Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 16:24

Le Plus/Le Moins est une chronique cinématographique hebdomadaire. Vous y découvrirez, toujours avec concision, le meilleur et le pire de mes (re)découvertes.

 

 

Et cette semaine…

 

Le Plus : La Mort de Dante Lazarescu (2005). Auréolé du Bayard d’Or à l’occasion du dernier FIFF de Namur, Radu Jude y a illustré toute la vitalité du cinéma roumain. Avant lui, des réalisateurs comme Tudor Giurgiu ou Cristian Mungiu avaient déjà marqué les esprits avec des productions de premier choix. Autre maître d’œuvre local : Cristi Puiu, à qui l’on doit notamment l’excellent conte social La Mort de Dante Lazarescu. Sa principale force ?  Filmer en temps réel, avec brio, les déboires d’un vieillard alcoolique livré à lui-même. Pris de céphalées et de douleurs abdominales, le vieux Dante découvre bien malgré lui les joies du système hospitalier. Mais tout cela n’est qu’un prétexte à l’analyse clinique de la Roumanie post-Ceausescu, à la radiographie de l’âme humaine dans toutes ses déclinaisons. D’une densité remarquable, ce joyau brut semble se moquer de la photographie comme d’une déclaration papale. Peut-être parce que son scénario se révèle assez malin et touffu pour nous tenir en haleine pendant les 150 minutes d’un voyage étonnant, nous plongeant au cœur d’une société affectée par la solitude, le manque de communication et le mépris. En quelques mots : un drame social parfois bouleversant, qui n’hésite jamais à étendre sa réflexion. (8/10)

 

Le Moins : Les Revenants (2004). Robin Campillo est un homme de métier. Compagnon de route de Laurent Cantet – le meilleur réalisateur français contemporain ? –, il prend en charge l’écriture de plusieurs de ses films et fait rapidement office de monteur attitré, œuvrant notamment sur l’imparable Entre les murs, primé à Cannes en 2008. Et il ne s’arrête pas là : il endosse la casquette de cinéaste en 2004, avec un ovni atmosphérique nommé Les Revenants. Ce long métrage inclassable, sans égal dans l’industrie hexagonale, s’acoquine à un genre, le fantastique minimaliste, trop rarement exploité. Alors que les morts reviennent à la vie partout dans le monde, Robin Campillo choisit de prendre une ville française pour cadre, étudiant les réactions induites par le retour inattendu de personnes récemment décédées. Au programme : une société contrainte de se réorganiser à la hâte, chapeautée par des mesures politiques incertaines, devant faire face à toutes sortes de contrecoups psychologiques. Le hic, c’est que la réalisation, bien que soignée, se montre désespérément atone. Il ne se passe rien, ou presque, dans ce coin de France où les gens paraissent comme apathiques, voire anesthésiés. Résultat : si la technique est bel et bien au rendez-vous, ce contemplatif Les Revenants tombe en revanche avec maladresse dans le piège des longueurs indésirables et des fautes de rythme. Car si l’on apprécie la tonalité générale, ainsi que quelques bonnes idées, on ne peut par contre que regretter l’absence de tout enjeu dramatique propre à secouer un cocotier finalement peu fructueux. (6/10)

 

 

Lire aussi :

Le Plus : "Rengaine" / Le Moins : "Plan 9 from Outer Space" (#8)

Le Plus : "À bord du Darjeeling Limited" / Le Moins : "Le Dernier Rempart" (#7)

Le Plus : "The Man from Earth" / Le Moins : "Antichrist" (#6)


Partager cet article

Repost 0
Published by Jonathan Fanara - dans Cinéma
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

Recherche