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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 18:58

Rétablissons d’emblée une double vérité : David Beckham n’a rien d’un philanthrope francophile et la taxe à 75 % relève du simple bon sens. Ceux qui en doutent pourront toujours étudier les montages financiers entourant la venue du joueur anglais à Paris et se dire que l’Europe traverse une crise économique sans précédent. Ces précisions s’avèrent d’autant plus précieuses que certains Français semblent se fourvoyer quelque peu, comme égarés entre des idées préconçues et des plans de communication plus ou moins élaborés. Prêts à gober n’importe quoi ?

 

Remettons un peu d’ordre dans tout cela. L’hebdomadaire Dimanche Ouest-France nous apprend d’abord que le soutien à la taxe de 75 % s’érode progressivement – 47 % des sondés attendent du gouvernement l’abandon du projet. Il convient pourtant de rappeler à ces Français réfractaires que les départs de Gérard Depardieu et Bernard Arnault restent – jusqu’à preuve du contraire – des exceptions et, surtout, qu’une cotisation temporaire de crise résulte de la justice sociale la plus élémentaire. L’État ne peut nullement se confondre avec un voyou dépouillant sans vergogne les plus riches. D’ailleurs, s’il fallait interrompre toute initiative politique à la première menace d’évasion fiscale, les dirigeants devraient alors renoncer à effectuer la moindre réforme.

 

Ensuite, le cas David Beckham. Ce n’est pas un hasard si, quelques jours à peine après l’annonce d’un « Qatargate », l’Anglais pose ses valises au PSG. Et avec le sourire en plus. Les Parisiens peuvent, paraît-il, s’en frotter les mains : il ne touchera qu’un salaire dérisoire, de 2200 € par mois. Pas de quoi affoler un trotskiste donc. Il vient, presque gracieusement, apporter sa pierre royale à l’édifice footballistique. La direction du club le promet : son arrivée est uniquement dictée par un intérêt immodéré pour le projet sportif. Un vaste plan de communication en atteste largement. La vérité ?  Le scepticisme est de mise. Accusés d’avoir acheté la coupe du monde, les Qataris se servent du PSG pour détourner l’attention médiatique. Beckham ?  Un vieux joueur sur le retour qui a flairé le bon coup. Son dossier a été bouclé dans la précipitation. Son salaire ?  Il cherche surtout à contourner l’ISF et une taxation musclée de l’ensemble de ses revenus, évalués – excusez du peu – à 35 millions d’euros par an. En ne signant que pour cinq mois, il échappe d’ailleurs au statut de résident fiscal. Et, qu’on se le dise, le playboy anglais ne perd pas le Nord, puisqu’il bénéficiera tout de même de royalties éléphantesques : 20 % sur les maillots vendus à son nom, soit 22 euros par pièce, pour un total avoisinant potentiellement les deux millions d’euros. Le tout en cinq petits mois. Pas mal pour un philanthrope désintéressé.


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Published by Jonathan Fanara - dans Édito
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  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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