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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 21:59
Le Plus : « Frankenweenie » / Le Moins : « Paul » (#58)

Le Plus/Le Moins est une chronique cinématographique hebdomadaire. Vous y découvrirez, toujours avec concision, le meilleur et le pire de mes (re)découvertes.

 

 

Et cette semaine…

 

Le Plus : Frankenweenie (2012). Avec les fidèles Danny Elfman à la musique et Rick Heinrichs aux décors, Frankenweenie s'annonçait comme le prolongement naturel d'une filmographie déjà dense, caractérisée par une esthétique gothique et des prédispositions oniriques. Si Tim Burton ne rompt pas avec ses habituels dispositifs figuratifs, il rend aussi quelques hommages appuyés, à Jurassic Park, aux Gremlins, à Godzilla ou à Frankenstein, tout en s'adonnant à une forme pudique d'autocitation, notamment en renvoyant à la banlieue proprette d'Edward aux mains d’argent, au moulin inquiétant de Sleepy Hollow et même à Batman, le blockbuster qui porta sa carrière de cinéaste sur les fonts baptismaux. L'entreprise serait toutefois demeurée inachevée sans cette galerie de monstres produisant du fantasme à jet continu. Une momie, un loup-garou, un mort-vivant, un dinosaure : c'est tout l'imaginaire d'une certaine littérature fantastique qui se voit convié dans ce qui s'apparente étrangement à l'Halloween Town de L'Étrange Noël de monsieur Jack. Mais croire que Frankenweenie s'arrête au stade de la référence serait une grave erreur : le film brille par une animation en volume de grande qualité, parvient à renouer avec la saveur et l'authenticité des premiers Burton et se trouve peuplé de personnages hauts en couleurs, parfaitement caractérisés, du scientifique un peu fou à ces enfants étranges, bossus, édentés, obèses, sinistres ou fantasques. L'ensemble, rondement mené, sonne comme un vibrant hommage au cinéma fantastique et d'horreur, finissant en grabuge et apothéose, dans une sorte d'apocalypse rappelant avec fracas les limites du scientisme. Entretemps, de vie à trépas, tout aura été mis en place pour sonder l'amitié touchante et indéfectible liant un enfant à son chien, véritable ligne cardinale de cet agréable et vertueux Frankenweenie. (8/10)

 

Le Moins : Paul (2011). Deux nerds, le Comic-Con, un extra-terrestre dépravé, une longue et animée traversée des États-Unis. Paul se situe quelque part entre le road-movie, la comédie et le film de science-fiction, dans un savant mélange de genres dont sont désormais coutumiers les acteurs Simon Pegg et Nick Frost, ici à l'affiche mais également au scénario. Le fameux duo comique de la trilogie Cornetto use une nouvelle fois de la veine parodique pour amuser un public qu'il sait sensible aux références : Mac et moi, E.T. L'extra-terrestre ou X-Files sont tour à tour invoqués entre deux running gags (l'homosexualité supposée des personnages ou l'invisibilité ponctuelle de l'extra-terrestre, par exemple). Le réalisateur Greg Mottola, dont on ignore à quel point l'emprise fut phagocytée par l'écrasant binôme britannique, a beau convier des personnalités aussi attachantes ou connotées que Jason Bateman ou Sigourney Weaver, sa comédie manque néanmoins de souffle et de rires, de relief comme d'idées, même si son propos sur la religion ou l'acceptation des différences peut certainement porter dans des sociétés occidentales de plus en plus xénophobes et repliées sur le concept d'identité. Reste alors un pop-corn movie de bon teint, transcendé par quelques fulgurances malheureusement orphelines. (6/10)

 

 

Lire aussi :

Le Plus : « Café Society » / Le Moins : « The Neon Demon » (#57)

Le Plus : « The Player » / Le Moins : « Jason Bourne » (#56)

Le Plus : "Alien, le huitième passager" / Le Moins : "Interstellar" (#55)

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Published by Jonathan Fanara - dans Cinéma
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Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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