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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 22:12

Depuis 1992, les partis flamands de gouvernement sont appelés à respecter un cordon sanitaire visant à exclure le Vlaams Belang – et, plus généralement, l’ensemble des formations d’extrême droite – de toute participation à des majorités politiques, quel que soit le niveau de pouvoir. Ce principe de gouvernance, régulièrement sujet à controverses, a pour vocation de tenir à l’écart des sphères dirigeantes les mouvements incompatibles avec la démocratie. Voilà pour la théorie.

 

La pratique, en revanche, présente bien des nuances. Après les dernières élections communales, les négociations de rigueur ont vu le cordon sanitaire s’effilocher peu à peu. Et le premier à dégainer aura été le sénateur CD&V Rik Torfs, estimant que cette mise en quarantaine forcée de l’extrême droite a favorisé l’essor de Bart De Wever. Il s’agirait en réalité, selon lui, d’une erreur politique de taille, ayant engendré de nombreuses frustrations au sein du mouvement nationaliste flamand. Mais, au-delà des opinions personnelles, un constat – au mieux insupportable – polarise les attentions : une demi-douzaine de communes du Nord ont déjà rompu de facto l’accord de gouvernance qui prévalait jusque-là. Là-bas, les partis traditionnels ont ouvert la voie à l’élection de membres du Vlaams Belang dans des conseils de police ou de CPAS, mettant ainsi un terme à l’infaillibilité du cordon sanitaire. Et, pour couronner le tout, les interminables tractations à Denderleeuw portant sur la formation d’une coalition communale laissent présager le pire, à savoir un Vlaams Belang dans le rôle d’arbitre, voire de faiseur de rois.

 

Il faudra en tout cas une bonne dose de pédagogie pour expliquer aux électeurs les raisons qui ont présidé à l’effondrement du « front démocratique » flamand, en vigueur depuis vingt ans. Alors que les Belges se défient déjà majoritairement du monde politique, cet arrimage très opportuniste aux éléments du Vlaams Belang risque de coûter cher aux partis traditionnels du Nord. Il s’inscrit à l’encontre de tous les discours tenus jusqu’à présent et porte en lui les germes d’une dédiabolisation peu recommandable, surtout en période de crise socioéconomique. Que dirait-on en Flandre si, demain, la CDU d’Angela Merkel décidait de s’allier aux néo-nazis ?  Poser la question, c’est déjà y répondre.


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Published by Jonathan Fanara - dans Édito
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  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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