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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 21:40
Primaire à droite : le crépuscule des idées

Sarkozy nerveux, Juppé prudent, Copé offensif, Poisson déterminé, Fillon convaincant... Vingt-quatre heures après le premier débat télévisé organisé dans le cadre de la primaire de la droite et du centre, la plupart des journalistes et commentateurs politiques en sont toujours à broder sur l'accessoire tout en négligeant l'essentiel : les idées, le projet, la vision. Sur ce terrain, le rébarbatif l'a souvent emporté et les surprises, quand il y en eut, ont été disséminées avec une grande parcimonie. On pourrait gloser des heures durant sur cette éventuelle et nébuleuse rétention préventive des fichés S, une mesure à la géométrie mal définie et à la légalité des plus douteuses. De la même manière, on pourrait cancaner devant tant de postures conservatrices, tant de désintérêt pour les inégalités sociales et si peu d'audace dans les actions envisagées. Ainsi, pour déconcertant que ce soit, les différents candidats entendent venir à bout du chômage... en réduisant drastiquement le nombre de fonctionnaires, en sonnant le glas des 35 heures et des contrats aidés ou en défiscalisant les heures supplémentaires. À ces mesures éminemment contre-productives se juxtaposerait une politique de l'offre qui ne cesse pourtant de se disqualifier partout en Europe, en fragilisant l'État-providence et les travailleurs tout en maintenant l'activité dans une condition léthargique. Le poids de la fonction publique dans le PIB, le volontarisme indispensable à l'insertion des moins qualifiés, les vertus caractérisant le partage du temps de travail, l'hypothétique stagnation séculaire : autant d'objets de réflexion qui passent, peut-être par commodité, sous les radars de la droite. Il ne sera pas plus question d'un revenu universel, d'une taxe Sismondi ou d'une « job rotation » à la danoise, mais plutôt d'une hausse de la TVA, impôt proportionnel comptant parmi les plus injustes, de l'abrogation de l'ISF, qui ne touche pourtant que les plus aisés, ou d'une privatisation plus ou moins ordonnée de Pôle Emploi, comme si changer le statut d'un établissement public allait suffire à (re)mettre quelque trois millions de chômeurs au travail. Un débat de cet acabit, n'est-ce pas finalement un clou de plus porté au cercueil France ?

 

 

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Published by Jonathan Fanara - dans Édito Politique
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Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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