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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 14:26

Le travail concerne la première saison.

 

 

Six Feet Under

Six pieds sous terre

2001-2005 – 5 saisons – 63 épisodes 

Créé par Alan Ball

Genre : Drame, Comédie  

Format : 42’ 

Nationalité : Américaine

Avec Peter Krause (Nate Fisher), Michael C. Hall (David Fisher), Frances Conroy (Ruth Fisher), Lauren Ambrose (Claire Fisher), Freddy Rodriguez (Federico Diaz), Rachel Griffiths (Brenda Chenowith)

 

 

Synopsis général
 

Alors qu’un réveillon de Noël traditionnel se profile à l’horizon, Nathaniel Fisher, marié et père de trois enfants, est victime d’un accident de voiture et y laisse la vie. Il lègue une société mortuaire à sa famille. La gérer n’est pas chose aisée. Le sort ne ménage pas les Fisher. Leurs préoccupations s’accumulent…

 

 

Synopsis avec mon point de vue 

 

Les Fisher s’apprêtent à vivre un Noël comme les autres. Mais un événement malheureux vient troubler leurs habitudes. Nathaniel, le père de famille, décède des suites d’un accident de voiture. L’entreprise familiale, active dans les pompes funèbres, tombe entre les mains de David et Nate, deux frères que tout oppose. Des changements radicaux s’opèrent. L’atmosphère, froide et anxieuse, peine à dissimuler les secrets des uns et les difficultés des autres. Savant mélange de réalisme, d’humour noir et d’histoires surprenantes, Six Feet Under réussit le pari de combiner l’intelligence scénaristique et l’insolence.



 

 


La critique

 

Gérer une entreprise de pompes funèbres entraîne quelques inquiétudes et nécessite une volonté de fer. Les Fisher en savent quelque chose. Cette activité professionnelle met leur patience à rude épreuve. De plus, le quotidien ne les épargne pas. Chacun d’entre eux doit affronter ses démons et surmonter ses problèmes.

 

La société mortuaire permet de mettre en lumière quelques problèmes sociétaux. La solitude, les gangs ou encore la rupture familiale font tous l’objet d’une histoire marginale, directement liée à un défunt ou à ses proches. Ce procédé donne au public l’occasion de méditer sur des points épineux.

 

L’entreprise familiale, capitale pour l’écriture de la série, provoque des émotions variées. Les confidences fusent. Le spectateur écoute les ressentiments des uns et observe la détresse des autres. Vivre dans un tel milieu occasionne quelques séquelles.

 

Une délicieuse indécence s’associe à un humour noir ravageur. L’ironie et le cynisme s’activent. Six Feet Under puise sa force dans sa singularité, son esprit. La dérision accompagne le sérieux. Le second degré marche à plein régime. En dépit des apparences, l’histoire ne pèche pas par naïveté. Au contraire. Elle émet quelques contestations prononcées. Le conservatisme, l’homophobie, la religion, la drogue, l’armée ou encore la famille sont sous le feu des projecteurs. La série se moque de la superficialité et du divertissement facile. La maturité et la réflexion envahissent son univers cocasse.

 

Les griefs familiaux et le poids des apparences ouvrent le bal. Ensuite, peu à peu, le public découvre la véritable nature des personnages. Ruth, mère de famille conservatrice, a commis un adultère. Ses idées évoluent progressivement. Elle met son intransigeance entre parenthèses. David, lui, incarne la rigidité. Il n’assume pas son homosexualité, jalouse son frère et entame une lente déchéance. Nate, par contre, paraît insouciant et anticonformiste. Cependant, cette impression se révèle rapidement fausse. Enfin, Claire, la cadette, multiplie les dérapages. Elle expérimente le sexe et la drogue. Elle semble lucide et fragile. Elle ne trouve pas sa place dans la famille et ne se confie qu’à son psychologue. Les principaux personnages, tous intéressants et complexes, ne se ressemblent pas. Le scénario souligne leurs caractéristiques et leur richesse.

 

L’argent gouverne le monde. Six Feet Under le sait. Le marché mortuaire, lucratif, ne déroge pas à la règle : des requins à l’appétit insatiable tournent autour de leurs proies. Quant à l’engagement religieux de David, il ressemble étrangement à une stratégie commerciale. Les principes financiers devancent désormais les valeurs morales…

 

Lorsqu’une caméra s’attarde sur l’homosexualité, les stéréotypes et l’autocensure se manifestent souvent. Six Feet Under ne tombe pas dans le piège et s’attache à dépeindre la situation objectivement. La série rejette le détachement et la condescendance. En outre, quand la fidélité de Federico vacille, le spectateur s’interroge sur l’importance de l’amitié et du respect. L’entreprise familiale peut-elle perdre cet employé, très apprécié pour ses qualités humaines et professionnelles, à cause d’une poignée de billets ?

 

Au fil des épisodes, le mystère qui entoure Brenda, la petite amie de Nate, prend une ampleur considérable. Une question taraude le public : qui est-elle réellement ?  Le comportement de ses parents, les révélations énigmatiques et la santé de son frère intensifient l’intrigue.

 

Chaque épisode, durant ses premiers instants, raconte la mort d’un personnage. Ensuite, les Fisher s’occupent de la restauration du cadavre et organisent les cérémonies traditionnelles. Il faut ajouter à cela les tracas quotidiens et des événements privés souvent surprenants. La vie donne du fil à retordre aux différents protagonistes.

 

Des hallucinations répétées influent incontestablement sur la conduite de certains personnages. Régulièrement, ces derniers discutent avec des défunts. Cela bonifie l’histoire et provoque quelques scènes riches en enseignements. Ces visions permettent au public de mieux comprendre les uns et de découvrir les tourments des autres.

 

Six Feet Under peut se targuer de ses immenses qualités. La narration et la mise en scène soutiennent un scénario étonnant. La réussite est totale. Les surprises s’enchaînent et le suspense s’accroît. Dès le premier épisode, l’histoire tient en haleine. Les nombreux flash-back fournissent quelques précieuses informations sur le passé des personnages et clarifient la situation. La série ne s’essouffle pas. Grâce aux rebondissements et aux énigmes, elle demeure attractive et passionnante. 





 

Analyse de deux personnages

 

 

Nate Fisher

 

Nate est l’aîné des enfants. Il paraît décontracté et étourdi. Les faits démentent rapidement cette première impression. Derrière sa nonchalance se trouvent des blessures profondes. Plusieurs confidences tendent à le démontrer. 

 

Il quitte tôt le cocon familial. Il ne supporte pas l’austérité et la fadeur qui y règnent. Par la suite, le décès de son père bouleverse sa vie. Il doit désormais faire face à ses pires craintes : rejoindre sa famille et se consacrer à l’entreprise de pompes funèbres. Après quelques hésitations, il exauce le souhait de son père. Il accepte de diriger la société familiale avec son frère David. Il s’établit donc à Los Angeles. Brenda, sa nouvelle compagne, semble motiver cette décision.

 

Nate prend goût à sa nouvelle vie. Il s’implique dans l’entreprise et refuse de la vendre malgré des offres alléchantes. Il s’attache à Brenda et semble s’épanouir à ses côtés. Il parvient à contenter David et à trouver sa place.

 

Dès les premiers instants, la relation entre les deux frères se révèle compliquée. Tout semble les opposer : les valeurs, les habitudes, le comportement… Lorsque Nate hérite d’une partie de l’entreprise familiale, David crie au scandale. Les deux personnages entretiennent des rapports orageux. Cela dit, au fur et à mesure, la tension s’apaise et ils se rapprochent.  

 

Nate fait preuve de tolérance et de patience à l’égard de Brenda. Lorsque le torchon brûle et que le malaise s’installe, l’amour ne tarde jamais à les réconcilier. Il paraît évident que c’est ensemble qu’ils doivent affronter les difficultés. Malgré des problèmes passagers, cette relation semble les stabiliser.

 

Nate, personnage tourmenté, trompe souvent les apparences. Ses états d’âme restent longtemps insoupçonnés. Il se responsabilise au fil des épisodes. La complexité de sa relation amoureuse l’affecte. Sa sensibilité prend le pas sur son indifférence factice à plusieurs reprises. Il enquête sur son père et tente de découvrir ses secrets. Il semble regretter de ne pas le connaître davantage.




 

David Fisher

 

David endosse le costume du jeune homme raisonnable, consciencieux et fréquentable. Il se consacre pleinement à Fisher & Sons, l’entreprise familiale. D’ailleurs, il a abandonné ses études afin de seconder son père. Il s’investit dans sa paroisse et semble incarner la bonté.

 

Il faut se méfier des apparences. En dépit de son air amical et conventionnel, David accumule les affres, les douleurs et les erreurs. Incapable de communiquer avec sa famille, il s’écarte peu à peu de ses proches. Il traîne son homosexualité comme un boulet. Il ne s’assume guère. Il aspire à affirmer sa réelle identité, mais culpabilise énormément. Il jalouse Nate, car ce dernier a saccagé les règles en vigueur et la hiérarchie établie. Il refuse de partager son pouvoir.

 

Tiraillé entre la religion et ses orientations sexuelles, empêtré dans une relation conflictuelle avec Keith, David a du mal à sortir la tête de l’eau. Le business familial ne lui facilite pas la tâche. Au contraire. La dureté du travail et la malveillance de certains concurrents le troublent. Lentement, il sombre dans la dépression. Il expérimente la drogue et trahit publiquement ses intimes convictions.

 

Malgré tout, David évolue progressivement. Il se rapproche de Nate. Il se fait violence et commence à s’assumer. Dès lors, le personnage devient plus intéressant et gagne la sympathie du public.

 

Désorienté, David ne semble pas en paix avec lui-même. Il aime la stabilité, mais sa vie le conduit aux turbulences. Il doit révolutionner sa conception du monde afin de s’épanouir réellement.

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Published by Jonathan Fanara - dans Séries télévisées
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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 14:22
Le travail concerne la première saison.

 

 

The 4400

Les 4400

2004-2007 – 4 saisons – 45 épisodes

Créé par René Echevarria et Scott Peters

Genre : Drame, Fantastique

Format : 42’ 

Nationalité : Américaine

Avec Joel Gretsch (Tom Baldwin), Jacqueline McKenzie (Diana Skouris), Peter Coyote (Dennis Ryland), Mahershalalhashbaz Ali (Richard Tyler), Laura Allen (Lily Moore), Patrick Flueger (Shawn Farrell), Chad Faust (Kyle Baldwin), Conchita Campbell  (Maia Rutledge)

 

 

Synopsis général

 

Des milliers de personnes ont mystérieusement disparu durant le vingtième siècle. Soudainement, elles réapparaissent suite à la venue d’une boule de lumière. Comment 4400 personnes ont-elles pu revenir simultanément ?  Pourquoi n’ont-elles pas pris la moindre ride ?  Plusieurs questions hantent le monde et, plus particulièrement, le NTAC, qui enquête sur les revenants. Les 4400 ne se souviennent de rien. Ils tentent, vainement, de reprendre une vie normale…

 

 

Synopsis avec mon point de vue 

 

Des milliers de personnes, disparues durant le vingtième siècle, réapparaissent soudainement. Elles n’ont pas vieilli et ne se souviennent de rien. Le NTAC souhaite lever le voile sur ce mystère. Deux agents, Tom Baldwin et Diana Skouris, enquêtent sur ces événements, pour le moins troublants. Intrigante et maligne, cette série propose, astucieusement, une approche intergénérationnelle du monde, une analyse des cercles familiaux et une lutte contre le racisme ou la diabolisation. 




 

La critique

 

Suite à la réapparition de 4400 personnes, descendues du ciel, certaines questions s’imposent. Sont-elles là pour rendre le monde meilleur ou, au contraire, pour y mettre un terme ?  La quête de la vérité met en lumière une suspicion accablante, des actes peu glorieux et un arsenal de comportements humains.

 

Pour mener l’enquête, deux personnes sont désignées : Tom Baldwin et Diana Skouris. Intègres et consciencieux, ils tentent ensemble de rassembler des informations sur les revenants et de dévoiler leurs réelles intentions. Les événements apportent quelques explications. Plusieurs théories se dessinent. L’une d’entre elles semble l’emporter : l’effet domino. Par leurs actions, les 4400 participeraient à l’amélioration du monde. Certains de leurs gestes, en apparence condamnables, peuvent se révéler positifs. Les aptitudes surhumaines qu’ils ont mystérieusement acquises seraient donc une bénédiction.

 

Cette première saison permet d’observer l’évolution de quelques personnages aux trajectoires inconciliables. Carl Morrissey pense être investi d’une mission : débarrasser un parc de ses voyous. Après sa mort, certains entendent perpétuer son acte. D’autre part, le retour d’Olivier Knox marque la reprise des assassinats dans la petite ville de Friday Harbor. Simple meurtrier avant sa disparition, il possède désormais le pouvoir de convaincre les autres d’agir à sa guise. Ces deux exemples, parmi beaucoup d’autres, nourrissent l’intrigue et développent l’ambiguïté qui entoure le retour des disparus.

 

Dans la lignée de la trilogie X-Men, Les 4400 combat subtilement le racisme et prône d’honorables valeurs. Les revenants provoquent une réaction populaire excessive, baignant dans une stupidité éloquente. Une effroyable intolérance semble s’emparer du monde. Une haine gratuite s’élève et s’oppose aux différences, aux singularités. Les 4400 sont victimes d’attentats inadmissibles. Malgré un manque d’informations à leur sujet, sans entamer le moindre dialogue, certains commettent des actes immondes à leur encontre. En dénonçant ces comportements méprisables, la série véhicule certaines vertus.

 

L’histoire de Maia, une fillette revenue avec le don de prédire l’avenir, illustre quelques difficultés propres aux 4400. Isolée dans un monde où elle ne connaît personne, rejetée par sa famille d’accueil en raison de son aptitude, elle trouve refuge auprès de Diana Skouris. Lorsqu’elle tente de s’intégrer, ses maigres espoirs volent en éclats. L’école qu’elle fréquente redoute de devenir la cible d’attentats. Maia n’est plus la bienvenue…

 

Du bonheur d’une famille qui retrouve un être aimé jusqu’au désespoir de ceux qui ne peuvent compter sur personne, Les 4400 filme les émotions suscitées par des événements dramatiques. La série réfléchit à propos du choc des générations. Richard ne s’habitue pas à un monde ouvert et davantage égalitaire. Carl, lui, ne supporte pas la dégradation de son quartier et l’essor de la délinquance. Même Shawn, pourtant disparu peu de temps, ne parvient pas à trouver sa place. Ceux qui l’entourent lui tournent le dos. Par ailleurs, la perception occupe le cœur des débats. Lorsque de fervents détracteurs tentent d’attenter à la vie des 4400, regroupés en nombre dans un même complexe, ces derniers passent du statut de menaces à celui de victimes. En outre, l’énigmatique Jordan Collier pose des problèmes. Il est difficile de se prononcer à son sujet, tant il s’avère complexe. 

 

Les 4400 est une série fantastique. Certes. Elle renferme surtout un incroyable réalisme. La réaction des hommes, la complexité des sentiments humains, la rupture familiale, la peur collective ou encore l’arrivisme : tout est passé au peigne fin. Entre l’imagination débordante des uns et la compassion des autres, les revenants ont du souci à se faire. Le pénible retour de Richard et Lily attriste. L’attitude de Barbara Yates, une journaliste peu scrupuleuse, indigne. L’agressivité envers les 4400 dépite. La haine, réelle ou virtuelle, afflige. 

 

Série attachante et appréciable, Les 4400 ne frôle sans doute pas la perfection, mais peut néanmoins s’appuyer sur son dynamisme et son intelligence. La narration est intéressante. Régulièrement, de nouveaux personnages font leur apparition. De nombreuses questions restent en suspens, ce qui renforce l’intrigue et attise l’attention. Le scénario, solide et habilement ficelé, fait la part belle à quelques grands thèmes : l’amour, la famille, le travail, le bien, le mal, le respect des minorités… Les personnages sont tantôt riches, tantôt simplistes. La mise en scène, efficace et réussie, augmente l’intérêt de la série. Par contre, quelquefois, le jeu des acteurs n’est pas à la hauteur. Certaines interprétations manquent de charisme et de présence, ce qui nuit indéniablement à l’ensemble.

 



 



Analyse de deux personnages

 

 

Shawn Farrell

 

Shawn Farrell fait partie des 4400. Des inimitiés tenaces incommodent son retour. Déconnecté du monde, il ne parvient pas à s’adapter à sa nouvelle vie et à trouver sa place. Il ignore les tendances estudiantines et ne manifeste pas les mêmes préoccupations que ses pairs. Régulièrement méprisé, il doit subir des commentaires corrosifs.

 

Son frère, Danny, a désormais le même âge que lui. Leurs rapports laissent à désirer. Le rapprochement entre Shawn et Nikki, la petite amie de Danny, contribue à détériorer davantage la relation fraternelle. Leur liaison, secrète, éclate au grand jour. Une altercation entre les deux frères s’ensuit.

 

Shawn bénéficie d’un don de guérison. Il s’en sert afin de sortir son cousin, Kyle Baldwin, du coma. Son aptitude ne s’arrête pas là. Il peut également « aspirer » la vie des gens. C’est le revers de la médaille. 

 

Aux liens familiaux tendus s’ajoutent les reproches de Tom Baldwin, son oncle. Shawn doit faire face aux incriminations et aux sarcasmes. Compte tenu des circonstances, il garde la tête froide et un comportement exemplaire. 

 

Il figure parmi les personnages centraux. Sa gentillesse et sa droiture accentuent l’injustice dont il est victime. Il apparaît désorienté et quelque peu dépassé par son nouveau pouvoir. Son parcours rappelle qu’il est difficile d’affronter la cruauté du monde et de troubler le statu quo émotionnel. Sa réapparition redistribue les cartes. 

 

Psychologiquement, le déroulement des événements doit laisser des traces. Shawn remarque que ses proches visitent des sites Internet haineux consacrés aux 4400. Devant son domicile, des manifestants l’assaillent de reproches. Aux yeux de beaucoup, il s’apparente à un monstre. Le sort semble s’acharner sur lui. 

 

 

Tom Baldwin

 

Au début de Les 4400, Tom Baldwin semble au bout du rouleau. Il a laissé de côté sa vie affective et sa profession. Il passe ses journées au chevet de son fils Kyle, dans le coma depuis trois ans. Alors que son couple bat de l’aile, sa carrière, elle, rebondit grâce au retour des disparus. Il intègre le NTAC et enquête sur les revenants. Il fait équipe avec Diana Skouris. Les deux personnages se rapprochent au fil des épisodes. 

 

Tom est juste, vertueux et intelligent. Son expérience, son franc-parler et son empathie servent lors des différentes investigations. Il est d’ailleurs l’un des premiers à découvrir les talents des 4400, notamment grâce à Shawn et Orson Bailey. Tous s’accordent à dire qu’il est le meilleur agent du NTAC. 

 

Tom Baldwin est un modèle de courage et de détermination. Il n’hésite pas à employer la manière forte pour défendre ses proches et ses convictions. Warren Lytell en a légitimement fait les frais. Son amour pour Kyle et sa volonté d’en savoir plus sur son coma le poussent à enquêter sur les 4400. Dès le lancement du premier épisode, son évolution prend forme et alimente l’intrigue.

 

L’implication de Tom dans son travail est presque totale. Obsédé par les 4400, il s’évertue à percer leur mystère, quitte à négliger sa famille. Il a du mal à faire la part des choses et à trouver un compromis entre sa vie privée et sa carrière.

 

Lorsque Kyle rentre au bercail, Tom traverse des heures difficiles. Il espérait, vainement, retrouver une situation stable et traditionnelle. Il déchante rapidement. Rien n’est plus pareil. Son fils, complètement déboussolé, arbore un comportement pour le moins étrange.

 

Multipliant les heures de travail pour oublier ses tracas, Tom Baldwin carbure au désespoir. Symbole de la justice et de l’intégrité, il refuse les attitudes discriminatoires. 

 

Il s’agit indéniablement d’un personnage primordial, sans lequel la couleur de la série serait tout autre.

 

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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 14:00

Le travail concerne la première saison.

 


 

Oz

1997-2003 – 6 saisons – 56 épisodes

Créé par Tom Fontana

Genre : Drame

Format : 50’

Nationalité : Américaine

Avec Adewale Akinnuoye-Agbaje (Simon Adebisi), Terry Kinney (Tim McManus), Ernie Hudson (Leo Glynn), J.K. Simmons (Vern Schillinger), Eamonn Walker (Kareem Saïd), Lee Tergesen (Tobias Beecher), Dean Winters (Ryan O’Reilly), Kirk Acevedo (Miguel Alvarez)

 

 

Synopsis général

 

Emerald City est un quartier expérimental, situé dans une prison surnommée « Oz ». On doit ce projet à Tim McManus, un idéaliste qui rêve d’améliorer les conditions de vie des détenus. Cependant, à huis clos et dans une atmosphère oppressante, les prisonniers se retrouvent rapidement dans leurs derniers retranchements. L’espoir laisse place à la résignation. L’enfer est pavé de bonnes intentions…

 

 

Synopsis avec mon point de vue

 

Emerald City, quartier expérimental d’une prison communément appelée « Oz », possède un lot d’âmes déchues. Avec l’idée d’améliorer la vie des détenus, Tim McManus a mis sur pied ce qui ressemble étrangement à un véritable enfer. Dans cet endroit terrifiant, des individus de toute espèce se côtoient. Certains y rendront leur dernier souffle. Partagés entre leur instinct de survie et l’ambition de diriger les lieux, peu hésitent à multiplier les coups bas et les manipulations sordides. Tom Fontana s’interroge sur la psychologie humaine et remet en question les grands principes des systèmes judiciaire et carcéral. Il nous plonge dans un univers où chacun doit mettre ses états d’âme entre parenthèses pour mieux se prémunir contre les issues tragiques.

 

 

 

La critique

 

Emerald City vise à améliorer les conditions de vie des détenus et à les aider en vue d’une éventuelle réinsertion. C’est dans cette optique que des réunions anti-drogue ou des cours pédagogiques sont mis en place. Malheureusement, cela ne suffit pas à révolutionner un microcosme en proie aux maux les plus extrêmes. 

 

Dans ce milieu carcéral impitoyable, des hommes de tout poil se côtoient et se livrent aux pires agissements. La décadence du bien et le triomphe du mal se mélangent. Les histoires s’entremêlent, tandis que les personnages bouleversent leurs habitudes, passent d’un camp à l’autre et perdent tout repère. Oz a placé la nuance et la modération sous écrou. Pour exhiber le comportement troublant de l’être humain et dénoncer des anomalies inhérentes à notre époque, il faut donner la parole aux attitudes radicales, à l’horreur la plus totale. La dignité et la bonté deviennent des denrées rares. 

 

Oz n’est pas une série comme les autres. Elle se différencie par sa noirceur, sa violence et, surtout, son engagement. Elle symbolise la dérive du système carcéral et devient, à certains égards, sa critique la plus féroce. Tobias Beecher personnifie cette contestation. Cet homme respectable a commis une erreur, sous l’emprise de l’alcool. En prison, il se mue en un individu dénué de sentiments, amer et polytoxicomane. Il atterrit à Emerald City avec une dépendance : l’alcool. Là-bas, il s’adonne à d’autres drogues, multiplie les assuétudes, perd sa famille et sa naïveté. 

 

À Em City, l’espoir étouffe entre des criminels notoires, des personnages sans scrupules et des matons corrompus. Oz reflète une société qui produit des délinquants, mutile nos rêves et enfante des désastres. La série s’attarde sur les relations humaines et sur les comportements. Un savoureux mélange de réalisme et de pessimisme permet de mettre en exergue la psychologie des hommes. Dans la prison, les clivages raciaux et religieux mènent la danse. La drogue, elle, dicte ses exigences aux uns et détermine les craintes des autres. Les combines sournoises se cachent derrière les ententes de façade. La volonté de contrôler les lieux gagne les esprits. Ryan O’Reilly, fin manipulateur, tire son épingle du jeu. Est-ce une surprise ?  Pas vraiment. Le principe selon lequel le bien triomphe toujours n’a pas sa place dans Oz. Le mal est un outil bien plus efficace. 

 

Cette première saison présente différents visages. Les épisodes thématiques succèdent aux classiques et vice versa. Le public découvre les personnages, s’imprègne de leur passé et se familiarise avec eux. Rien n’est laissé au hasard. Le suspense augmente progressivement. La trame, pertinente, suscite l’intérêt. L’atmosphère pesante et les événements qui émaillent le récit laissent à penser que les protagonistes se dirigent vers le pire, sans savoir de quoi il s’agit. La violence de certaines scènes peut secouer les âmes sensibles. La caméra absorbe la tension et plonge le public dans le quotidien oppressant des détenus. Un cercle vicieux condamne les prisonniers, impuissants, à participer à un jeu macabre qui veut que la déchéance des uns provoque, par ricochet, la mort des autres. Les personnages évoluent constamment. La brutalité prend le pas sur la conscience et l’humanité. Par ailleurs, la technique joue un rôle primordial. Elle n’est pas étrangère à la qualité de la série : montage parallèle entre une exécution et des ébats sexuels, gros plans angoissants, position de l’objectif… 

 

La narration, riche de rebondissements, se situe entre l’honnêteté et la complexité. Cette première saison, pleine et cohérente, propose un réalisme scénaristique qui met l’accent sur les déboires de l’homme. Em City provoque de profonds changements comportementaux. Les crapules étoffent leurs rangs. On ne peut s’empêcher de s’attacher à elles, ce qui constitue un véritable coup de force.

 

Kareem Saïd, religieux aux idées bien arrêtées, est un personnage-clé. Il incarne l’ambiguïté de Oz. Sous de fausses apparences, construites à base de paix, de modération et de respect, il représente l’écorché vif par excellence. La peur et la haine l’habitent. Il rappelle que la méfiance doit toujours être de mise. Les bons sentiments peuvent rapidement s’effacer au profit d’idées malsaines. Kareem Saïd demeure une énigme. Sa soif de pouvoir va à l’encontre de ses convictions confessionnelles. Il prône la paix, mais prépare la guerre. Obscur et contradictoire, il fait partie de ceux dont on ignore les intentions réelles.

 

Augustus Hill, par ses nombreux apartés, renforce le malaise et l’incompréhension du public. Avec lucidité et détresse, il observe la routine pénitentiaire et exprime ses sentiments. Le brin de folie qu’il exhibe traduit la philosophie de la série. La rationalité est en déclin. La déraison ouvre ses portes. 

 

Oz passe en revue les politiques carcérales. Le gouverneur James Devlin encourage, malgré lui, les émeutiers dans leur démarche, en adoptant des mesures restrictives, voire liberticides. De ce fait, le public constate que certaines règles poussent les détenus à la brutalité, la sauvagerie et l’irresponsabilité. 

 

La candeur de Père Ray Mukada et de Sœur Peter Marie tranche nettement avec le quotidien pénitentiaire. La rédemption paraît utopique. Alors que Miguel Alvarez semble prendre conscience de ses manquements, le rouleau compresseur carcéral le propulse à la tête des émeutiers. Il vacille entre deux visages et peine à trouver sa voie. Il ne s’agit pas d’un cas isolé…

 

Subtilement, une grande quantité de thèmes sont traités au fil des épisodes : les relations familiales, l’homosexualité, la célébrité, les organisations criminelles, la culpabilité… Oz s’intéresse aux hommes et accorde une attention particulière à leurs idées et leur comportement. La drogue tient le haut de l’affiche. Tom Fontana proteste contre l’usage de stupéfiants. La cinématographie lui offre la possibilité de blâmer les insuffisances sociétales et carcérales. L’accoutumance s’installe ; plusieurs détenus frôlent la dépravation et se délabrent. Ils développent une inhumanité qui pousse à la réflexion. Par ailleurs, lorsque la série pose un regard sur la religion, elle laisse le public perplexe. La pertinence du traitement filmique provoque des réactions et ouvre les débats. 

 

Le vice s’éclipse parfois afin de permettre à la bienfaisance de s’exprimer. L’évolution positive de Jefferson Keane revigore l’espoir et transgresse les lois du fatalisme. Après un parcours chaotique, il change son fusil d’épaule et envisage son exécution comme la fin d’une guerre mortifère entre clans rivaux. Il accepte sa peine et espère qu’elle contribuera à la paix. Songer à la repentance et au progrès n’est donc pas exclu.

 

En conclusion, Oz est une série ingénieuse qui présente une conscience sociale rarissime. Em City ouvre une fenêtre sur l’homme et déverse des constats alarmants. C’est en montrant la violence et la résignation que Tom Fontana préconise la quiétude et le courage. 



 

Analyse de deux personnages 



Tim McManus
 

Tim McManus, visionnaire aux idées respectables, a imaginé un système pénitentiaire destiné à améliorer le quotidien des détenus. Il pense pouvoir changer les hommes, à force de courage et de détermination. Malheureusement, son projet s’avère utopique et brise sa naïveté. Dès lors, sa frustration et sa colère apparaissent au grand jour. 

 

Tim McManus rêve de révolutionner les politiques carcérales et de bonifier les prisonniers. Il se bat pour concrétiser ses ambitions et n’hésite pas à s’opposer à ses supérieurs hiérarchiques. Il estime que le gouverneur Devlin nuit à ses intentions en imposant des mesures limitatives. Altruiste résolu, il se heurte régulièrement aux détenus, lesquels l’agacent par leur manque de volonté et de conscience. 

 

Il mène une vie sentimentale tumultueuse. Il entretient une relation avec une gardienne. Sa grande implication dans la prison l’empêche de vivre normalement. Les schémas familiaux traditionnels s’accordent mal avec ses habitudes. 

 

Tim McManus représente, à bien des égards, l’antithèse du gouverneur Devlin. Les deux hommes ne partagent pas les mêmes priorités. Alors que McManus a tout de l’idéaliste chevronné, James Devlin, lui, paraît insensible, carriériste et vaniteux. Durant l’émeute, leurs idées divergent : le gouverneur se montre réfractaire aux compromis, contrairement à son opposant qui considère que les exigences des détenus restent raisonnables.

 

Après l’exécution de Jefferson Keane, McManus se remet en question. Il s’interroge à propos du système qu’il a créé et réfléchit à sa responsabilité quant aux différents meurtres. Ces scrupules l’honorent et tendent à mettre en évidence sa valeur humaine.

 

Les conflits impliquant des bandes rivales, la circulation de la drogue ou encore la corruption des gardiens : tout porte à croire qu’il faut rénover Emerald City. De plus, Tim McManus doit essuyer les remarques des détenus et affronter leurs actes infâmes.

 

Ce personnage, attachant, doit faire face à des événements qui lui sont rarement favorables. Au milieu d’individus abjects, il tente vainement de faire émerger une lueur d’espoir. 




Tobias Beecher
 

Brillant avocat, Tobias Beecher renverse une fillette alors qu’il conduit en état d’ivresse. Par suite de cet accident, il est incarcéré à Emerald City. Sa crédulité lui cause d’énormes problèmes. Il n’est pas préparé à la sournoiserie des détenus. Rapidement, Vernon Schillinger, raciste avéré, feint de vouloir son bien dans le but d’en faire son esclave sexuel. Scarifié, violé et humilié, Beecher sombre dans la drogue et la dépression. Plus tard, il se révolte et souffre d’une folie qui le rend particulièrement dangereux. Il promet à Schillinger de lui mettre des bâtons dans les roues et de torpiller son rêve : rejoindre ses fils. 

 

Tobias Beecher incarne une vive critique du système carcéral. Sa famille s’éloigne de lui ; il se retrouve seul dans un monde dont il ignore tout. Le quotidien pénitentiaire l’incite à consommer différentes drogues et multiplie ses assuétudes. Il s’enfonce dans une folie terrifiante. Il culpabilise et regrette amèrement ses erreurs. Il refuse de se battre pour survivre. 

 

Contraint de se maquiller et de chanter devant les autres détenus, Beecher s’attire les moqueries les plus cinglantes. Toutefois, sa prestation est digne d’intérêt. Après un départ calamiteux, le silence gagne l’assemblée et le spectacle se clôture par une acclamation. Cette scène reflète parfaitement son parcours à Em City : la considération détrône progressivement l’humiliation.

 

Tobias Beecher ne parvient pas à se détacher de son passé. L’intérêt qu’il porte à Jefferson Keane tend à le prouver. Ses habitudes professionnelles resurgissent. Il semble refuser sa nouvelle vie. L’usage de drogues conforte cette hypothèse et constitue le signe d’une insoumission. Il rejette le statut du prisonnier. Peu à peu, la donne change et Beecher évolue. Profondément meurtri, il perd sa sensibilité. Une révolution psychologique s’opère. Elle l’amène à infliger des blessures physiques à Schillinger. 

 

Ce personnage peut troubler : il tombe dans la déraison et devient un monstre dépourvu de sentiments. Sa transformation démontre que la prison va à l’encontre des objectifs qu’elle se fixe : punir les fautifs, sécuriser la société, soulager les victimes ou leur famille, aider les prisonniers en vue d’une éventuelle réinsertion et les responsabiliser. En effet, Beecher devient incontrôlable, dangereux et inhumain. Il s’attaque aux autres détenus. Il n’éprouve plus de remords et réitère ses erreurs. La famille de sa victime nourrit une haine viscérale à son égard et fait montre d’une peine intacte.
 
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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 10:40
Certains visages demeurent méconnus. Pourtant, ils animent la vie politique, peu importe l’échelle, locale ou internationale. Personnage atypique, Véronique De Keyser (PS) fait partie de ces élus qui œuvrent dans l’ombre. Certes, elle n’est pas célèbre. Elle ne fait ni la une de Voici ni celle de La Libre. Néanmoins, comme peut en témoigner son impressionnant parcours, elle multiplie les combats, agit pour défendre ses convictions et s’active sur tous les fronts. 


Sa trajectoire, peu commune, rappelle qu’une carrière politique est toujours envisageable, à force de courage et de détermination. Véronique De Keyser a fait ses études à l’Université de Bruxelles, en faculté de psychologie. Elle a été nommée chargée de cours à l’Université de Liège en 1984 et y est devenue professeur ordinaire en 1988, puis doyenne de la faculté de psychologie de 1990 à 1998. Après une longue carrière scientifique au niveau international, elle devient membre du Parlement européen. Députée, commissaire aux Affaires étrangères et aux Affaires sociales, elle n’oublie pas pour autant la Belgique : elle est également conseillère communale à Liège. Parallèlement à son parcours politique, elle est professeur extraordinaire à la faculté de psychologie et continue de diriger une équipe pluridisciplinaire d’une trentaine de chercheurs. 


Détailler le C.V. de Mme De Keyser relève de l’exploit : des voyages professionnels qui se succèdent ; des études menées qui paraissent innombrables ; un travail politique immense ; une coopération scientifique et humanitaire avec des pays en voie de développement ; différents ouvrages… Pour des informations complémentaires, il vous suffira de parcourir son site Internet.




 

INTERVIEW



Quelles sont les raisons de votre engagement politique ?

 

En fait, j’ai toujours été engagée politiquement. Je suis sortie de l’université en 1968. Tous ceux qui faisaient la psychologie du travail se sont rapidement politisés. J’ai travaillé quelque temps dans un syndicat. Plus tard, je suis entrée comme chercheur à l’université. J’ai effectué une carrière universitaire, jusqu’à devenir doyen de la faculté de psychologie. 

 

Au départ, j’étais simplement militante socialiste, comme de nombreuses personnes. Un jour, on m’a placée sur les listes électorales. Vous savez, on a besoin de représenter tout le monde : les intellectuels, les métiers manuels, les étrangers… J’étais sans doute là pour l’intelligentsia. Suite à un concours de circonstances qui a bouleversé la législature de l’époque, je suis passée directement du statut de quatrième suppléante à celui de députée européenne !  J’ai pensé que c’était le moment propice pour revenir à mes engagements de jeunesse, les mettre en pratique. J’ai abandonné quelques cours à l’université… Aux élections suivantes, j’étais deuxième sur la liste, derrière Elio Di Rupo.  J’ai continué. Je n’ai jamais regretté ce choix.

 

En termes de flexibilité, c’était fameux (rires). J’étais très réputée dans la psychologie, mais, dans la politique, c’était totalement l’inverse. Il fallait tout reprendre à zéro.

 

 

 

Quelles satisfactions tirez-vous de votre parcours politique ?

 

Les satisfactions viennent plutôt de mon travail politique. J’ai rencontré des personnes exceptionnelles : des femmes en Irak, en Arabie Saoudite ou au Kosovo, par exemple, qui se battent jour et nuit pour avoir un peu de liberté. J’ai été confrontée à une ouverture du monde incroyable : rencontrer des cultures différentes ; prendre conscience des maigres moyens dont disposent certaines autorités pour prévenir les guerres et les catastrophes… Ce contact privilégié avec des cultures, des religions et des pays différents m’a réellement enrichie. Grâce à toutes les expériences que j’ai vécues, je suis devenue une personne transcendée et épanouie.

 

 

 

Avez-vous rencontré des difficultés pendant votre parcours ?

 

Bien sûr !  Les difficultés étaient nombreuses, car je ne suis pas le fruit d’un système politique. Je n’ai pas volontairement choisi de participer à un milieu privilégié, avec ses us et coutumes. Je me suis plutôt penchée sur le travail de terrain, en essayant de garder un contact régulier avec la masse populaire. Faire circuler des consignes de vote, par exemple, n’est pas de mon ressort. Je suis trop maladroite pour cela. Défier la grande machinerie politique avec mes modestes moyens est impossible. Il y a un déséquilibre des forces. Je n’ai pas, à proprement parler, d’organisation politique derrière moi.

 

Par ailleurs, j’ai dû faire face à une autre épreuve : convaincre mes collègues socialistes que je faisais mon travail honnêtement et que je ne voulais pas prendre leur place. Finalement, je suis parvenue à les persuader. Ils sont devenus chaleureux et sympathiques. La politique est un monde ouvert dans lequel le meilleur et le pire se côtoient. 

 

 

 

La méfiance des citoyens à l’égard de la classe politique est un thème récurrent. Qu’en pensez-vous ?

 

C’est vrai. On a souvent une image « politicarde » de la politique. C’est faux. En tant que psychologue du travail, j’ai été stupéfaite par la quantité de tâches à effectuer propre au politique. Tous, peu importe leur rang, travaillent presque incessamment. Dans ce milieu, il est normal de consacrer 15 ou 17 heures quotidiennement à ses dossiers. C’est incontestablement un des métiers les plus difficiles. Vous devez maîtriser absolument tout : gérer la presse, supporter les coups bas, assister à des réunions interminables… Les difficultés familiales sont le lot des politiques. La vie privée passe souvent après la vie publique. L’implication professionnelle doit être totale.

 

Concernant les soupçons de corruption, ils sont très présents. Les affaires de Charleroi, pour ne citer qu’elles, restent des abus, des dérapages. En revanche, je ne peux pas nier qu’une grande méfiance règne entre les hommes politiques. Beaucoup convoitent des postes importants et craignent que leur voisin ne les décroche avant eux. Comme dans une entreprise, les dirigeants politiques sont attirés par l’attraction du pouvoir. Cela dit, je pense sincèrement que les personnes correspondant à ce profil demeurent minoritaires.

 

Enfin, un vieux cliché nous colle à la peau. Certains avancent l’idée que les politiques sont payés à ne rien faire. Cela ne tient pas la route une seule seconde. C’est un mauvais procès.




ANALYSE CRITIQUE DE L’INTERVIEW

 

 

Rédiger un commentaire critique n’est jamais chose aisée. Cela s’avère encore plus complexe lorsque l’objet de l’analyse n’est autre qu’une interview, généreusement accordée par une femme politique, députée européenne de surcroît. Complexe, ça l’est davantage quand on touche à l’engagement personnel, au parcours, aux sentiments, plutôt qu’aux idées et à la philosophie politique. Malgré tout, nier que certains points développés au cours de l’entretien méritent une attention particulière reviendrait à mentir. En effet, plusieurs choses m’ont interpellé.


Le parcours de Véronique De Keyser, étonnant et estimable, ne laisse place à aucun débat. Psychologue de renommée mondiale, elle a su s’immiscer parmi les moteurs de l’Europe et, sans doute, par extension, du monde. Est-ce que sa carrière scientifique lui a ouvert des portes ?  Oui. Elle l’avoue volontiers. Est-ce que cela réduit son mérite ?  Non. L’éminence grise, conseillers spécialisés et intellectuels en tête, distille de précieuses suggestions, multiplie les mises en garde et voit son influence s’accroître d’année en année. Il n’empêche que le politique, parfois, sort les griffes et montre les crocs lorsque l’intelligentsia aspire au pouvoir. Comprenez : leurs intérêts et leurs priorités divergent souvent. Véronique De Keyser a toujours eu la fibre militante. Elle ne doit son premier mandat européen qu’à un concours de circonstances. Certes. Sa reconduction, par contre, n’est pas le fruit du hasard. C’est sur le terrain qu’elle l’a acquise.


Lorsque Mme De Keyser commente ses satisfactions politiques, elle ne s’attarde pas sur la promulgation d’une loi ou la victoire électorale d’un parti. Elle exprime sa fascination pour certaines cultures, son amour pour certaines régions et son respect pour quelques âmes injustement négligées par nos démocraties. La politique peut être calculatrice, insensible et rancunière. Véronique De Keyser prouve qu’elle est également humaine.


Désormais, nous savons que son chemin a été parsemé d’embûches. Il est difficile de trouver sa place dans un système dont on ignore les arcanes. Il reste donc le terrain et l’action politique. C’est là qu’elle semble puiser sa force, quand l’appareil prend ses distances. La députée avoue, à demi-mot, qu’une partie de ses collègues l’ont désavouée. Ils imaginaient qu’elle lorgnait leur poste, rêvant de s’asseoir à leur siège. Finalement, elle a suffisamment manifesté ses bons sentiments pour convaincre les carriéristes que sa volonté n’est pas de marcher sur leurs plates-bandes. Véronique De Keyser réfute la rumeur qui voudrait que le monde politique soit impitoyable. Elle affirme que ses acteurs peuvent se révéler chaleureux et ouverts lorsque les visages deviennent familiers. Ce discours, empreint de modération, paraît irrécusable. Toutefois, ne soyons pas dupes. Derrière cette conclusion, trop simpliste, se cache une pratique notoire : la langue de bois.


Lorsque la députée européenne en vient au sujet qui fâche, la corruption politique, elle respecte une logique implacable. Elle évite d’incriminer son microcosme. Les viles affaires qui le secouent font figure de simples dérapages. Difficile à croire… L’inquiétante multiplication des cas de corruption laisse à penser qu’il s’agit plus d’une gangrène que d’événements isolés. La majorité des politiques travaillent en faisant preuve de sérieux et d’intégrité. Cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Est-ce pour autant que l’on doit faire l’impasse sur Ehud Olmert, George W. Bush, John McCain, Nicolas Sarkozy, Michel Daerden, Alain Mathot, Pervez Musharraf et consorts ?  Des soupçons, souvent légitimes, pèsent sur une quantité non négligeable d’élus. Cela étant, malgré sa réticence à déprécier la classe politique, Véronique De Keyser n’hésite pas à jeter l’opprobre sur les ambitions démesurées de ses représentants. Le pouvoir suscite l’intérêt, dégrade l’ambiance et attise les conflits. 


À la décharge des hommes politiques, il convient de signaler que la masse de travail exige un investissement total et d’importants sacrifices familiaux. Les salaires, eux, peuvent paraître dérisoires : le privé surclasse indéniablement le public. Cela ne suffit pas à excuser les multiples dérives, mais ça permet d’apporter quelques nuances à nos propos. Après tout, n’est-ce pas précisément pour faire face aux abus que la rémunération des politiques a été maintes fois augmentée ?  L’ingratitude prononcée et la stigmatisation constante dont souffrent les représentants entrent également en ligne de compte. L’ensemble influe sur la droiture des personnalités en place. 


Mme De Keyser s’est contentée de décrire la partie émergée de l’iceberg. Le discrédit de la classe politique trouve son origine dans une panoplie de faits. En outre de la corruption et des clichés habituels, on retrouve pêle-mêle : le fossé qui sépare le quotidien du peuple des préoccupations du politique ; l’écart idéologique entre certains citoyens et les partis existants ; les batailles d’appareil ; la mauvaise réputation de certains élus ; le manque de transparence ; le discours soporifique de certains dirigeants ; les mensonges ; le manque de considération quant aux problèmes sociaux ; le contexte socioéconomique ; la guerre ; l’incompréhension publique…


La position de Véronique De Keyser l’empêche de s’exprimer librement lorsque l’on touche à des sujets épineux. C’est un fait. Malgré cela, la députée s’est montrée honnête, intellectuellement et moralement. Malheureusement, le manque de temps nuit à l’exhaustivité. La brièveté et la superficialité de certaines réponses en sont les fruits.


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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 16:44

Aux États-Unis, la peur du procès incite les autorités scolaires à alerter la police au moindre attouchement dans les cours de récréation.

 

L’inquiétant phénomène a fait l’objet d’un article, publié par lefigaro.fr. Randy Castro, six ans, traîne déjà une lourde erreur. Un rapport intitulé « Attouchements sexuels contre un étudiant, comportement odieux » restera à jamais dans son dossier scolaire. L’origine de ses ennuis ?  Une malheureuse fessée, donnée à une camarade de classe.
 

Si cette affaire paraît étonnante, il ne s’agit pourtant pas d’un cas isolé. L’Amérique puritaine compte d’autres histoires du même ordre. La directrice d’une école new-yorkaise a interdit à ses élèves de se toucher lorsqu’ils se disent bonjour. Au Texas, un garçon de quatre ans a été accusé de harcèlement sexuel : il a pressé son visage contre la poitrine d’une assistante maternelle. Mieux, l’an dernier, en Virginie, pas moins de 255 élèves du primaire ont été suspendus pour des « contacts physiques inappropriés » avec leurs pairs. Il existe une quantité de cas identiques sur l’ensemble du territoire américain. Quelquefois, les fautifs se trouvent toujours… à la crèche.
 

Alors que les directeurs d’école ne doivent avertir les autorités policières qu’en cas d’incident « impliquant armes, alcool ou drogue, blessure volontaire ou autre infraction sérieuse », les rapports se multiplient dangereusement. Pourtant, les psychologues s’accordent à dire qu’il est impossible qu’un enfant de six ans comprenne ce qui lui arrive, faisant référence à l’ « affaire Randy Castro ». La crainte des procès intentés par les parents pousse les autorités scolaires à appliquer la « tolérance zéro ». Dans les années 1990, la Cour suprême a confirmé la responsabilité des établissements qui ne rempliraient pas leurs obligations, c’est-à-dire mettre fin au harcèlement sexuel, défini comme toute « pression ou contact jugé indésirable par la victime ».


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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 16:42

Le 24 mars 2008, le royaume himalayen du Bhoutan a voté pour la première fois de son histoire. Suite à ce scrutin législatif, la monarchie absolue fait place à la monarchie constitutionnelle.

 

À l’heure où tous les regards sont braqués sur la Chine, son petit voisin, le Bhoutan, est entré dans une nouvelle ère. Le 24 mars 2008, le pays a voté pour la première fois de son histoire. Le Parti unifié, dirigé par Jigmi Thinley (56 ans), formé aux États-Unis, a raflé 44 des 47 sièges de la chambre basse du Parlement. Pour Sangay Ngedup et le Parti démocratique du peuple, l’échec est cuisant.

 

Jigmi Thinley a déjà occupé le poste de Premier ministre du Bhoutan par le passé. Il devrait devenir le premier chef du gouvernement démocratiquement élu.

 

Le vote des Bhoutanais tend à démontrer que le peuple est réfractaire au changement. Le Parti unifié constitue un gage de stabilité, de statu quo. Élire la première Assemblée nationale de son histoire ne semblait pas ravir le Bhoutan. À choisir, le peuple aurait gardé la monarchie, en place depuis un siècle. Preuve d’un manque d’intérêt flagrant : les candidats eux-mêmes  ne se montraient guère enthousiastes à l’idée de mettre en place ces élections. Ils ont accepté le scrutin par respect pour le roi, Jigme Khesar Namgyel Wangchuck, fervent défenseur de la monarchie constitutionnelle.

 

Dorénavant, le pouvoir du roi est restreint. Il ne peut pas influer sur les organes législatif et exécutif. D’autres domaines, l’humanitaire par exemple, devraient attirer son attention et remplir son agenda. En revanche, l’ancien roi, Jigme Singye Wangchuck, très apprécié, continuera, selon toute vraisemblance, à jouer un rôle d’arbitre.

      

Inquiétudes

Les Bhoutanais, attachés à la monarchie, semblent craindre le nouveau paysage, démocratique. Aux yeux du peuple, ce changement politique pourrait être synonyme de corruption et de violence. Le Parti démocratique est pointé du doigt ; selon les Bhoutanais, il est constitué d’affairistes. C’est pourtant le roi lui-même qui a plaidé en faveur du scrutin, convaincu que la transition vers la démocratie est une nécessité.

 

Bonheur National Brut

Jigmi Thinley, probable futur Premier ministre, a été l’avocat d’un concept imaginé par le souverain Jigme Singye Wangchuck : le « bonheur national brut ». Cela lui a offert un certain crédit politique. Au rang des préoccupations, le bien-être du peuple devance la croissance économique.  Il y a en réalité quatre piliers : le développement économique et social, la protection de l’environnement, la promotion du patrimoine culturel et la bonne gouvernance. Au Bhoutan, un sourire vaut plus qu’un billet. C’est sans doute pour accroître la « satisfaction nationale » que le tourisme est soumis à des taxes et des frais de séjour.

 

Une situation particulière

Au Bhoutan, routes, téléphones ou encore écoles ne sont pas apparus avant les années 1960. Le pays possède une des économies les moins développées du monde, fondée essentiellement sur l’agriculture, l’exploitation forestière et la vente d’électricité d’origine hydrodynamique. 40 % de la population bhoutanaise est constituée de réfugiés népalais, lesquels fuient la dictature et la guérilla maoïste. Les Bhoutanais n’ont découvert la télévision et l’Internet qu’en 1999 !  Sur les 85 chaînes diffusées au départ, 53 ont été censurées, notamment MTV, jugée « trop pornographique ». La presse privée n’est présente sur le territoire que depuis 2006. Dans ce pays où le revenu moyen ne dépasse pas les 1000 euros par an, les systèmes éducatif et de santé sont gratuits, tandis que la corruption n’existe pratiquement pas. La qualité de l’administration est étonnante. La préservation de l’environnement pourrait être une source d’enseignements pour l’Occident. Bien que le port de l’habit traditionnel soit imposé et que la vente du tabac soit interdite depuis 2004 — une première mondiale —, les jeunes s’habillent à l’occidentale sans être inquiétés et fumer devant des policiers n’est pas un problème. Le taux d’analphabétisme frôle les 40 %. 

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Published by Jonathan Fanara - dans International
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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 18:20

 

 


C’est un secret de polichinelle : de nos jours, il est difficile de se faire un nom dans la musique. À Seraing comme ailleurs, les artistes souhaitant émerger sont légion. Produisant leurs œuvres en totale indépendance, ils ont mis en place un véritable système D artistique. De tout bord, nos musiciens font la part belle à la créativité, à l’engagement, mais surtout à la débrouillardise…

 

Plus qu’une soif de reconnaissance, c’est l’ambition de partager leur musique, leurs idées et leurs convictions qui caractérise ces artistes. Pour ce faire, le groupe pop-rock Satylite a fondé son propre home studio (studio d’enregistrement amateur) dans la cave d’Anthony Bravata, le batteur attitré. Les quatre membres qui composent le groupe y créent et enregistrent leurs morceaux. « Cela n’a pas été simple. Nous avons dû acquérir le matériel nécessaire, mais aussi apprendre à manipuler les programmes de mixage et de mastering », raconte Anthony. Un ordinateur portable, une table de mixage huit pistes, des instruments de musique, des microphones, un anti-pop et un amplificateur : telle semble être la panoplie complète du parfait indépendant. C’est en tout cas ce qui ressort d’une balade dans le foyer musical du groupe. Quant aux répétitions, « elles ont lieu dans des locaux loués pour une somme modique », tandis que « les concerts aident les artistes méconnus à se mettre en évidence et à diffuser leur musique ». Malgré des qualités indéniables et une réputation exemplaire, les directeurs artistiques ne se bousculent pas au portillon. La faute à un système qui veut que les musiciens prennent du galon en tant qu’indépendants avant de pouvoir, peut-être, rejoindre une maison de disques ? « Sans doute », vous répondra-t-on dans l’entourage de Satylite. Au fait, quelles peuvent être les retombées médiatiques pour un groupe voué à l’indépendance ?  « Quelques articles dans les journaux régionaux, quelques mots à la radio... Rien de transcendant, cela dit. »
 
Même cas de figure pour les rappeurs Slawi04, 2Pom et Souma. Eux aussi font partie intégrante de ces artistes qui évoluent dans l’ombre des maisons de disques. « La musique est avant tout un plaisir. Le rap est un courant musical à facettes. En adressant des messages sensés dans lesquels les gens peuvent se reconnaître, je veux prouver à tous qu’il ne s’agit pas simplement de glorifier la violence ou l’argent, mais bien de poser un regard objectif sur le monde et sur nous-mêmes », nous confie Slawi04. Ne pouvant bénéficier de l’apport promotionnel d’un label, les artistes locaux doivent faire preuve d’ingéniosité. « Je tente de mettre sur pied un site Web complet et original. Je possède également un Skyblog musical où figurent mon agenda, des informations me concernant et quelques morceaux », ajoute-t-il. Pour le reste, le bouche-à-oreille a la lourde tâche de remplacer les outils publicitaires traditionnels. 2Pom semble suivre la même ligne de conduite. « MySpace et quelques petits concerts » lui procurent un peu de lumière sans pour autant attirer les projecteurs. « Le rap, c’est une passion, pas un business. Mais si, un jour, je parviens à me faire un nom, je ne cracherai pas dans la soupe », assène-t-il. Le rappeur, membre du groupe État Brut et du collectif Leziñar, s’attache à « parler des valeurs perdues et développer des thèmes de société ».  D’après lui, « le rap sert autant à faire réfléchir qu’à divertir ». Le fait est que, sans canal de diffusion, la question ne se pose même pas… Souma, quant à lui, nous fait part d’une approche plus philosophique de la musique. Vivant à Ans, il collabore toutefois régulièrement avec des artistes serésiens. « Tout est une question d’équilibre. Nous sommes tous plus ou moins affectés par les maux auxquels nous sommes confrontés. Je combats ma peine en noircissant  des feuilles vierges. C’est une façon personnelle de garder les pieds sur terre et la tête froide. »  D’ailleurs, il a placé ses ambitions entre parenthèses depuis un certain temps. « Je n’envisage pas d’embrasser une carrière d’artiste. La musique est une nécessité et non un marché que j’aurais conclu avec le premier affairiste venu. »  Cela dit, « il serait stupide de refuser le paradis s’il s’offrait à vous ». Traduisez : « Si on me donne la chance d’enregistrer un disque, en me garantissant carte blanche, pourquoi passerais-je à côté de pareille aubaine ? »
 

 

Combattre la solitude artistique…
Les artistes indépendants s’apportent mutuellement soutien et encouragements. Une profonde solidarité règne entre eux. Ils s’entraident et participent aux projets les uns des autres. Au-delà de cet esprit de corps, l’envie de donner un coup de pouce à ces laissés-pour-compte de la musique demeure intacte. « Quelquefois, l’ASBL Optima nous permet de dénicher une scène », raconte Slawi04. D’ailleurs, « un concert consacré à la femme a récemment eu lieu et beaucoup d’artistes indépendants étaient de la partie ». Grâce à cette ASBL serésienne, les pseudonymes de 2Pom et Slawi04, entre autres, figuraient au générique. Le groupe Satylite, lui, a joué en première partie de Kill The Young au Centre culturel de Seraing. « Pour nous, Eclat’Jeunes [manifestation culturelle, ndlr] a été le point de départ d’un long parcours », explique Anthony Bravata. « Suite à cela, un article paru dans Le Jour Liège nous a été consacré et nos contacts artistiques se sont multipliés », déclare-t-il. « Nous sommes conviés à participer à de nombreux concerts organisés à Seraing », précise 2Pom. « Un grand nombre de personnes y assistent. Peu à peu, nous faisons parler de nous », conclut-il. Quant à la Fête de la Rose, même si elle n’a pas été mentionnée, elle pourrait symboliser cette volonté de mettre en vedette des artistes méconnus. 

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Published by Jonathan Fanara - dans Musique
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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 16:36

Il ne fait pas bon être homme politique en France. Le peuple exprime son mécontentement au travers d’innombrables manifestations, tandis que les grands partis doivent faire face à des problèmes chroniques, récurrents ou éphémères.

 

Entre une majorité parlementaire qui fait preuve d’infidélité envers le gouvernement et les contentieux (popularité, OTAN, etc.) qui opposent les deux chefs de l’exécutif, la cohésion a la vie dure au sommet de l’État. Les députés soutiennent Jean-François Copé, lequel agace toujours autant Nicolas Sarkozy et Bernard Accoyer. Entre autres. Après une remontrance téléphonique, Copé a été acclamé à l’Assemblée nationale. Comment traduire cela à l’échelle gouvernementale ?  Désaveu ?  Rancunes tenaces ?  Simple égarement ?  L’avenir le dira. Quoi qu’il en soit, les couacs se multiplient à l’UMP, au gouvernement et au Parlement. Xavier Bertrand doit corriger Patrick Devedjian à propos des 35 heures. L’épisode des OGM passe mal. Les troupes se divisent. Aujourd’hui, à droite, la désorganisation et le manque de solidarité règnent. Nicolas Sarkozy n’arrange pas les choses. Au contraire. Le chef d’orchestre rechigne à partager ses pouvoirs et veut une emprise totale sur ses forces. Actuellement, il est impossible de dire s’il est le président de la République, le chef du gouvernement, le patron de l’UMP ou le responsable du groupe parlementaire. Il aspire à remplir toutes ces fonctions, ne laissant que des miettes aux personnalités politiques en place. Enfin, afin de garder le contrôle des événements, il privilégie régulièrement ses conseillers aux ministres.

 

Au Parti socialiste, on ne rigole guère davantage. Les batailles d’appareil ont d’ores et déjà commencé. Bertrand Delanoë et Ségolène Royal s’apprêtent à s’affronter pour prendre la tête du parti. Pendant ce temps, ceux qui souhaitent une alternative à ce duel s’organisent. Dominique Strauss-Kahn se rappelle au bon souvenir du PS. Pierre Moscovici affine sa stratégie. Martine Aubry fait parler d’elle. Manuel Valls, lui, est occupé à repeindre la politique générale du PS. Il espère en finir avec les éléphants et accroître l’influence des quadras. Cependant, rénover le Parti socialiste n’est pas l’ambition de tous, tant s’en faut. Certains pensent déjà à 2012. Amener de nouvelles idées, ouvrir des débats et devenir une force de proposition paraît difficile dans de telles conditions. La gauche semble de plus en plus divisée. Qui plus est, elle ne tire pas les leçons de ses erreurs passées.

 

Hervé Morin a été reconduit président du Nouveau Centre. Après avoir rallié les rangs de la majorité, le parti part désormais à la conquête de l’indépendance. Son président faisant partie d’un gouvernement de droite, l’objectif sera difficile à atteindre. Ce nouveau-né de la politique parviendra-t-il à exister sans le soutien de l’UMP ?  Changer de cap tous les ans : tel semble être le programme des dirigeants centristes. 

 

La santé des autres partis politiques laisse à désirer. La LCR et le MoDem en sont au stade embryonnaire, tandis que l’extrême gauche n’attire plus les électeurs. Olivier Besancenot et François Bayrou restent populaires, mais leur isolement (volontaire ou non) se paie au prix fort.  Le Front national est en proie à de graves problèmes financiers ; ses dirigeants vendent bâtiments et symboles. Les Verts, eux, sont inaudibles.

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Published by Jonathan Fanara - dans Politique
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Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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