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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 20:41
Fillon, la droite libérale et conservatrice

Combien d'électeurs de gauche ont-ils pris le parti de se payer la tête de Nicolas Sarkozy pour deux euros ? Combien parmi eux ont voté pour le troisième homme désigné par les sondages, François Fillon, dans l'espoir de bouter l'ancien président honni hors de la primaire de la droite et du centre ? Que représentent-ils parmi les 44% de votants ayant déjoué les pronostics en accordant leur suffrage à l'ancien Premier ministre ? L'évaluation est complexe, très hypothétique, mais une chose est sûre : si Fillon devient en mai prochain le troisième François à occuper la magistrature suprême, ces milliers d'électeurs opportunistes risquent fort de s'en mordre les doigts. D'abord parce que le député de Paris, bénéficiant notamment de l'appui de la Manif pour Tous, affiche des positions profondément conservatrices sur les grandes questions de société. Ensuite parce qu'il ne propose rien de moins que le programme économique le plus dur et libéral en lice dans cette primaire. Il demeure à cet égard utile de passer en revue ses ambitions présidentielles : allocations de chômage dégressives et plafonnées pour favoriser le retour à l'emploi ; suppression des contrats aidés afin d'éviter d'éventuels effets d'aubaine ; limitation de la revalorisation annuelle du smic, par crainte de renchérir le coût du travail ; retour aux 39 heures dans la fonction publique et suppression corollaire de 500 000 postes de fonctionnaires ; rétablissement du jour de carence abrogé en 2014 ; fin de la durée légale du temps de travail dans le secteur privé ; promotion des accords d'entreprise ; suppression d'un jour férié ; mise en place d'un contrat de travail avec modalités de rupture prédéfinies ; recul de l'âge du départ à la retraite, désormais fixé à 65 ans ; harmonisation des régimes de pension privés, publics et spéciaux ; abrogation éventuelle de l'ISF ; relèvement de la TVA... Peu importe apparemment que 300 000 jeunes bénéficient des emplois aidés, que la pauvreté continue de toucher une personne sur sept, que les policiers, militaires, médecins, chercheurs et enseignants soient le ciment de la société, que les contrats de travail à modalités de rupture reviennent in fine à faciliter les licenciements, qu'un impôt proportionnel acquitté par tous, sans distinction de revenus, soit renforcé au détriment d'une taxe ciblant les plus riches. Ce programme, décrit par la plupart des commentateurs comme « radical » et « ultralibéral », préfigure des changements systémiques et paramétriques douloureux pour les plus faibles et avantageux pour les nantis et les entreprises. Il est vrai que Nicolas Sarkozy n'augurait rien de bon, mais François Fillon, son ancien « collaborateur », est-il vraiment plus socialo-compatible ? Il est permis d'en douter.

 

 

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Published by Jonathan Fanara - dans Édito Politique
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  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
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