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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 18:43
Le Plus : « Café Society » / Le Moins : « The Neon Demon » (#57)

Le Plus/Le Moins est une chronique cinématographique hebdomadaire. Vous y découvrirez, toujours avec concision, le meilleur et le pire de mes (re)découvertes.

 

 

Et cette semaine…

 

Le Plus : Café Society (2016). C'est un regard bien connu, à la fois tendre et caustique, que Woody Allen pose sur le Hollywood des années 1930. L'histoire qu'il narre est celle de Bobby, un jeune juif new-yorkais à l'avenir encore incertain, réservé, désoeuvré et parfois exaspéré par sa famille. Il débarque à Los Angeles avec l'espoir secret d'user des relations de son oncle, célèbre agent de stars, pour se faire une place désirable sous le soleil californien. La trappe allénienne, si typique, se referme sur lui au moment où il tombe sous le charme de l'assistante de son oncle, sans savoir qu'elle fait également office de maîtresse... Scénariste et réalisateur, Woody Allen s'appuie avec légèreté sur ce triangle amoureux peu commode ; il le sonde dans l'éveil et l'espoir autant que dans le doute et le renoncement, expérimentant des tonalités tantôt douces, tantôt amères. Contrairement à ce que l'on aurait pu craindre, Café Society est plus qu'un énième bégaiement du cinéma allénien. On y retrouve certes les quiproquos, penchants psychanalytiques et tirades fusantes ayant fait la renommée de l'inusable Woody, mais on y entrevoit surtout quelque chose de délicieusement rafraîchissant : une famille dépareillée des plus improbables, une séquence hilarante impliquant une néo-prostituée, une conversation inspirée sur la religion, une romance attachante et habilement scénarisée entre Jesse Eisenberg et Kristen Stewart... De quoi rendre cette comédie annuelle presque indispensable. (7/10)

 

Le Moins : The Neon Demon (2016). Les couleurs flatteuses, les séquences en apesanteur, les expressions formelles, la violence (plus ou moins) contenue : tout tend à nous rappeler qu'on est ici chez Nicolas Winding Refn. Le milieu de la mode tel que portraituré par le cinéaste danois paraît impitoyable, aigre, cannibale – au sens propre comme au figuré. The Neon Demon commence presque normalement, avec son lot de plans contemplatifs parfaitement composés, puis dérive lentement vers tout ce que le mannequinat compte de jalousie, de suffisance et de perdition. Très vite, les souffrances propres au milieu – chirurgie esthétique, désir de jeunesse éternelle, pression dévorante, pouvoir de nuisance du regard d'autrui – se trouvent immanquablement immortalisées à travers plusieurs séquences mémorables, mais dont l'utilité peut parfois prêter à discussion : acte de nécrophilie lesbien, cannibalisme, tentative de viol... Si la critique sociétale porte et fait parfaitement sens, corroborée par la langueur d'une ville déshumanisée, on peut néanmoins reprocher à Nicolas Winding Refn de succomber à la surenchère et au grotesque, jusqu'à y patauger au terme d'un épilogue décevant. Une critique qui n'enlève cependant rien à la qualité plastique de The Neon Demon, à ses dialogues souvent percutants et cruels, ni à la justesse du jeu d'Elle Fanning, tour à tour gamine dévoyée et femme déterminée, ange de candeur et démon de vanité. (6/10)

 

 

Lire aussi :

Le Plus : « The Player » / Le Moins : « Jason Bourne » (#56)

Le Plus : "Alien, le huitième passager" / Le Moins : "Interstellar" (#55)

Le Plus : "Snake Eyes" / Le Moins : "Fury" (#54)

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Published by Jonathan Fanara - dans Cinéma
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Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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