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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 22:03

Le Plus/Le Moins est une chronique cinématographique hebdomadaire. Vous y découvrirez, toujours avec concision, le meilleur et le pire de mes (re)découvertes.

 

 

Et cette semaine…

 

Le Plus : The Bay (2012). Quel est le point commun entre Barry Levinson, Clint Eastwood, Brian De Palma et Robert Redford ?  Au-delà de leur filmographie à rallonge, aucun d’entre eux ne se lasse de titiller la caméra, malgré un âge avancé. Mieux, ils parviennent encore à surprendre, alors même que leur œuvre a été examinée sous toutes les coutures. Le vieux roublard Levinson a d’ailleurs attendu l’année 2012 et son anxiogène The Bay pour tenter une première incursion dans le found footage. Un authentique exercice de style, qui donne à voir un thriller apocalyptique mâtiné d’épouvante, un long métrage à budget serré prenant la forme d’un documentaire alarmiste. Le sujet ?  La propagation d’une épidémie mortelle dans une petite ville côtière états-unienne. Le traitement ?  Du sang, des cris et des larmes. Habilement séquencé, distillant une tension permanente, ce film de genre n’est pas sans rappeler le désastre écologique annoncé de longue date. Et si le vert est assurément sa couleur, c’est avant tout parce que The Bay nous ressort volontiers quelques vieilles lunes environnementalistes usées jusqu’à la trame. Des lieux communs qui trahissent d’emblée la nonchalance d’un scénario d’envergure restreinte. Mais ne crachons pas pour autant dans la soupe. Car, fort heureusement, le cinéaste américain se rattrappe largement avec son montage chronologique, imprimant un rythme débridé tenant, pour le coup, toutes ses promesses. Une narration exaltée, savamment construite, qui se trouve sans nul doute à l’origine de cette réussite modérée. (7/10)

 

Le Moins : Passion (2012). On ne présente plus Brian De Palma. De Scarface (1983) à Mission : Impossible (1996), de Phantom of the Paradise (1974) aux Incorruptibles (1987), l’Américain a marqué de son sceau – inimitable – l’histoire du septième art. Figure de proue du « nouvel Hollywood », il fait partie de ces réalisateurs qui, au cours des années 1970, déconstruisent les conventions classiques tout en s’inspirant du néoréalisme italien et de la Nouvelle Vague française. C’est ainsi que s’émancipera une génération entière de cinéastes, parmi lesquels Steven Spielberg, Martin Scorsese ou Francis Ford Coppola – excusez du peu !  Mais, comme une fleur qui fane, l’aura de ces artisans du renouveau s’étiole à mesure que les années passent. Dernière preuve en date : Passion, qui met aux prises deux personnalités opposées, s’efforçant de se vampiriser mutuellement. D’un côté, la capricieuse et glaciale directrice d’un grand groupe de communication (Rachel McAdams) ; de l’autre, une discrète responsable de la publicité, d’abord fascinée par le magnétisme de sa patronne, avant de se rebiffer avec violence (Noomi Rapace). Pour les départager, quelques faux-semblants et beaucoup de manipulation. Si le programme se veut alléchant, les ficelles se révèlent en revanche plus épaisses qu’un saucisson brioché : Brian De Palma entend clairement revendiquer une filiation créative avec… Alfred Hitchcock et David Lynch. Tout sauf des manchots, donc. Le hic, c’est que sous ses airs contemporains, Passion recycle avec peine toutes les obsessions de son maître d’œuvre. Déjà déforcé par une distribution imparfaite, il s’entortille en outre dans des intrigues capillotractées. Pis, alors même que De Palma s’échine à sublimer instinct de survie et égocentrisme, aidé en cela par le virtuose José Luis Alcaine (chef op de Pedro Almodóvar), il se laisse déborder par son propos et achève son remake avec de gros sabots pour le moins indiscrets. De quoi vicier avec maladresse une œuvre pourtant prometteuse. Alors, bien que Passion soit techniquement au point, il ne peut échapper à la dérive d’un cinéaste en mal d’inspiration. Peut-être faut-il y voir le signe de l’ivresse des certitudes et du rachitisme des idées ?  (5/10)

 

 

Lire aussi :

Le Plus : "Super Cash Me" / Le Moins : "Pacific Rim" (#23)

Le Plus : "Mud" / Le Moins : "Spring Breakers" (#22)

Le Plus : "Trainspotting" / Le Moins : "World War Z" (#21)

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Published by Jonathan Fanara - dans Cinéma
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  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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