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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 05:50

Dépasser les réticences et tracer les frontières d’une entente nouvelle. Voilà à quoi devait s’atteler Barack Obama au lendemain de son élection à la présidence des États-Unis. La politique du « reset », annoncée en grande pompe, était alors sur toutes les lèvres. D’aucuns voyaient déjà les Russes et les Américains se tendre à nouveau la main et épouser – enfin – des causes communes. Mais c’était sans compter sur une poignée d’événements fâcheux, qui ont annihilé les bonnes volontés à mesure qu’ils faisaient l’actualité.

 

Le bloc de l’Est et le « monde libre »

 

À peine la conférence de Yalta achevée que l’URSS et les États-Unis se regardent déjà en chiens de faïence. Par la seule négociation, Joseph Staline, plus que jamais en position de force, parvient à pérenniser et étendre sa zone d’influence, coupant de fait l’Europe en deux blocs bien distincts. Ce sont les balbutiements de la guerre froide, durant laquelle les deux superpuissances se livrent une bataille idéologique sans merci, alternant les périodes de tension et de détente pendant à peu près un demi-siècle. La chute du mur de Berlin et le déclin du pacte de Varsovie sonneront le glas de l’empire soviétique et, par voie de conséquence, mettront un terme au paradigme bipolaire. Une page se tourne, alors même que s’ouvre le chapitre de la pacification. Mais jusqu’à quand ?

 

De la Syrie à Edward Snowden, une relation parasitée

 

C’est peu dire que le torchon brûle actuellement entre Washington et Moscou. Et tandis que les pommes de discorde se succèdent avec une régularité de métronome, le Kremlin joue à fond la carte de la provocation. Il en va notamment ainsi de l’interdiction faite aux Américains d’adopter des enfants russes, de la législation sanctionnant la « propagande homosexuelle » devant mineurs ou encore de l’obligation pour les ONG percevant des financements extérieurs de s’enregistrer comme « agents de l’étranger ». Pis, l’inimitié que se vouent aujourd’hui Barack Obama et Vladimir Poutine tend à parasiter un peu plus des relations bilatérales déjà fragilisées par l’histoire. Dernier exemple en date : le président américain n’a pas hésité à poser un lapin à son homologue russe, motivant le boycott d’un sommet commun en des termes assassins. Derrière les postures et circonvolutions de circonstance se cachent invariablement les stigmates de deux « affaires » à tout le moins retentissantes, la Syrie et Edward Snowden. Tandis que les positions demeurent inconciliables sur la réponse à apporter à la guerre civile qui secoue actuellement Damas, le cas de l’agent dissident, auteur des révélations sur les programmes d’espionnage américains, relève quant à lui du casus belli diplomatique. Moscou a en effet décidé d’accorder l’asile politique temporaire à l’homme le plus recherché des États-Unis. De quoi échauffer les esprits et attiser les rancœurs. Alors même que les deux parties semblaient se rapprocher à l’occasion du drame de Boston, le scandale frappant la NSA et les divergences de vues sur le régime de Bachar al-Assad viennent donner un nouveau souffle à la défiance réciproque.

 

Pourquoi les positions risquent (encore) de se radicaliser

 

Si les autorités russes et américaines se cherchent des crosses, c’est avant tout parce qu’elles se voient contraintes de se plier à un inconfortable jeu d’équilibriste. Mis à mal par une opposition acharnée, enchaînant les mauvaises séquences – port d’armes, attaque de Benghazi, scandale des écoutes –, Barack Obama est plus que jamais sur le pied de guerre, prêt à faire feu de tout bois. Alors, le président démocrate, en toute logique, est désormais tenté de passer à l’offensive sur la scène internationale en vue de redorer quelque peu son blason. C’est la raison pour laquelle il ne devrait pas céder d’un pouce face à un Vladimir Poutine sans concession, qui aspire à réaffirmer son leadership en jouant sa propre partition. Des postures de toute évidence hautement antagoniques, propres à enclencher une mécanique renvoyant sans détour à la guerre froide.

 

 

Lire aussi :

Les armes aux États-Unis – LSV #6

Tiananmen, 1989 : la Chine ébranlée

Turquie : trois points pour comprendre Taksim

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Published by Jonathan Fanara - dans International
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OmniTech Support Reviews 23/09/2014 14:28

I never have understood the policy of America. They are still trying to pretend as the World police. Their upper hand on the global power has come to end and still they are trying to get back there. In that desperation, they are destroying peace in so many lands.

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  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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