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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 14:26

Le travail concerne la première saison.

 

 

Six Feet Under

Six pieds sous terre

2001-2005 – 5 saisons – 63 épisodes 

Créé par Alan Ball

Genre : Drame, Comédie  

Format : 42’ 

Nationalité : Américaine

Avec Peter Krause (Nate Fisher), Michael C. Hall (David Fisher), Frances Conroy (Ruth Fisher), Lauren Ambrose (Claire Fisher), Freddy Rodriguez (Federico Diaz), Rachel Griffiths (Brenda Chenowith)

 

 

Synopsis général
 

Alors qu’un réveillon de Noël traditionnel se profile à l’horizon, Nathaniel Fisher, marié et père de trois enfants, est victime d’un accident de voiture et y laisse la vie. Il lègue une société mortuaire à sa famille. La gérer n’est pas chose aisée. Le sort ne ménage pas les Fisher. Leurs préoccupations s’accumulent…

 

 

Synopsis avec mon point de vue 

 

Les Fisher s’apprêtent à vivre un Noël comme les autres. Mais un événement malheureux vient troubler leurs habitudes. Nathaniel, le père de famille, décède des suites d’un accident de voiture. L’entreprise familiale, active dans les pompes funèbres, tombe entre les mains de David et Nate, deux frères que tout oppose. Des changements radicaux s’opèrent. L’atmosphère, froide et anxieuse, peine à dissimuler les secrets des uns et les difficultés des autres. Savant mélange de réalisme, d’humour noir et d’histoires surprenantes, Six Feet Under réussit le pari de combiner l’intelligence scénaristique et l’insolence.



 

 


La critique

 

Gérer une entreprise de pompes funèbres entraîne quelques inquiétudes et nécessite une volonté de fer. Les Fisher en savent quelque chose. Cette activité professionnelle met leur patience à rude épreuve. De plus, le quotidien ne les épargne pas. Chacun d’entre eux doit affronter ses démons et surmonter ses problèmes.

 

La société mortuaire permet de mettre en lumière quelques problèmes sociétaux. La solitude, les gangs ou encore la rupture familiale font tous l’objet d’une histoire marginale, directement liée à un défunt ou à ses proches. Ce procédé donne au public l’occasion de méditer sur des points épineux.

 

L’entreprise familiale, capitale pour l’écriture de la série, provoque des émotions variées. Les confidences fusent. Le spectateur écoute les ressentiments des uns et observe la détresse des autres. Vivre dans un tel milieu occasionne quelques séquelles.

 

Une délicieuse indécence s’associe à un humour noir ravageur. L’ironie et le cynisme s’activent. Six Feet Under puise sa force dans sa singularité, son esprit. La dérision accompagne le sérieux. Le second degré marche à plein régime. En dépit des apparences, l’histoire ne pèche pas par naïveté. Au contraire. Elle émet quelques contestations prononcées. Le conservatisme, l’homophobie, la religion, la drogue, l’armée ou encore la famille sont sous le feu des projecteurs. La série se moque de la superficialité et du divertissement facile. La maturité et la réflexion envahissent son univers cocasse.

 

Les griefs familiaux et le poids des apparences ouvrent le bal. Ensuite, peu à peu, le public découvre la véritable nature des personnages. Ruth, mère de famille conservatrice, a commis un adultère. Ses idées évoluent progressivement. Elle met son intransigeance entre parenthèses. David, lui, incarne la rigidité. Il n’assume pas son homosexualité, jalouse son frère et entame une lente déchéance. Nate, par contre, paraît insouciant et anticonformiste. Cependant, cette impression se révèle rapidement fausse. Enfin, Claire, la cadette, multiplie les dérapages. Elle expérimente le sexe et la drogue. Elle semble lucide et fragile. Elle ne trouve pas sa place dans la famille et ne se confie qu’à son psychologue. Les principaux personnages, tous intéressants et complexes, ne se ressemblent pas. Le scénario souligne leurs caractéristiques et leur richesse.

 

L’argent gouverne le monde. Six Feet Under le sait. Le marché mortuaire, lucratif, ne déroge pas à la règle : des requins à l’appétit insatiable tournent autour de leurs proies. Quant à l’engagement religieux de David, il ressemble étrangement à une stratégie commerciale. Les principes financiers devancent désormais les valeurs morales…

 

Lorsqu’une caméra s’attarde sur l’homosexualité, les stéréotypes et l’autocensure se manifestent souvent. Six Feet Under ne tombe pas dans le piège et s’attache à dépeindre la situation objectivement. La série rejette le détachement et la condescendance. En outre, quand la fidélité de Federico vacille, le spectateur s’interroge sur l’importance de l’amitié et du respect. L’entreprise familiale peut-elle perdre cet employé, très apprécié pour ses qualités humaines et professionnelles, à cause d’une poignée de billets ?

 

Au fil des épisodes, le mystère qui entoure Brenda, la petite amie de Nate, prend une ampleur considérable. Une question taraude le public : qui est-elle réellement ?  Le comportement de ses parents, les révélations énigmatiques et la santé de son frère intensifient l’intrigue.

 

Chaque épisode, durant ses premiers instants, raconte la mort d’un personnage. Ensuite, les Fisher s’occupent de la restauration du cadavre et organisent les cérémonies traditionnelles. Il faut ajouter à cela les tracas quotidiens et des événements privés souvent surprenants. La vie donne du fil à retordre aux différents protagonistes.

 

Des hallucinations répétées influent incontestablement sur la conduite de certains personnages. Régulièrement, ces derniers discutent avec des défunts. Cela bonifie l’histoire et provoque quelques scènes riches en enseignements. Ces visions permettent au public de mieux comprendre les uns et de découvrir les tourments des autres.

 

Six Feet Under peut se targuer de ses immenses qualités. La narration et la mise en scène soutiennent un scénario étonnant. La réussite est totale. Les surprises s’enchaînent et le suspense s’accroît. Dès le premier épisode, l’histoire tient en haleine. Les nombreux flash-back fournissent quelques précieuses informations sur le passé des personnages et clarifient la situation. La série ne s’essouffle pas. Grâce aux rebondissements et aux énigmes, elle demeure attractive et passionnante. 





 

Analyse de deux personnages

 

 

Nate Fisher

 

Nate est l’aîné des enfants. Il paraît décontracté et étourdi. Les faits démentent rapidement cette première impression. Derrière sa nonchalance se trouvent des blessures profondes. Plusieurs confidences tendent à le démontrer. 

 

Il quitte tôt le cocon familial. Il ne supporte pas l’austérité et la fadeur qui y règnent. Par la suite, le décès de son père bouleverse sa vie. Il doit désormais faire face à ses pires craintes : rejoindre sa famille et se consacrer à l’entreprise de pompes funèbres. Après quelques hésitations, il exauce le souhait de son père. Il accepte de diriger la société familiale avec son frère David. Il s’établit donc à Los Angeles. Brenda, sa nouvelle compagne, semble motiver cette décision.

 

Nate prend goût à sa nouvelle vie. Il s’implique dans l’entreprise et refuse de la vendre malgré des offres alléchantes. Il s’attache à Brenda et semble s’épanouir à ses côtés. Il parvient à contenter David et à trouver sa place.

 

Dès les premiers instants, la relation entre les deux frères se révèle compliquée. Tout semble les opposer : les valeurs, les habitudes, le comportement… Lorsque Nate hérite d’une partie de l’entreprise familiale, David crie au scandale. Les deux personnages entretiennent des rapports orageux. Cela dit, au fur et à mesure, la tension s’apaise et ils se rapprochent.  

 

Nate fait preuve de tolérance et de patience à l’égard de Brenda. Lorsque le torchon brûle et que le malaise s’installe, l’amour ne tarde jamais à les réconcilier. Il paraît évident que c’est ensemble qu’ils doivent affronter les difficultés. Malgré des problèmes passagers, cette relation semble les stabiliser.

 

Nate, personnage tourmenté, trompe souvent les apparences. Ses états d’âme restent longtemps insoupçonnés. Il se responsabilise au fil des épisodes. La complexité de sa relation amoureuse l’affecte. Sa sensibilité prend le pas sur son indifférence factice à plusieurs reprises. Il enquête sur son père et tente de découvrir ses secrets. Il semble regretter de ne pas le connaître davantage.




 

David Fisher

 

David endosse le costume du jeune homme raisonnable, consciencieux et fréquentable. Il se consacre pleinement à Fisher & Sons, l’entreprise familiale. D’ailleurs, il a abandonné ses études afin de seconder son père. Il s’investit dans sa paroisse et semble incarner la bonté.

 

Il faut se méfier des apparences. En dépit de son air amical et conventionnel, David accumule les affres, les douleurs et les erreurs. Incapable de communiquer avec sa famille, il s’écarte peu à peu de ses proches. Il traîne son homosexualité comme un boulet. Il ne s’assume guère. Il aspire à affirmer sa réelle identité, mais culpabilise énormément. Il jalouse Nate, car ce dernier a saccagé les règles en vigueur et la hiérarchie établie. Il refuse de partager son pouvoir.

 

Tiraillé entre la religion et ses orientations sexuelles, empêtré dans une relation conflictuelle avec Keith, David a du mal à sortir la tête de l’eau. Le business familial ne lui facilite pas la tâche. Au contraire. La dureté du travail et la malveillance de certains concurrents le troublent. Lentement, il sombre dans la dépression. Il expérimente la drogue et trahit publiquement ses intimes convictions.

 

Malgré tout, David évolue progressivement. Il se rapproche de Nate. Il se fait violence et commence à s’assumer. Dès lors, le personnage devient plus intéressant et gagne la sympathie du public.

 

Désorienté, David ne semble pas en paix avec lui-même. Il aime la stabilité, mais sa vie le conduit aux turbulences. Il doit révolutionner sa conception du monde afin de s’épanouir réellement.

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Published by Jonathan Fanara - dans Séries télévisées
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commentaires

Nass' 01/05/2009 11:36

Coool, superbe critique. Je comprends mieux pourquoi Dirick a lancé un grand 17 lol Tu me fais penser qu'il faut que je mate cette série qui à l'air vraiment terrible.

Sinon, moi je mate The Wire, une série policière fort portée sur le documentaire, une référence dans le style. Je vais tenter de l'achever quand j'aurai rendu ce putain de mémoire de merde

Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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