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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 08:30

Le Plus/Le Moins est une chronique cinématographique hebdomadaire. Vous y découvrirez, toujours avec concision, le meilleur et le pire de mes (re)découvertes.

 

 

Et cette semaine…

 

Le Plus : Frenzy (1972). Si Alfred Hitchcock avait le chic pour sonder l’âme humaine, il se montrait surtout virtuose dans l’art de la mettre en scène au travers d’œuvres bâtardes, toujours à la croisée des genres. Il en va ainsi pour La Mort aux trousses, Psychose, Les Oiseaux ou encore La Corde, des monuments intemporels où la grammaire s’avère aussi intraitable que la photographie. Au même titre qu’un Orson Welles, avec qui il partage le génial Bernard Herrmann, le cinéaste britannique a su traîner son imposante carcasse jusqu’au sommet du septième art. Réalisateur prolifique, maître incontesté du suspense, il verra sa carrière (immense) se solder par quelques morceaux de choix, parmi lesquels figure l’incontournable Frenzy, une sorte de testament cinématographique catalysant toutes ses obsessions. Cet imperturbable thriller convie en effet à son banquet le tueur en série, le misogyne, le policier ou encore le faux coupable. Chargé de toute la mythologie hitchcockienne, de la nourriture aux escaliers, le long métrage, plutôt que de prendre l’intrigue à rebrousse-poil, cristallise les failles humaines dans un envoûtant faisceau narratif. C’est ainsi qu’il contemple avec attention des quidams pour mieux exhumer leur face cachée. Au programme : un ancien pilote de chasse reconverti en barman, bientôt licencié, sans le sou et accusé à tort de meurtre, tandis que le vrai coupable, grossiste en fruits et légumes doublé d’un manipulateur hors pair, se faufile, non sans mal, entre les mailles du filet judiciaire. Comme à son habitude, sans jamais se dévoyer, Hitchcock ennoblit la prise de vue et la photographie, deux attributs techniques d’une réalisation bien rythmée et sans fausse note. Aussi marionnettiste que virtuose, le penseur de Psychose nous mène à la baguette tout en évitant de se montrer péremptoire. Et ne néglige, bien sûr, ni les autoréférences, ni les caméos. Tourné à Londres, délaissant le fantastique (Les Oiseaux) et le politique (L’Étau), Frenzy condense la plupart des thématiques hitchcockiennes dans un sang-mêlé qui cartographie avec brio la communauté humaine. Le dernier classique d’une légende du grand écran. (8/10)

 

frenzy10.png

 

Le Moins : L’Ombre d’un soupçon (1999). On ne compte plus les cinémas qui se désintègrent sous la férule d’un réalisateur perdant peu à peu la main. Quand Sydney Pollack, l’homme à qui l’on doit notamment le délicieux Tootsie, s’attelle à L’Ombre d’un soupçon, il lutte pied à pied avec un script fantoche, frôle l’inanité et badigeonne son film d’un sentimentalisme au mieux saumâtre. De quoi gonfler les rangs des auteurs déchus, ceux qui, une fois au sommet de leur art, ont sauté dans le vide sans parachute. Ils tournent d’abord à tout vent, avant de s’écraser lourdement sur des désillusions asphaltées. Manquant sérieusement d’épaisseur, notamment en raison d’un scénar con(venu) au possible, L’Ombre d’un soupçon, par ses billevesées et litanies, traîne la jambe et perd la face – voire la tête, c’est selon. Moins ambitieux qu’une endive, moins fantaisiste qu’une centrifugeuse en panne, ce drame ploie littéralement sous la morosité et l’académisme. Il faut dire que les deux veufs s’unissant pour débusquer les secrets de leurs conjoints disparus ont peu à nous offrir, si ce n’est un cinéma de pure forme qui semble prendre le Pirée pour un homme. Nul doute que si ce long métrage était un personnage de fiction, il aurait tout du factotum ânonnant dont la main tremble. Enfin, un mot sur le casting : Harrison Ford reste fidèle à lui-même – donc pas exceptionnel –, tandis que Kristin Scott Thomas s’accommode mal au rôle de députée quelque peu écervelée. Un conseil ?  Fuyez cet accident de parcours qui carbure à l’eau de rose. (3/10)

 l-ombre-d-un-soupcon-1999-567192.jpg

 

 

Lire aussi :

Le Plus : "Les Promesses de l’ombre" / Le Moins : "Very Bad Trip 3" (#17)

Le Plus : "eXistenZ" / Le Moins : "Des hommes d’influence" (#16)

Le Plus : "Funny Games" / Le Moins : "Funny Games U.S." (#15)

 

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Published by Jonathan Fanara - dans Cinéma
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Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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