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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 05:46

C’est l’histoire d’une ministre, Cécile Duflot, qui enfile de gros sabots et pénètre dans un magasin de porcelaine. Ainsi présenté, le psychodrame qui se joue actuellement au gouvernement prêterait presque à sourire. Pourtant, l’heure est bel et bien aux mines défaites et aux manœuvres dilatoires. Car, quoi qu’en disent les porte-parole et communicants autoproclamés, le corps socialiste semble définitivement rejeter la greffe EELV. Il y a comme une sorte d’incompatibilité génétique entre un PS autosuffisant et des écologistes plus que jamais tenus en laisse, réduits aux réprobations stériles, non suivies d’effets.

 

La coalition au pouvoir est-elle pour autant au bord de la rupture ?  Personne ne peut l’affirmer avec certitude. D’abord parce que ce divorce maintes fois annoncé a tout d’une tarte à la crème médiatique. Ensuite, et surtout, parce qu’il ne faudrait pas sous-estimer le magnétisme d’un strapontin. Tout se tient : si les cadres d’EELV aboient depuis plus d’un an, ils n’ont encore jamais mordu. Les charges ont beau être violentes, la photo de classe n’en demeure pas moins inchangée, comme figée dans le temps. Bref, les coups de gueule passent, les ministres restent.

 

Oui, mais… Cette fois, Cécile Duflot a peut-être franchi le Rubicon. En invoquant un « pacte républicain » menacé par Manuel Valls, elle a sans conteste hypothéqué sa participation – et son soutien – au gouvernement. Comment en effet justifier sa présence dans l’exécutif, aux côtés de François Hollande et Jean-Marc Ayrault, alors qu’ils ont clairement et sans réserve aucune validé la ligne défendue par leur ministre de l’Intérieur, celle-là même qui mettrait en péril la République ?  Par souci de cohérence – de crédibilité ? –, la ministre du Logement devrait tirer toutes les conséquences de sa sortie pour le moins intempestive.

 

« En 2013, une ministre, ça agit, ça ouvre sa gueule et ça ne démissionne pas », avait-elle récemment osé, réitérant ainsi son désir d’œuvrer à la bonne marche des affaires publiques en dépit des frictions et des divergences d’idées. En dégoupillant la grenade du « pacte républicain », l’ancienne secrétaire nationale d’EELV ne pourra décemment plus s’en tenir à ce piètre jeu d’équilibriste. Sous peine de se voir réduite à l’étiquette peu flatteuse d’opportuniste.

 

 

Lire aussi :

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Published by Jonathan Fanara - dans Édito Politique
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  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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