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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 19:34
Comment François Fillon parasite l'élection présidentielle

En France, l'élection présidentielle tient traditionnellement lieu de climax politique. Elle enregistre des chiffres de participation en nette hausse par rapport aux scrutins locaux, elle passionne les citoyens même les plus défiants et mobilise, comme nulle autre, la presse et les intellectuels. Pourtant, à moins de deux mois du premier tour, les confrontations projet contre projet persistent à s'effacer derrière des considérations connexes et souvent mineures, dont l'affaire Fillon n'est pas la moindre. Le PenelopeGate, qui porte en son sein tous les soupçons d'emploi fictif entourant l'épouse du candidat LR, se veut aujourd'hui doublement pénalisant pour la démocratie française : d'abord parce qu'il interdit un débat serein sur les grandes questions censées affecter l'avenir du pays ; ensuite parce qu'il fait le jeu du Front national, dont les propres scandales sont passés sous silence et qui peut en outre servir sur un plateau (d'argent évidemment) ses discours populistes contre les élites corrompues. Après avoir eu droit aux manoeuvres empesées de Benoît Hamon pour repousser dans son giron Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot, les Français doivent maintenant endurer tous les entrelacements du PenelopeGate. Un jour, on s'amuse à répertorier les anciennes déclarations de vertu de François Fillon, qui se retournent désormais contre lui. Une autre fois, on évoque un éventuel retour d'Alain Juppé, le candidat défait des primaires, sans même s'interroger sur le programme qui lui permettrait de mener campagne. Celui adoubé par plus de quatre millions d'électeurs de droite et du centre ou celui, plus modéré et protecteur, en lequel il croit vraiment ? Ensuite, égrenées comme un feuilleton par voie de presse, on découvre les basses intrigues de Christian Estrosi, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, lesquelles font suite à une série de défections laissant penser que, cette fois, c'est le navire qui quitte le rat, et non l'inverse comme le veut l'adage. Enfin, on observe, las, cette manifestation du Trocadéro « contre les juges et les médias », si déterminante qu'elle éclipse même le programme – enfin éventé – d'Emmanuel Macron, pourtant rarement boudé par les journalistes, comme aime à le rappeler Acrimed. Cette négation de la confrontation politique laisse une drôle d'impression, amère et sans doute durable : celle d'un microcosme en consanguinité avec les « affaires », pour qui les idées et les réformes comptent si peu qu'elles disparaissent sous le linceul de l'ambition personnelle ou de prébendes injustifiées.

 

 

Lire aussi :

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Published by Jonathan Fanara - dans Édito Politique
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  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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