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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 15:47

Le Parti républicain aura du mal à s’en remettre. Malgré le marasme économique, le « Grand Old Party » a subi sa deuxième défaite de rang face à Barack Obama. Et c’est tout le microcosme politico-médiatique qui se questionne désormais quant à son avenir. Contre leurs adversaires démocrates, pourtant hautement diabolisés, les républicains ont perdu plus que des plumes. Ils ont dû renoncer aux modérés, aux indécis, aux minorités, aux jeunes, aux homosexuels, aux femmes ou encore aux catégories défavorisées. Un piètre bilan électoral qui confine à la faillite politique. Acculé à droite par une base farouchement conservatrice, le GOP se voit contraint d’adopter des positions propres à s’aliéner la moitié de l’électorat américain. Bousculé par le remuant Tea Party, boudé par une partie du mouvement libertarien, il tente de gagner leur faveur en radicalisant son discours, perdant de vue les inéluctables réalités de la sociologie électorale. Cette droitisation, brouillonne et excessive, repose sur la volonté de répondre aux exigences des plus intransigeants. Une stratégie vouée à l’échec, qui occasionne aujourd’hui une crise idéologique majeure.

 

La radicalisation en marche

 

L’histoire du parti de l’éléphant regorge de débats acharnés. Ainsi, mécontent de la politique menée par les républicains, Theodore Roosevelt opte pour une candidature dissidente en 1912 et se présente contre le président sortant, William H. Taft. L’émiettement des voix permet au démocrate Woodrow Wilson de remporter le scrutin. Dans les années 1940, Robert Taft, le fer de lance des conservateurs, et Thomas Dewey, nominé à deux reprises pour les présidentielles, se livrent une bataille idéologique sans merci. Le mouvement se divise. La frange conservatrice et pro-business se heurte à la résistance des modérés, favorables à certaines mesures du New Deal. Au début des années 1950, le maccarthysme signe un tournant historique, consacrant définitivement l’influence de la droite du Parti républicain. En 1964, la nomination de Barry Goldwater durcit un peu plus le GOP. Le sénateur de l’Arizona se montre clairement hostile aux programmes sociaux et aux droits civiques. Il l’emporte lors des primaires face à Nelson Rockefeller, une grande figure de la cause modérée. La tendance initiée par Goldwater se concrétise en 1980, lorsque Ronald Reagan, l’ancien gouverneur de Californie, accède à la Maison-Blanche. C’est le summum politique des conservateurs. S’ensuivront d’autres virages à droite : la révolution de Newt Gingrich en 1995, le néo-conservatisme de George W. Bush au début des années 2000 ou encore l’émergence récente du Tea Party et du mouvement libertarien. Ces événements – cet aggiornamento ? – ont progressivement mis un terme aux accords bipartisans, pourtant essentiels à la bonne marche des affaires publiques. En outre, ces radicalisations successives ont éloigné le GOP des indépendants et de catégories entières d’électeurs, alors que les États-Unis se diversifient indéniablement, faisant montre d’une population toujours plus composite. Une faiblesse que les évolutions de la sociologie électorale pourraient rendre fatale aux républicains.

 

L’indispensable repositionnement

 

Pour se refaire une santé, le Parti républicain devra convaincre au-delà de ses soutiens traditionnels, à savoir les Blancs, les pratiquants, les ruraux et les plus âgés. Car, s’il ne se réinvente pas, il laissera un boulevard électoral aux démocrates. D’où la nécessité d’apaiser son discours, d’infléchir certaines positions devenues trop dogmatiques, de s’ouvrir à la jeunesse et aux minorités ou encore de révolutionner sa pensée quant aux grands enjeux sociétaux – le mariage pour tous, l’avortement, les changements climatiques. Les défaites de Richard Mourdock et de Todd Akin, deux républicains notoirement opposés à l’IVG, rappellent que les postures outrancières ne paient plus. Le GOP ne peut plus se soustraire à une indispensable refonte idéologique. Il est peut-être temps de redéfinir les positionnements adoptés en vue de remettre le parti en ordre de marche. Et de donner enfin leur chance à des candidats issus des minorités. Marco Rubio ou Susana Martinez n’attendent que cela. La survie du « Grand Old Party » en dépendra assurément.


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Published by Jonathan Fanara - dans International
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  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
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