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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 12:06
Trump : une première semaine désastreuse

En tant que candidat-bouffon, il démocratisa le concept de post-vérité et multiplia les coups d'éclat, que beaucoup espéraient sans lendemain. En tant que président en phase de transition, il fit acte de népotisme et constitua une équipe de milliardaires vite qualifiée, de son propre chef, de « cabinet ayant, de loin, le QI le plus élevé de l'Histoire ». Aujourd'hui investi, Donald Trump poursuit sur la même dynamique et produit chaque jour son lot d'incertitudes et de polémiques, écornant toujours plus l'aura de la magistrature suprême américaine. Après avoir taxé les journalistes de tous les maux – « menteurs », « manipulateurs », « corrompus », « partisans » – , il s'efforça de contraindre au silence les agences publiques, dont la désormais méprisée EPA, et fit disparaître du site de la Maison-Blanche toute mention à l'écologie, la santé ou les droits des LGBT. Le curseur est à droite, la raison, ou ce qu'il en reste, très à l'ouest.

 

Trump paraphe aujourd'hui des documents et décrets en cascade. Ses positions de président, fidèles à celles du candidat, se révèlent souvent déplorables et à contresens de l'Histoire : remise en cause complète du droit à l'avortement ; retrait précipité du traité commercial transpacifique, au bénéfice exclusif de la Chine ; suspension de l'immigration moyen-orientale motivée par des arguments sécuritaires... La situation aurait été moins cocasse sans un premier incident diplomatique avec le Mexique, gaiement ponctué par l'annulation d'une visite officielle. Enrique Peña Nieto refuse de payer pour son mur frontalier ? Qu'importe, Donald Trump envisage d'instaurer des barrières tarifaires en vue de récolter des taxes qui financeront son projet-phare. Et Paul Krugman, Nobel d'économie, de lui rappeler sur Twitter, son réseau social favori, les principes fondamentaux qui président au commerce international : le protectionnisme occasionne souvent des mesures de rétorsion, lesquelles ne manqueront pas de mettre à mal l'économie américaine.

 

Conservateur et défenseur d'une Amérique repliée sur elle-même, chef d'État dépourvu du moindre sens de la mesure, l'ancien magnat de l'immobilier court aujourd'hui, après une seule semaine de mandat, le risque d'exploser en plein vol. Il méprise ouvertement ses partenaires européens et file le parfait amour avec la Grande-Bretagne isolationniste de Theresa May et Nigel Farage. Il effrange les grands principes de la diplomatie internationale, quitte à envisager la renégociation du statut de la Chine unique. Il entrelarde sa doctrine protectionniste de desseins économiques de toute obédience. « Des enfants gâtés qui jouent avec un pistolet chargé », voilà à quoi pourrait s'apparenter l'administration Trump, selon les propres termes de M. Krugman. Mais combien de temps encore vont durer les pitreries du président républicain ? Le soft power américain, déjà en berne, risque de payer le lourd tribut de ce mandat. Et les grands enjeux d'un monde multipolaire en crise(s) pourraient alors se trancher dans le dos de Washington, sous l'égide de la Russie, de la Chine et peut-être demain de l'Iran.

 

 

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Published by Jonathan Fanara - dans International Édito
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  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
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