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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 18:20

 

 


C’est un secret de polichinelle : de nos jours, il est difficile de se faire un nom dans la musique. À Seraing comme ailleurs, les artistes souhaitant émerger sont légion. Produisant leurs œuvres en totale indépendance, ils ont mis en place un véritable système D artistique. De tout bord, nos musiciens font la part belle à la créativité, à l’engagement, mais surtout à la débrouillardise…

 

Plus qu’une soif de reconnaissance, c’est l’ambition de partager leur musique, leurs idées et leurs convictions qui caractérise ces artistes. Pour ce faire, le groupe pop-rock Satylite a fondé son propre home studio (studio d’enregistrement amateur) dans la cave d’Anthony Bravata, le batteur attitré. Les quatre membres qui composent le groupe y créent et enregistrent leurs morceaux. « Cela n’a pas été simple. Nous avons dû acquérir le matériel nécessaire, mais aussi apprendre à manipuler les programmes de mixage et de mastering », raconte Anthony. Un ordinateur portable, une table de mixage huit pistes, des instruments de musique, des microphones, un anti-pop et un amplificateur : telle semble être la panoplie complète du parfait indépendant. C’est en tout cas ce qui ressort d’une balade dans le foyer musical du groupe. Quant aux répétitions, « elles ont lieu dans des locaux loués pour une somme modique », tandis que « les concerts aident les artistes méconnus à se mettre en évidence et à diffuser leur musique ». Malgré des qualités indéniables et une réputation exemplaire, les directeurs artistiques ne se bousculent pas au portillon. La faute à un système qui veut que les musiciens prennent du galon en tant qu’indépendants avant de pouvoir, peut-être, rejoindre une maison de disques ? « Sans doute », vous répondra-t-on dans l’entourage de Satylite. Au fait, quelles peuvent être les retombées médiatiques pour un groupe voué à l’indépendance ?  « Quelques articles dans les journaux régionaux, quelques mots à la radio... Rien de transcendant, cela dit. »
 
Même cas de figure pour les rappeurs Slawi04, 2Pom et Souma. Eux aussi font partie intégrante de ces artistes qui évoluent dans l’ombre des maisons de disques. « La musique est avant tout un plaisir. Le rap est un courant musical à facettes. En adressant des messages sensés dans lesquels les gens peuvent se reconnaître, je veux prouver à tous qu’il ne s’agit pas simplement de glorifier la violence ou l’argent, mais bien de poser un regard objectif sur le monde et sur nous-mêmes », nous confie Slawi04. Ne pouvant bénéficier de l’apport promotionnel d’un label, les artistes locaux doivent faire preuve d’ingéniosité. « Je tente de mettre sur pied un site Web complet et original. Je possède également un Skyblog musical où figurent mon agenda, des informations me concernant et quelques morceaux », ajoute-t-il. Pour le reste, le bouche-à-oreille a la lourde tâche de remplacer les outils publicitaires traditionnels. 2Pom semble suivre la même ligne de conduite. « MySpace et quelques petits concerts » lui procurent un peu de lumière sans pour autant attirer les projecteurs. « Le rap, c’est une passion, pas un business. Mais si, un jour, je parviens à me faire un nom, je ne cracherai pas dans la soupe », assène-t-il. Le rappeur, membre du groupe État Brut et du collectif Leziñar, s’attache à « parler des valeurs perdues et développer des thèmes de société ».  D’après lui, « le rap sert autant à faire réfléchir qu’à divertir ». Le fait est que, sans canal de diffusion, la question ne se pose même pas… Souma, quant à lui, nous fait part d’une approche plus philosophique de la musique. Vivant à Ans, il collabore toutefois régulièrement avec des artistes serésiens. « Tout est une question d’équilibre. Nous sommes tous plus ou moins affectés par les maux auxquels nous sommes confrontés. Je combats ma peine en noircissant  des feuilles vierges. C’est une façon personnelle de garder les pieds sur terre et la tête froide. »  D’ailleurs, il a placé ses ambitions entre parenthèses depuis un certain temps. « Je n’envisage pas d’embrasser une carrière d’artiste. La musique est une nécessité et non un marché que j’aurais conclu avec le premier affairiste venu. »  Cela dit, « il serait stupide de refuser le paradis s’il s’offrait à vous ». Traduisez : « Si on me donne la chance d’enregistrer un disque, en me garantissant carte blanche, pourquoi passerais-je à côté de pareille aubaine ? »
 

 

Combattre la solitude artistique…
Les artistes indépendants s’apportent mutuellement soutien et encouragements. Une profonde solidarité règne entre eux. Ils s’entraident et participent aux projets les uns des autres. Au-delà de cet esprit de corps, l’envie de donner un coup de pouce à ces laissés-pour-compte de la musique demeure intacte. « Quelquefois, l’ASBL Optima nous permet de dénicher une scène », raconte Slawi04. D’ailleurs, « un concert consacré à la femme a récemment eu lieu et beaucoup d’artistes indépendants étaient de la partie ». Grâce à cette ASBL serésienne, les pseudonymes de 2Pom et Slawi04, entre autres, figuraient au générique. Le groupe Satylite, lui, a joué en première partie de Kill The Young au Centre culturel de Seraing. « Pour nous, Eclat’Jeunes [manifestation culturelle, ndlr] a été le point de départ d’un long parcours », explique Anthony Bravata. « Suite à cela, un article paru dans Le Jour Liège nous a été consacré et nos contacts artistiques se sont multipliés », déclare-t-il. « Nous sommes conviés à participer à de nombreux concerts organisés à Seraing », précise 2Pom. « Un grand nombre de personnes y assistent. Peu à peu, nous faisons parler de nous », conclut-il. Quant à la Fête de la Rose, même si elle n’a pas été mentionnée, elle pourrait symboliser cette volonté de mettre en vedette des artistes méconnus. 

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Published by Jonathan Fanara - dans Musique
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Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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