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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 12:35

Le Plus/Le Moins est une chronique cinématographique hebdomadaire. Vous y découvrirez, toujours avec concision, le meilleur et le pire de mes (re)découvertes.

 

 

Et cette semaine…

 

Le Plus : Foxfire, confessions d’un gang de filles (2013). C’est l’un des retours les plus attendus du cinéma français. Avec le thriller social Foxfire, tiré d’un roman de Joyce Carol Oates, Laurent Cantet épouse la cause d’un groupe d’adolescentes quelque peu vengeresses, qui se serrent les coudes en vue de raviver la flamme de la révolte. La vie les ayant broyées à plus d’une reprise, elles décident de réagir en conséquence, avec force et détermination. Tour à tour méprisées, insultées et violentées, ces jeunes insoumises vont s’acoquiner avec la colère et fonder ce qui s’apparente toujours plus à une seconde famille, à la fois protectrice et formatrice. Mais ces sommets de complicité et de fraternité, symbolisés par la vie en communauté, déboucheront invariablement sur des pentes savonneuses. C’est au mieux difficile à omettre : le cinéaste français opère une double filiation entre Foxfire et son chef-d’œuvre Entre les murs, primé à Cannes en 2008. Il y a la distribution d’abord, avec sa flopée de comédiens amateurs, et l’étude des effets de groupe ensuite. Deux paris gagnés : le casting s’avère imparable et la trame psychologisante ennoblit l’histoire. Mais Laurent Cantet ne s’arrête pas là. Prenant pour cadre l’Amérique des années 1950, il s’adonne à une reconstitution minutieuse des mœurs de l’époque, privilégiant – comme toujours – l’auteur au réalisateur virtuose. Cela n’empêche en aucun cas Foxfire d’arborer plusieurs plans sublimes, égarés il est vrai au milieu d’un tableau technique plutôt modeste. Quant au récit, il peut se prévaloir d’une double subtilité : la présence d’un narrateur et la rédaction progressive d’un manuscrit portant sur le gang. De quoi relancer l’intérêt alors même que les premières longueurs se font jour et que le manque de souffle romanesque met à mal cet édifice imparfait. Verdict ?  Une petite déception pour tous ceux qui attendaient beaucoup (trop ?) de ce nouveau Laurent Cantet. Mais une œuvre néanmoins solide, parfois même exemplaire et d’une sincérité appréciable. (7/10)

 

Le Moins : Hero (2002). Par moments, le septième art donne dans le paradoxe. C’est ainsi que ses meilleurs maîtres d’œuvre, véritables virtuoses, se trouvent parfois sacrifiés sur l'autel du sens. Une manière de rappeler à tous que la forme ne se suffit jamais à elle-même : elle doit toujours s’appuyer sur un fond cohérent, dense et inébranlable. Avec son film de sabres Hero, le réalisateur chinois Zhang Yimou en fait l’expérience. Par son visuel éblouissant et son script déchu de toute justesse, ce long métrage techniquement superbe se montre à la fois immensément attractif et résolument rebutant. Sans compter que son intrigue à tiroirs semble faire écho à un scénario au mieux tiré par les cheveux, animé par des rebondissements invraisemblables. Et que dire alors de ces innombrables scènes farfelues, où les protagonistes semblent disposer de pouvoirs surnaturels ?  C’est un fait : la crédibilité fait bien trop souvent défaut. Hero se confond en réalité avec ces bolides asiatiques à la carrosserie parfaite, mais sans rien sous le capot. Le casting s’en tire avec les honneurs, l’esthétique se révèle toujours bluffante, mais les ralentis prétentieux, les absurdités scénaristiques et les chorégraphies convenues contaminent ce colosse aux pieds d’argile. D’autant plus que cette histoire d’empire à (ré)unifier et de trahisons multiples pédale quelque peu dans la semoule. Alors, Hero est certes cinégénique, mais il manque assurément de consistance pour s’élever. (6/10)

 

 

Lire aussi :

Le Plus : "L’Homme sans passé" / Le Moins : "28 semaines plus tard" (#11)

Le Plus : "No" / Le Moins : "Les Misérables" (#10)

Le Plus : "La Mort de Dante Lazarescu" / Le Moins : "Les Revenants" (#9)


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Published by Jonathan Fanara - dans Cinéma
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Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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