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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 05:42

Le candidat Hollande avait en son temps promis aux Français « une République exemplaire ». Mais, aujourd'hui, face à l'ampleur du scandale Cahuzac, le président Hollande ne peut que le désavouer. L'ancien ministre du Budget s'est en effet fourvoyé dans un raz-de-marée de mensonges grotesques, allant même jusqu’à se poser en victime de rumeurs infondées. Pourtant, sous une pression devenue intenable, il a finalement craché le morceau. Un morceau de choix, particulièrement difficile à avaler pour ses concitoyens. Car il s’avère non seulement coupable d’évasion fiscale, mais aussi, et surtout, de fraude morale. Si ses fameux comptes bancaires secrets, cachés comme le serpent sous l’herbe, ont fait couler tant d'encre, occasionnant une indignation généralisée, c’est bien plus pour les impostures éhontées que pour le manque à gagner du fisc hexagonal. Dès lors, plus personne ne s’étonnera que les Français, tous bords confondus, se défient désormais largement d’un pouvoir public jugé au mieux défaillant.

 

Il faut dire que cette affaire s’inscrit dans un contexte à tout le moins fâcheux. L’ancien président Sarkozy se trouve en effet sur la sellette, mis en examen dans l’affaire Bettencourt, ce qui met sans conteste en saillie un tableau – excessif – de scandales à foison. D’autant plus que le peuple n’a pas la mémoire courte : il garde à l’esprit les années Mitterrand et Chirac, durant lesquelles il régnait comme un parfum d’affairisme. Les suspicions étaient alors monnaie courante. Chaque semaine, ou presque, un bruit de couloir en chassait un autre. À cette époque, la probité et l’intransigeance n’allaient pas forcément de pair. Il y a donc assurément de quoi réveiller de vieux démons.

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’affaire Cahuzac tombe mal pour un François Hollande désarmé, devant en plus faire face à un désamour inédit – tant par sa hâte que par sa vigueur. Souvenez-vous : durant la campagne présidentielle, il se présentait comme un « homme normal », comme celui qui bouterait les corrompus hors des cercles dirigeants. Mais aujourd’hui, à mille lieues des vœux pieux, il ne peut que se rétracter. Son ministre du Budget a sauté, tandis que l’opposition suspecte Bercy et Beauvau de complaisance. Et c’est la République dans son ensemble qui vacille. Elle voit ses ambassadeurs – ministres, députés, sénateurs, élus des collectivités locales, etc. – se brûler les ailes, écornant au passage tant son image que ses symboles et ses principes. Un nouveau cataclysme pour tous les démocrates, las d’attendre une planche de salut propre à sauver les fondements d’un régime en crise.


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Published by Jonathan Fanara - dans Édito
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  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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