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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 21:23

Les larmes de Barack Obama ont relégué son discours au second plan. Si elles témoignent de la compassion éprouvée par le président, elles font surtout écho à une Amérique profondément meurtrie. Le chef d’État s’est rendu sur place, à Newtown, et a une nouvelle fois évoqué la nécessité d’annihiler la violence. Il l’a affirmé : il continuera à travailler avec le Congrès en vue de parvenir à un consensus sur le port d’armes.

 

Mais, contrairement aux discours, les gestes restent timides, péchant clairement par manque d’audace. Il faut dire que le président a toujours été tenu par des impératifs électoraux. À l’aube de son second – et dernier – mandat, il se trouve enfin libéré de toute contrainte. Avec, en ligne de mire, l’opportunité de marquer durablement l’histoire des États-Unis. Pour cela, il devra s’atteler à la régulation des armes à feu. Mais la fascination sans bornes des Américains pour le deuxième amendement et la toute-puissance de la NRA, généreuse pourvoyeuse de fonds électoraux, pourraient bien mener son entreprise à la perte.

 

La NRA, justement : en déversant des millions de dollars pour soutenir des candidats « bienveillants », elle pèse de plus en plus sur les consultations locales et s’attribue un poids politique considérable. Dans le Landerneau, peu d’élus se hasardent à se mesurer à elle. Très critique à l’égard de Barack Obama, elle n’hésitera pas à le discréditer – le décapiter ? – à la moindre occasion. Pour ce faire, elle peut compter sur des arguments auxquels les Américains se montrent sensibles : les emplois dans l’industrie de l’armement, la Constitution, les Pères fondateurs, l’histoire de la nation. Une belle lutte en perspective.

 

Car Barack Obama l’a promis : il soutiendra les mesures visant à interdire les armes d’assaut. Dianne Feinstein, sénatrice démocrate de Californie, en pointe sur la question, ne peut que s’en réjouir. Et Michael Bloomberg, l’influent maire de New York, abonde, lui aussi, dans le même sens. Intarissable sur le sujet, il a d’ailleurs fait de la régulation des armes son cheval de bataille.

 

S’il cherche une source d’inspiration, le président américain pourra toujours se tourner vers John Howard, l’ancien Premier ministre conservateur d’Australie. Après le massacre de Port Arthur, en 1996, ce dernier a opté pour un durcissement drastique des lois : interdiction de certains modèles jugés dangereux, obligation d’enregistrer chaque arme auprès des autorités compétentes, allongement des délais d’attente avant l’acquisition effective… Avec des résultats pour le moins convaincants. Mais l’exemple paraît toutefois difficilement transposable aux États-Unis.

 

Quoi qu’il en soit, avant que l’Amérique ne cicatrise, et pendant que le débat agite la sphère politico-médiatique, espérons au moins que Barack Obama entende les doléances de la presse de gauche, qui l’encourage vivement à – enfin – mettre sur la table un programme législatif courageux. Pour ne plus donner à la folie les outils qui la rendent meurtrière.

 

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Published by Jonathan Fanara - dans Édito
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  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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