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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 06:33

Fidèle à ses habitudes, la Chine est jusqu’à présent restée sourde et muette sur la question ukrainienne. Se refusant à intervenir dans les crises internationales, Pékin se met volontairement à l’écart, se contentant pour l’heure d’observer et de jauger les forces en présence. L’Europe de l’Est ne constituant qu’un partenaire commercial marginal, l’Empire du Milieu estime avoir tout intérêt, dans ce dossier, à avancer avec une prudence de Sioux. À en croire les postures officielles, mieux vaudrait ainsi, pour les hommes de Xi Jinping, opter pour l’ombre plutôt que la lumière.

 

Conscient des enjeux, le pouvoir chinois espère sans doute voir les Américains s’engager davantage encore dans le bourbier ukrainien et, pourquoi pas, y laisser quelques plumes au passage. Non seulement cela impacterait négativement leurs positions dans le Pacifique, déjà chancelantes, mais les États-Unis apparaîtraient en outre comme un gendarme autoproclamé, inapte à résoudre les crises qui surviennent aux quatre coins du globe. Dans pareil cas, nul doute que Pékin se frotterait allégrement les mains.

 

Mais la Chine ne néglige pas pour autant ses préoccupations intérieures. Clamer les louanges du mouvement ukrainien pro-occidental Euromaïdan serait revenu à tourner le dos aux Russes et, surtout, à légitimer les manifestations publiques. Une alternative politique inconcevable dans un pays qui craint les troubles sociaux comme la peste et qui cherche à préserver coûte que coûte sa relation privilégiée avec Moscou.

 

D’autre part, on ne saurait nier l’évidence : ce qui se passe actuellement en Crimée fait figure de test grandeur nature pour un pouvoir communiste qui aspire toujours à la réunification et rêve d’un Taiwan sous la forme d’une simple province assujettie au gouvernement central. C’est ainsi que l’action russe, agressive sans être sanguinaire, fournit insidieusement à tous une méthodologie déjà éprouvée, susceptible d’être reproduite partout, et notamment dans l’espoir de faire rentrer les autorités taïwanaises dans le rang, c’est-à-dire dans le giron national.

 

 

Lire aussi :

Tiananmen, 1989 : la Chine ébranlée

Turquie : trois points pour comprendre Taksim

Révolution en Syrie : deux tableaux parallèles

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Published by Jonathan Fanara - dans International
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  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
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