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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 19:29

Le saviez-vous ?  Depuis le début des années 1970, face au problème structurel du chômage, l’Europe cherche – en vain – la parade. Les chiffres d’Eurostat restent au mieux alarmants : 26 millions de travailleurs sans emploi dans l’Union, soit un taux de chômage de 10,7 % – contre 11,8 % pour la zone euro.

 

Pourquoi ?  Tout pays européen, ou presque, entend faire de la lutte contre le chômage une priorité. Mais, en l’absence de résultats concrets, il ne reste malheureusement que des postures électorales peu en phase avec l’évolution du nombre de demandeurs d’emploi. Car, depuis les années 1970 – avec notamment les chocs pétroliers de 1973 et 1979 –, le chômage frappe durement le continent. Et la multiplication des crises vient contrecarrer tout volontarisme politique. Ainsi, la débâcle financière amorcée en 2007 a largement contribué à dégrader les taux d’emploi européens. Le marché du crédit s’est tendu, puis asséché, tandis que les plans de rigueur ont plombé les comptes publics et freiné une activité économique déjà morose. Pourtant, il n’en va pas de même ailleurs : si le plein-emploi a tout d’une chimère en Europe, les États-Unis et le Japon s’en sortent quant à eux honorablement, avec des taux de chômage respectifs de 7,8 % et 4,1 %. Mais d’où viennent alors ces fortes disparités géographiques ?

 

Il convient d’abord de rappeler que les nations européennes ne sont pas toutes égales face à la crise de l’emploi. L’Autriche, l’Allemagne (grâce notamment aux réformes lancées par Schröder), les Pays-Bas, la Roumanie, la République tchèque ou encore les pays baltes et scandinaves (avec leur modèle de flexicurité) parviennent malgré tout à tirer leur épingle du jeu. L’Irlande, en revanche, a fait le grand saut : érigée en symbole de réussite au début des années 2000, elle a par la suite souffert de la crise financière, minée par la bulle immobilière et la déroute de son secteur bancaire, devenant même une nation d’émigrants. La Hongrie, la Bulgarie, la Slovaquie et tous les pays périphériques se révèlent également gravement touchés. Dans le Sud, les taux de chômage deviennent dantesques : 26,6 % en Espagne, 26 % en Grèce, 16,3 % au Portugal ou encore 14 % à Chypre. Pis encore : les chiffres relatifs aux jeunes demandeurs d’emploi font froid dans le dos – 23,7 % dans l’Union, contre 24,4 % dans la zone euro. Et ces jeunes chômeurs peinent particulièrement en Espagne et en Grèce, avec des taux dépassant la barre hautement symbolique des 50 %. Confrontés à la précarité, ils luttent avec désarroi contre l’exclusion sociale et l’extrême pauvreté. Une situation assurément paradoxale – et franchement désolante – quand on sait le défi économique que représente le vieillissement de la population européenne.

 

En réalité, nos difficultés résident dans une perte de compétitivité considérable face aux concurrents féroces que sont les États-Unis, la Chine, l’Inde, le Brésil, la Corée du Sud ou encore le Japon. À défaut d’un miracle que plus personne n’attend, les institutions et les pays membres de l’Union ne pourront conjurer le sort qu’en améliorant les systèmes éducatifs et de formation, en investissant dans les infrastructures, la recherche et l’innovation, en réformant le marché du travail, en limitant les charges professionnelles, en rehaussant le climat des affaires et, surtout, en encadrant la finance, potentiellement dévastatrice, notamment dans ses périodes d’exubérance irrationnelle – selon les propres termes d’Alan Greenspan, l’ancien patron de la Réserve fédérale américaine. Une refonte qui nécessitera à la fois une vision claire et le courage de la classe politique européenne.

 

Citation. « À la lumière du vieillissement de la population et de la diminution de la main-d’œuvre, qui posent un défi aux fonds de pension dans l'ensemble de l'Union européenne, l'explosion du chômage des jeunes est tout simplement absurde. » – Jacek Krawczyk, vice-président du Comité économique et social européen, lors d'une réunion organisée par la Confédération polonaise des employeurs privés.


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Published by Jonathan Fanara - dans Le saviez-vous
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  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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