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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 19:09

Le Plus/Le Moins est une chronique cinématographique hebdomadaire. Vous y découvrirez, toujours avec concision, le meilleur et le pire de mes (re)découvertes.

 

 

Et cette semaine…

 

Le Plus : Pas de printemps pour Marnie (1964). Longtemps considéré comme un Hitchcock mineur, Pas de printemps pour Marnie a dû attendre la mort de son maître d’œuvre pour révéler tous ses atouts. S’il ne peut prétendre au titre hautement convoité de joyau de la couronne, il épouse en revanche un propos incisif et parvient presque à un sans-faute narratif. Bercé par une partition grandiose signée Bernard Herrmann, ce long métrage touche-à-tout réunit l’irréprochable Tippi Hedren et l’imperturbable Sean Connery pour un jeu de manipulations mutuelles. Dans cette monographie du mal d’amour maternel et des blessures enfouies, le cinéaste britannique effectue avec maestria le grand écart entre son (fameux) MacGuffin – le vol d’argent – et la thématique multidimensionnelle de la violence, tour à tour physique, morale et familiale. Entaillé par plusieurs failles visuelles, notamment au niveau des décors, Pas de printemps pour Marnie se pose avant tout en portrait psychologique glacé des rapports parents-enfants. Film à substance, à mille lieues des divertissements pop-corn, il raconte l’enfer quotidien d’une femme handicapée par des plaies intérieures, profondes et jamais cicatrisées. C’est d’ailleurs dans cette optique que les interrogations abondent. Et si les vols constituaient en fait une échappatoire, une sorte de mécanisme de défense ?  Jusqu’où peut-on attribuer l’immunisation de Marnie contre les relations amoureuses à son enfance tourmentée ?  Et, comme toujours avec Alfred Hitchcock, dès que la réalisation monte au front, la messe est dite. Jugez plutôt : un cadrage millimétré, des visions subjectives édifiantes, des prises de vues singulières ou encore un montage implacable donnant de la hauteur à la narration. On sent indéniablement la patte d’un virtuose rompu à l’exercice cinématographique. Au fond, que demander de plus ?  (8/10)

 

Le Moins : Greenberg (2010). Noah Baumbach n’est pas le premier venu. Il peut même se targuer d’avoir fait ses gammes, en tant que scénariste, aux côtés de l’incontournable Wes Anderson, cinéaste encensé s’il en est. Alors, forcément, quand il prend le parti de dresser le portrait d’un mec paumé en pleine quête identitaire, incarné par un Ben Stiller des grands jours, d’aucuns pensent à une émanation burlesque du meilleur cinéma indépendant. C’est peu dire que ceux-là vont rester le bec dans l’eau. Certes, le réalisateur américain plante sa tente à mi-chemin de la comédie et du film d’auteur, cherchant par là à mettre sur pied une fable moderne portant, entre autres, sur l’accomplissement personnel et le désœuvrement. Certes, le scénar vaut bien son pesant de promesses – un quadragénaire revendiquant son droit à l’oisiveté entame une relation compliquée avec une femme assez peu équilibrée. Mais Greenberg peine toutefois à dépasser le stade (primaire) de la sous-réflexion. Car, malgré ses bons mots et la performance quatre étoiles d’un Ben Stiller métamorphosé, il ne parvient jamais vraiment à s’extirper du nid de lieux communs dans lequel il s’est lâchement fourré. On assiste donc, au final, à l’union improbable, battant l’air et brassant le vent, de deux désespoirs qui ne disent pas leur nom. Si l’on retiendra bien sûr quelques moments savoureux – les lettres de doléances quasi journalières, le choc générationnel ressenti lors d’une soirée où cocaïne et alcool ont pignon sur rue –, on ne peut par contre que rester sur notre faim devant cette réalisation académique de facture moyenne et ce script aux multiples défauts de forme. N’est pas Stephen Chbosky qui veut. (6/10)

 

 

Lire aussi :

Le Plus : "Sang pour sang" / Le Moins : "Last Days" (#19)

Le Plus : "Frenzy" / Le Moins : "L’Ombre d’un soupçon" (#18)

Le Plus : "Les Promesses de l’ombre" / Le Moins : "Very Bad Trip 3" (#17)

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Published by Jonathan Fanara - dans Cinéma
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Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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