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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 19:00

Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a entamé un flirt décomplexé avec le Front national de Marine Le Pen. Surfant sur la vague frontiste, il a cherché à recycler des thèmes chers à l’extrême droite, à des fins électorales. Le contrecoup de cette posture de campagne a été double : la parole lepéniste s’est libérée et crédibilisée.

 

Aujourd’hui, alors que la bataille des élections législatives bat son plein, l’UMP a arrêté sa ligne officielle : ne jamais prendre parti ni pour le PS, ni pour le FN. La signature de l’acte de décès du front républicain ?  Et, pour enfoncer le clou, Nadine Morano, ancienne ministre, emblème du sarkozysme, accorde une interview à l’hebdomadaire Minute, bien connu des milieux d’extrême droite. Un numéro de charme à l’adresse des électeurs de Marine Le Pen, au cours duquel elle évoque notamment des « valeurs communes ». D’autres s’en inspirent déjà.

 

La stratégie de l’UMP s’avère d’une simplicité enfantine : elle consiste à se rapprocher progressivement du FN, en adoptant la politique des petits pas. Et, pour ce faire, tous les procédés peuvent être mis en œuvre. On affirme que l’extrême droite tire sa légitimité du vote populaire et qu’elle mérite par conséquent toute l’attention qui lui est portée. On se sert de sa légalité républicaine pour la gratifier d’une respectabilité intéressée. Et, surtout, on multiplie dangereusement les amalgames, feignant de confondre Front national et Front de gauche – ce qui relève de la faute politique. Cela permet bien sûr à la droite de gouvernement de justifier la décision du « ni-ni ».

 

Ainsi, l’UMP évite de mécontenter des sympathisants largement favorables à l’entente des droites. Elle apaise les tensions entre ses membres, qui s’écharpent régulièrement sur la question des alliances. Elle tente par ailleurs de mettre à mal le PS. Car faire barrage à la gauche prime désormais les intérêts de la République. Enfin, elle flatte clairement des électeurs frontistes qui pourraient un jour venir gonfler ses rangs. Et, pendant que les basses manœuvres pullulent, le mur républicain continue de se fissurer. Prenez garde : un flirt imprudent annonce parfois un mariage compliqué.

 

 

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Published by Jonathan Fanara - dans Édito
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  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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