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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 05:30

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Pays surréaliste s’il en est, où tout, ou presque, peut arriver, la Belgique joue les équilibristes depuis que les querelles communautaires y ponctuent la vie politique. Certains mettent l’État fédéral dans leurs litanies, tandis que d’autres luttent avec détermination pour une réduction de voilure en faveur des entités fédérées. Quand les uns n’aspirent qu’à des réformes à la marge, les autres rêvent de grand soir institutionnel. C’est dire si le compromis belge marche souvent de pair avec cette fameuse quadrature du cercle.

 

En mai 2014 auront lieu des élections à tout le moins cruciales, à la fois fédérales, régionales et européennes. Le spectre du cataclysme politique va-t-il une nouvelle fois hanter le royaume ?  Et quid alors du scénario du pire, celui d’une crise inextricable ?

 

Un Sud divisé, un Nord sous la coupe d’une N-VA toute-puissante

 

Les premiers résultats viennent de tomber. Au Sud, le PS et le MR se taillent la part du lion et se tiennent dans un mouchoir de poche, tant en Wallonie qu’à Bruxelles. Les autres partis, presque fantoches, se partagent les miettes du gâteau électoral. Très vite, les positions de Charles Michel et Didier Reynders se révèlent incompatibles avec celles défendues par Paul Magnette et Elio Di Rupo. Malgré les injonctions royales, dans les deux camps, les plus dogmatiques refusent la moindre concession, fermant ainsi la porte à tout compromis. Pour peu, on croirait à un dialogue de sourds. Ces dissensions francophones tombent d’autant plus mal que le Nord consacre sans nuance l’hégémonie des autonomistes de la N-VA. Pis, les électeurs flamands sanctionnent sévèrement les partis issus de la majorité sortante : tant le CD&V que l’Open Vld et le SP.A se crashent lourdement, renvoyés à plus de vingt points des hommes de Bart De Wever. L’effet de ciseaux rend plus qu’hypothétique la formation d’un gouvernement fédéral sans les indépendantistes. Personne ne peut envisager d’embarquer sans eux : ni Bruno Tobback, ni Gwendolyn Rutten, et encore moins Wouter Beke. Pour les francophones, l’infortune est d’ailleurs à son comble, puisque la N-VA et le Vlaams Belang décrochent, ensemble, la majorité absolue. Le ciel politique se couvre et la foudre séparatiste menace.

 

Le roi Albert II affaibli

 

Fragilisée par les rumeurs d’abdication, la monarchie peine à mettre de l’ordre dans la maison belge. On perçoit comme une ambiance de fin de règne à Laeken. Les missions royales se multiplient – informateur, éclaireur, explorateur, médiateur, clarificateur, préformateur, etc. –, mais les obstacles ont la peau dure. Alors que certaines langues se délient, les états-majors des différents partis s’attellent désormais aux plans de secours. Les digues menacent de lâcher définitivement. Cela fait maintenant des mois que les négociations patinent : tout, du contenu des réformes à l’agenda à mettre en œuvre, divise francophones et néerlandophones. Pis, ni le PS et le MR, ni même la N-VA et le CD&V, ne parviennent véritablement à faire front commun. Les clivages intestins ajoutent de la cacophonie aux dissensions communautaires. Et Bruxelles, comme à son habitude, fait office de pierre d’achoppement indépassable. La faible marge de manœuvre du roi Albert II, combinée au refus de la N-VA de se prêter au jeu des missions royales, limite considérablement les avancées obtenues. Conséquence : la crise politique perdure et les entités fédérées, davantage promptes à s’entendre pour dégager des majorités, tiennent de facto les rênes du pays.

 

Les marchés financiers ciblent la Belgique

 

Plus Bart De Wever se montre intraitable, plus les problèmes belges paraissent insolubles. Alors que chacun tend désormais à bomber le torse et montrer les muscles, les agences de notation sortent les griffes et dégradent le pays à l’unisson. Même l’Union européenne se gratte la tête et laisse entrevoir des signes d’exaspération. Sans compter que d’anciens champions nationaux, à savoir Herman Van Rompuy et Yves Leterme, tous deux CD&V, égratignent à leur tour les institutions fédérales, respectivement depuis le Conseil européen et l’OCDE. C’est peu dire que la maison brûle. Alors que ses taux d’intérêt commencent à s’envoler, la Belgique s’apparente toujours plus à un canard boiteux. Prise dans la tempête financière, Bruxelles réagit à contretemps et finit par s’embourber jusqu’au cou. Cela suffira-t-il à insuffler un nouvel élan, à aplanir les divergences de vues et à mettre un terme aux blocages purement idéologiques ?  Rien n’est moins sûr.

 

Comment sortir de l’impasse ?

 

Le canard (boiteux) a le bec dans l’eau. Comment y remédier ?  Faut-il poursuivre les missions royales, quitte à les décliner à l’infini ?  Doit-on adresser un ultimatum aux négociateurs afin de presser la mesure ?  Convient-il de prendre acte des blocages et, ce faisant, de réinventer le fédéralisme belge, voire de réduire l’État à une vulgaire coquille vide ?  Ou, au contraire, ne faudrait-il pas plutôt rassembler les dernières bonnes volontés et les mandater en vue d’œuvrer à une réforme cohérente et équilibrée qui permettra de préserver les fondements du modèle actuel ?  Et si la crise bat de nouveau des records de longévité, que faire ?  Reconduire le gouvernement sortant, avec des pouvoirs sensiblement élargis, pour sauver les meubles (et les apparences) ?  Quid alors de la démocratie et des tentations sécessionnistes ?  Beaucoup de questions, peu de réponses...

 

 

Lire aussi :

L’accord fantôme

Flandre : un cordon sanitaire qui s’effiloche

La vérité des urnes


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Published by Jonathan Fanara - dans Politique
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Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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