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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 17:03

Le Plus/Le Moins est une chronique cinématographique hebdomadaire. Vous y découvrirez, toujours avec concision, le meilleur et le pire de mes (re)découvertes.

 

 

Et cette semaine…

 

Le Plus : Hunger (2008). Quand il décide de délaisser l’art contemporain pour se consacrer au cinéma, Steve McQueen se doute forcément que beaucoup l’attendront au tournant. Mais, à ceux-là, il adresse un pied de nez remarqué en entamant sa carrière de cinéaste sur les chapeaux de roues, faisant de Hunger, son premier essai, une œuvre hyper-maîtrisée, dotée de surcroît d’une beauté plastique à couper le souffle. Rappelez-vous : l’ovni Shame, sorti en 2011, faisait la part belle à la sexualité débridée et observait sans réserve les désirs incontrôlés. Hunger, bien qu’il s’inscrive dans un registre tout à fait différent, se révèle au moins aussi explosif, et encore davantage subversif. Dépeignant froidement les conditions de détention des prisonniers politiques de l’IRA, revenant sans ambages sur leurs revendications, Steve McQueen témoigne surtout de leur désarroi, par le biais de plans-séquences minutieusement calibrés, souvent filmés au moyen d’une caméra fixe. Porté par l’impeccable Michael Fassbender – un futur géant du septième art –, Hunger étudie l’expression des corps, leurs limites, leurs séquelles. C’est ainsi que la grève de la faim orchestrée par les détenus prend une ampleur dramatique presque insoutenable. Ce long métrage, malgré un caractère taiseux assumé, en dit long sur les combats politiques qui ont agité la Grande-Bretagne dans les années 1980. Techniquement époustouflant, il se démarque par une photographie somptueuse, un cadrage millimétré et des séquences relevant sans conteste du travail d’orfèvre. Un coup de maître à la fois éprouvant et stimulant, qui place définitivement Steve McQueen parmi les grands espoirs du cinéma, aux côtés des excellents Jeff Nichols, Ben Affleck, Andrew Dominik ou encore Derek Cianfrance. (9/10)

 

Le Moins : Die Hard : Belle journée pour mourir (2013). Si la saga Die Hard a dans un premier temps révolutionné le film d’action, elle a fini par sombrer dans le n’importe quoi le plus absolu. En cela, elle se montre révélatrice de la fumisterie de toutes ces suites hollywoodiennes « bankables » totalement dépourvues d’idées porteuses. Le dernier volet en date, réalisé par le très rentre-dedans John Moore, laissait franchement présager le pire. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il tient toutes ses promesses. D’une médiocrité comparable à celle d’un Max Payne – du même cinéaste ! –, il met l’humour à la diète, comme pour signifier qu’il se prend au sérieux, ce que tout spectateur doté d’une once de raison considérera en toute logique comme de la pure folie. Le vieillissant Bruce Willis, peu convaincant, doit composer avec un scénario creux où les incohérences pullulent, une sorte de florilège des intrigues les plus pathétiques jamais portées au cinéma. Ni son overdose de cascades gratuites, ni ses effets spéciaux numériques bas de gamme, pas plus que sa photographie bleuette indigeste, ne sauveront ce lamentable Die Hard de la déroute. De cette vulgaire série B bodybuildée, il ne restera finalement qu’une surabondance de clichés, un sentimentalisme triomphant et une dose éléphantesque d’inintelligence. (2/10)

 

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Published by Jonathan Fanara - dans Cinéma
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Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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