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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 12:49

Le Plus/Le Moins est une chronique cinématographique hebdomadaire. Vous y découvrirez, toujours avec concision, le meilleur et le pire de mes (re)découvertes.

 

 

Et cette semaine…

 

Le Plus : Les Promesses de l'ombre (2007). Deux ans à peine après leur association de choc à l’occasion du monumental A History of Violence, David Cronenberg et Viggo Mortensen remettent le couvert avec un thriller mafieux bercé au bruit des simulacres, métaphoriquement intitulé Les Promesses de l’ombre. Ce film noir, toujours à la lisière de l’extrême, réconcilie le réalisateur canadien avec les codes classiques du septième art, tandis que les obsessions corporelles et technologiques font place au terre-à-terre le plus absolu. Non content de radiographier la pègre russe sévissant à Londres, David Cronenberg déroule avec maestria une intrigue à double lecture sur les filiations naturelle et spirituelle. Véritable fourre-tout thématique, dans lequel chacun pourra trouver son Graal, Les Promesses de l’ombre ne perd jamais la main et enjambe toutes les embûches sans coup férir. Mieux : il se permet même de régaler l’assistance avec des questions existentielles – l’identité, la justice, la famille – cuisinées à toutes les sauces. Filmé au cordeau, voire à l’épure, à la fois ténébreux et haletant, le long métrage arrête son regard, glacial, sur la violence, la bassesse et l’horreur. Du Cronenberg pur jus, coulant à larges flots, jusqu’à plus soif. Un diamant à l’état brut, porté par un géant parmi les géants, Viggo Mortensen, acteur total capable de se fondre avec une minutie d’orfèvre dans tous les registres. À côté de lui, Vincent Cassel et Naomi Watts passeraient presque pour des bleus. C’est dire… N’ayons pas peur des mots : Les Promesses de l’ombre tient tête aux classiques du genre et se pose sans mal en morceau de bravoure. Une mécanique infernale, menée d’une main de maître et imprégnée de références multiples. (8/10)

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Le Moins : Very Bad Trip 3 (2013). Todd Phillips est devenu, au fil des années, une figure incontournable de la comédie américaine. Aux commandes de Road Trip, Retour à la fac, Starsky & Hutch ou encore de la saga Very Bad Trip, il a réveillé, à l’instar d’un Judd Apatow, un genre qui tendait au mieux à s’endormir sur ses lauriers. Bien qu’imparfaite et inégale, sa filmographie concentre quelques pièces de choix valant – au moins – leur pesant d’or. Mais le retour sur les écrans des quatre potes les plus névrosés du cinéma vaut-il pour autant le déplacement ?  On peut en douter. Primo : avec Very Bad Trip, l’intérêt comique semble s’estomper à mesure que le budget s’accroît. Secundo : le scénar est archi-convenu – un ami endeuillé à réconforter – et les gags pédalent quelque peu dans la semoule, troquant manifestement l’inventivité contre la sécurité, donc l’académisme. Tertio : même Zach Galifianakis, héros tout désigné de ce nouveau volet, alterne le meilleur et le pire, se révélant au final moins piquant que sa crinière hirsute. Quarto : la réalisation, efficace à défaut de déborder d’imagination, ne sort jamais, ou si peu, des sentiers battus. Un peu comme si le bolide VBT avait pris trop de valeur, ou que son pilote était devenu trop précautionneux, pour s’adonner à la conduite à risque. Résultat : un Todd Phillips en mode mineur, qui oublie de passer la seconde, davantage préoccupé par ses rétroviseurs que par les nids-de-poule qui ornent sa route. (6/10)


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Lire aussi :

Le Plus : "eXistenZ" / Le Moins : "Des hommes d’influence" (#16)

Le Plus : "Funny Games" / Le Moins : "Funny Games U.S." (#15)

Le Plus : "Le Géant de fer" / Le Moins : "Main dans la main" (#14)


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Published by Jonathan Fanara - dans Cinéma
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Présentation

  • Jonathan Fanara
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.
  • Diplômé en communication, gestion et arts, agent administratif au CHBAH, pigiste, lecteur assidu et cinéphage presque pathologique. La curiosité est certainement le plus utile de mes défauts.

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