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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 09:29

Le Plus/Le Moins est une chronique cinématographique hebdomadaire. Vous y découvrirez, toujours avec concision, le meilleur et le pire de mes (re)découvertes.

 

 

Et cette semaine…

 

Le Plus : No (2012). Disons-le d’emblée : plus qu’un film, No est une vertigineuse plongée au cœur du Chili du général Pinochet, un dictateur implacable, opportunément appuyé par certaines puissances occidentales, les États-Unis en tête. Marchant constamment dans les pas du meilleur cinéma historique, ce chef-d’œuvre signé Pablo Larraín peut se prévaloir d’une sagacité peu commune. Il fait foisonner les sujets de réflexion, attirant le regard, avec justesse, sur ces faits édifiants que l’esprit humain tend à gommer trop rapidement. Mieux encore, il jauge superbement la communication politique, devenue toute-puissante, progressivement mise en scène comme un personnage à part entière. Techniquement, Pablo Larraín opte pour des images uniformisées, cachetées VHS, permettant ainsi aux archives et aux séquences fictionnelles de se confondre. Conséquence directe : la photographie laisse quelque peu à désirer, les couleurs ternes rétrécissant considérablement le champ plastique exploitable. Mais cela n’affecte nullement un long métrage en tout point ingénieux. Le script, quant à lui, a tout du colosse imperturbable : si la campagne référendaire de l’opposition chilienne trace tranquillement une intrigue politique fascinante, elle sert également de prétexte au portrait d’une société profondément divisée, où l’intérêt individuel prime souvent le collectif. Nul doute en tout cas que les cinéphiles se souviendront de No comme de l’une des œuvres les plus abouties de l’année 2012, une authentique claque, magnifiée par la performance de Gael García Bernal, comédien impénétrable et hyper-talentueux. (9/10)

 

Le Moins : Les Misérables (2012). Que l’on se nomme Tom Hooper ou non, remettre le pied à l’étrier après un succès retentissant s’avère toujours complexe. Et lorsque ce succès n’est autre qu’un mastodonte quadruplement oscarisé (Le Discours d’un roi), la tâche se révèle encore plus ardue. Cerise sur le gâteau, Les Misérables, le successeur désigné, a tout de l’exercice casse-gueule : un concept propre à rebuter le public, des vedettes attendues au tournant et une inspiration littéraire adulée par les amoureux de lettres. Malgré cela, personne, ou presque, ne doutait du cinéaste britannique, jugé suffisamment virtuose pour mener à bien ce projet fou. Seulement voilà : il ne faut pas plus de dix minutes pour comprendre que les œufs sur lesquels il marche ont craqué. Car Tom Hooper se contente de faire des pirouettes avec sa caméra, s’adonnant volontiers au cadrage parkinsonien et au montage « clipesque », le tout en adoptant des plans serrés qui privent le public des somptueux décors. Résultat : toute notre attention se concentre sur un défilé de stars poussant maladroitement la chansonnette. Des prestations qui relèvent souvent du calvaire auditif. Et comme rien ne nous est épargné, cette réalisation tremblotante et sans idées dégouline de prétention. Au final, si Hugh Jackman et Anne Hathaway s’en tirent à bon compte et si quelques scènes époustouflantes laissent entrevoir ce que Les Misérables aurait pu être, il n’en reste pas moins qu’une bonne moitié de cette interminable bizarrerie est, au mieux, à jeter aux orties. (5/10)

 

 

Lire aussi :

Le Plus : "La Mort de Dante Lazarescu" / Le Moins : "Les Revenants" (#9)

Le Plus : "Rengaine" / Le Moins : "Plan 9 from Outer Space" (#8)

Le Plus : "À bord du Darjeeling Limited" / Le Moins : "Le Dernier Rempart" (#7)

 

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Published by Jonathan Fanara - dans Cinéma
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Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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