de scie

« Psychose » : corbillard à deux conducteurs

Le Plus : "Snake Eyes" / Le Moins : "Fury" (#54)

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Published by Jonathan Fanara - dans Cinéma
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  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
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