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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 09:19

Claude Guéant peut ajouter une nouvelle polémique à son illustre collection. Une nouvelle fois, l’ancien secrétaire général de l’Élysée stigmatise les étrangers, usant d’amalgames trompeurs et capitalisant sur une xénophobie nauséabonde dont il fait régulièrement la promotion. Le sulfureux ministre de l’Intérieur, ambassadeur improvisé des thèses frontistes, contribue ainsi à l’abaissement du débat démocratique et déstabilise la République française en ébranlant ses valeurs fondatrices. Par ailleurs, en sacrifiant sa fonction pour se poser en vulgaire rabatteur de voix, il encourage activement la dépolitisation citoyenne et éveille les pires soupçons à l’égard d’une classe dirigeante déjà fragilisée par une profonde crise de crédibilité.

 

Coutumier des déclarations à l’emporte-pièce, Claude Guéant n’hésite pas à déverser des jugements hâtifs dès que des journalistes daignent lui tendre un micro. Il se montre également loquace dans les cercles fermés, quand la parole peut se libérer de toute contrainte. Ses cibles notoires ?  Les Roumains, les Comoriens et les musulmans. Mais son œuvre ne s’arrête pas là : il légitime la hiérarchisation des civilisations et impute aux allochtones la grande majorité des échecs scolaires. En réalité, alors que son devoir ministériel suppose l’adoption d’une attitude fédératrice, Claude Guéant s’attache à diviser les Français et à discriminer une bonne partie d’entre eux. Ces dérapages incessants s’opposent à l’essence même du rôle que prétend jouer ce proche de Nicolas Sarkozy.

 

Parachuté à l’Intérieur, il a accompli un triste exploit : déshonorer la fonction en quelques mois et l’associer à des débats indigestes. En multipliant les petites phrases et en s’adonnant à la sociologie de comptoir, le ministre arbore une posture fâcheuse et contre-productive, nourricière manifeste des haines les plus primaires. Bénéficiant du soutien infaillible du président, Claude Guéant continue malgré tout d’occuper le terrain traditionnellement dévolu au FN. Et, en marge des considérations purement politiciennes, c’est une France en perdition que l’on jette en pâture. Ce pilonnage en règle des fondements de la République, exclusivement à des fins électorales, relève d’erreurs historiques : saccager les conventions politiques, repousser les frontières de l’inacceptable, succomber à la tentation des extrémismes.

 

 

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Published by Jonathan Fanara - dans Édito
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  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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